mardi 11 mai 2010

La voix, c'est tout


Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'un sujet palpitant : « la voix du personnage ». Puisque je suis une auteure débutante, je ne maîtrise pas encore cet art (parce qu'il s'agit bien, à mon avis, d'un art!). Par contre, comme lectrice expérimentée, j'ai des attentes passablement élevées en ce qui a trait à la voix des personnages, et je sais ce qui me plaît dans un roman.

D'abord, qu'est-ce que la voix du personnage? Est-ce son style, son tempérament, son caractère, sa vision du monde, ses valeurs? Moi, je dirais : toutes ses réponses. C'est ce qui fait qu'il devient vivant, qu'il se transforme en entité réelle. Plus notre protagoniste a sa voix propre et définie, plus il est attachant. On le veut comme ami, comme amant, comme frère. On est prêt à le suivre n'importe où, peu importe la tournure des événements! Ou bien on le déteste tellement qu'on se surprend à le haïr, même quand le livre est fermé! Si de tels personnages nous restent dans la tête tout au long de la journée, c'est que leur voix est forte et bien présente. Pensons à Jamie Fraser et John Randall dans le Chardon et le Tartan. Autant on aime le premier, autant on exècre le second! Et que serait Twillight sans Edward? Est-ce que la saga aurait touché des millions de lectrices si le vampire avait été un petit maladroit boutonneux et sans charme? Absolument pas! Je suis convaincue que l'histoire existe grâce au héros et non l'inverse.

Il y a sûrement des romans auxquels vous avez accroché plus que d'habitude. Pourquoi ces récits vous ont-ils à ce point plu? Parce que vous avez probablement développé une passion pour le héros! Vous l'avez vraiment ressenti, et, à la dernière page, vous l'avez laissé partir avec un pincement au coeur (et peut-être même une larme!). C'est comme si vous perdiez un ami!

Parfois, un personnage nous paraît plat et sans relief. Il s'exprime d'un ton monocorde, et on discerne mal l'état d'esprit dans lequel il se trouve. C'est simplement parce qu'il manque de voix.

Les personnages devraient toujours se distinguer les uns des autres dans les dialogues par leur façon de communiquer, de se déplacer et de penser.

Aussi, la réplique ne vient pas de l'auteur, mais bien du protagoniste. Elle doit respecter l'individualité de celui-ci et refléter sa manière d'être.

Trouver la voix du héros dès le départ facilite grandement le travail d'écriture. On doit l'entendre comme s'il était en face de nous, aussi clairement que l'on entend notre mari ou nos enfants. Lors du premier jet de mon roman d'aventure jeunesse, Les Aventuriers du temps (titre provisoire), je ne connaissais pas cette technique. Mes trois personnages principaux ont trouvé leur « voix » en cours de route. Durant ma réécriture, j'ai eu à m'ajuster et à modifier mes dialogues puisque certaines répliques ne leur convenaient plus du tout.

Plusieurs trucs s'offrent à nous pour nous aider à saisir notre héros. Chaque auteur a sa façon de procéder. En voici quelques-unes :

1. DRESSER UNE LISTE DE QUESTIONS auxquelles notre personnage répond.

— Historique : Quelle sorte d'enfance as-tu eue? As-tu des frères et soeurs? Es-tu allé au collège? Es-tu marié? Etc.

— Personnalité : Quelles sont tes qualités? Tes défauts? As-tu des petites manies? Quels sont tes rêves? As-tu peur des araignées? Si oui, pourquoi? Etc.

— Goûts et intérêts : Quel est ton sport préféré? Qui est ton meilleur ami? Quelle marque de voiture possèdes-tu? As-tu un chien? Etc.

Plus la liste sera longue, mieux on cernera son identité. Tous ces détails n'ont absolument pas besoin de se retrouver dans notre roman. Ce sont des indices pour nous aider à le connaître et à le ressentir.

2. LE JOURNAL INTIME. Notre héros décrit sa journée comme s'il se confiait à son journal. Dans le même ordre d'idée, il peut aussi écrire une lettre à son meilleur ami.

3. PHOTO DU PERSONNAGE. Pour ma part, j'aime bien « voir » mon personnage. Donc, pour chacun, je trouve, sur Internet ou dans un magazine, une photo de ce à quoi je veux qu'il ressemble. Cela m'aide à visualiser ses expressions faciales, ses mimiques, sa façon de bouger et de réagir.

4. SAC À MAIN. On peut aussi regarder ce qu'il y a dans son sac à main, dans son sac d'écoles, dans son casier ou sur le plancher de sa voiture!

5. FAITES PARLER LE PERSONNAGE. Demandez-lui de nommer cinq événements les plus importants de sa vie. Poussez-le à avouer son plus grand secret. Faites-le parler des autres.

Finalement, une bonne façon de s'assurer que notre personnage est « à point » consiste à lire ses répliques à haute voix. Est-ce qu'on le reconnaît dans les dialogues? Est-il cohérent tout au long du récit? Si on demandait à un ami (après sa lecture de notre manuscrit) de nous décrire la personnalité de notre héros, en serait-il capable?

« La voix est la raison pour laquelle les gens prennent un livre. Ils vont pardonner beaucoup de choses, mais ils ne pardonneront pas une voix qu'ils n'aiment pas. » — Laura Dave

Bonne création!

Isabelle

samedi 8 mai 2010

Relation personnages/auteur


Sur la photo ci-jointe, il y a mon fils, Rafaël, âgé de 15 ans, et son chat, Kypoo. Depuis que Kypoo est à la maison, une belle complicité s'est établie entre eux, un beau lien d'amour basé sur le respect et l'écoute. Et cela m'a fait me questionner sur les liens que développe un écrivain avec ses personnages. Moi, par exemple. Suis-je une écrivaine qui contrôle ou suis-je celle qui laisse agir, parler et penser mes personnages comme ils le désirent, qui les respecte et les écoute ?

Je l'avoue, lors de l'écriture du premier jet d'Adeline, porteuse de l'améthyste, j'avais une idée en tête : je voulais que mon personnage principal en arrive à adhérer à certaines valeurs, celles qui m'étaient chères à mon coeur. Je l'ai donc forcé, sans m'en rendre compte, à agir en accord avec mes convictions. Mais en cours de réécriture, j'ai vite compris qu'Adeline, quoiqu’elle puisse avoir certains de mes traits, était une personne bien différente de moi. Elle est très rationnelle, alors que je suis très intuitive. Elle est pratico-pratique, alors que je suis rêveuse. Elle est très attachée à sa relation avec Jacob, je le suis aussi avec Pierre, mon conjoint, mais pas au point d'en avoir mal au ventre comme elle... (C'est ce qui arrive entre autres dans La brûlure d'Adeline) C'est ce qui nous diffère. Elle voit sa relation avec Jacob comme une jeune femme de 18 ans la voit, tandis que moi je perçois la mienne comme une femme de 42 ans. Nous ne partageons pas le même point de vue.

Elle n'est pas moi, et je la respecte. Je respecte qui elle est, et je la laisse être. C'est ça, l'amour, non ? Accorder tout l'espace à autrui pour lui permettre d'être au meilleur de lui-même. Et surtout, ne pas le juger. Qui suis-je pour imposer mes visions à mes personnages ? Certains répondront : « Tu es l'auteure, tu as tous les droits ! » Oui, je suis bien d'accord. Mais je préfère plutôt être témoin de leur évolution et de leur changement, qui devraient toujours se faire en accord avec leurs valeurs et leur nature profonde.

Martha Engber, dans son livre Growing Great Characters From the Ground Up, explique que la libre volonté accordée aux personnages est ce qui les rend imprévisibles, donc intéressants, excitants et bien vivants. Plus loin, elle ajoute que le personnage, lorsque nous lui permettons d'agir en accord avec sa nature, s'engage dans une chaîne d'actions crédibles, qui conduit inévitablement vers un conflit crédible, plus connu sous le nom d'intrigue. Ici, l'intrigue est basée sur le personnage et ses conflits.

Pour en arriver à bien connaître son personnage et ses conflits, il faut d'abord le développer. Le temps de le faire dépend de chaque écrivain. Certains le font avant l'écriture du premier jet, comme Elizabeth Georges nous l'explique dans son livre Mes secrets d'écrivain Écrire un roman, ça s'apprend !. D'autres, tel Stephen King, le font en cours d'écriture du premier jet et durant les nombreuses réécritures. Tôt ou tard, il faut y réfléchir, car le personnage est le coeur et l'Âme de votre intrigue.

Quant à moi, le développement d'Adeline s'est fait durant les nombreuses réécritures. Par des interviews, des dialogues internes avec elle et par plusieurs autres techniques, j'ai pu mieux la connaître et établir avec elle une relation basée sur le respect et sur l'amour, à l'image de celle que Rafaël entretient avec son chat Kypoo.

Merci d'être là et de me lire.
Annie xxx...

mercredi 5 mai 2010

Un coup de téléphone...


Ce matin, j'ouvre les vannes, et voici ce qui sort :


— Marc! Tu te grouilles? On part dans une demi-heure...
Agacée, Jo-Ann fait une moue, penchée devant le miroir de la salle de bains de leur immense condo. Elle termine de se maquiller. Une touche de mascara puis un peu de rouge à lèvres.
Un silence plane dans la chambre d'à côté, ce n'est pas normal. Elle se redresse et jette un oeil par la porte.
— Marc? lance-t-elle d'une voix inquiète.
Aucune réponse. Elle sort. Personne dans la chambre.
— Marc!
Elle inspecte chaque pièce du condo. Vide. Peut-être est-il parti acheter du vin? Ils avaient prévu le faire en route vers la maison familiale.

Pourvu qu'il ne lui arrive rien et qu'il revienne à l'heure. Il n'a même pas pris sa douche encore. Que va penser mon père? Lui qui est si à cheval sur la ponctualité! Comme Marc n'a pas trop le profil de l'emploi pour le petit ami de sa chère fille chérie, il faut au moins qu'on arrive à l'heure, et propre! Le retraité de l'armée sera peut-être moins sévère avec lui. En tout cas, je l'espère...
Il devrait au moins le savoir, l'habit ne fait pas le moine, en ce qui concerne mes petits amis. Les hommes que j'ai fréquentés, avant Marc, avaient tous une apparence impeccable et une belle façon en public, mais quand j'étais seule avec eux, c'était une autre paire de manches. Ils ne pensaient qu'à la satisfaction de leurs précieux besoins. Je ne les intéressais que parce que j'avais un beau petit cul et un corps bien roulé. Pour le reste, bah... Tandis que Marc et moi aimons les mêmes choses, partageons les mêmes passions. Il m'aime pour ce que je suis, pas juste pour mon corps, mais pour tout le reste : mes émotions, mes pensées, mes aspirations. En plus, on fait le même métier : architecte.

Pendant qu'elle continue à jongler avec ses pensées, elle revient dans sa chambre et enfile son pantalon et ses chaussures, nourrit ensuite le chat puis active le répondeur. À peine s'éloigne-t-elle de l'appareil que le téléphone se met à vibrer. Elle répond aussitôt.
— Oui, bonjour.
— Est-ce que je parle à Jo-Ann De Parrier?
— C'est moi-même.
— Ici, l'agent Luc Gingras de la brigade des stupéfiants. Mon collègue et moi venons d'arrêter Marc Laflèche pour vente illégale de Marijuana à des mineurs... C'est votre conjoint, n'est-ce pas?
— Oui, oui. Mais... C'est impossible! Vous vous êtes sûrement trompé de personne! Des Marc Laflèche, il en existe plusieurs en ville.
— Combien ont votre numéro de téléphone, madame?
Non, non, non! Ce doit être une mauvaise blague. Marc aime lui jouer ce genre de tour.
— Romain, est-ce toi? demande-t-elle d'une voix nerveuse. C'est Marc, hein? Il t'a dit de m'appeler, hein ?
— Excusez-moi, Madame De Parrier, fait la grosse voix rauque à l'autre bout du fil. Je ne vois pas de quoi vous parlez. Serait-il possible de venir au poste du centre-ville? Nous aimerions vous poser quelques questions.
Et le souper avec mon père? Comment va-t-il réagir en apprenant la nouvelle? Elle n'ose même pas y penser...
— D'accord, j'arrive tout de suite.
Elle raccroche brutalement le téléphone, puis le décroche à nouveau. Elle signale le numéro qu'elle a fait si souvent pour parler avec sa mère pendant que son père combattait vaillamment au Moyen-Orient. Une voix bourrue répond.
— Papa, on a un empêchement, on ne pourra pas être là. Je suis désolée. Je dois partir, j'ai un problème à régler. Je t'en reparle plus tard. Embrasse maman pour moi, OK?
Puis après l'avoir salué sèchement, elle prend ses clés.
Vendre de la drogue à des mineurs!
Elle voit mal son petit ami glisser des petits sachets à des ados dans des ruelles. Cela ne peut pas être lui.
Elle quitte sur-le-champ son domicile et se rend au poste du centre-ville, avec la ferme intention de mettre au clair cette désagréable méprise.

mardi 4 mai 2010

D'autres nouvelles fraîches de ma réécriture


Il ne me reste plus que 15 pages à réécrire. Je suis super contente de mon travail. Le chapitre que j'entame bientôt va me faire travailler pas mal... Je suis à l'étape de la résolution, ce qui est appelé communément l'acte III, qui suit le climax de mon récit. À cette étape, je sens le besoin de plonger plus creux dans mon histoire pour saisir le ressenti secret d'Adeline et ce qu'elle pense vraiment de tout ce qu'elle a vécu. C'est elle qui doit me le dire. Je veux l'entendre me le raconter... Il ne me reste plus qu'à l'interviewer et à la laisser me répondre avec ses mots, ses émotions, ses pensées.

Ces jours-ci, je me couche avec mon histoire en tête et je me lève avec elle. Puis elle me suit toute la journée. Je veux tellement ne pas manquer ma fin ! Qu'est-ce que cette foutue histoire raconte au juste ? De quoi il est vraiment question ? D'attachement ? Rép. : oui. De souffrance ? Rép. : oui. D'amour ? Rép. : oui. De conviction intérieure ? Rép. : oui. De guérison ? Rép. : oui. D'amitié ? Rép. : oui. D'entraide ? Rép. : oui.

En fait, mon histoire touche à plusieurs thèmes. Mais les principaux sont l'attachement et la peur de perdre...

Voilà.

Je vous tiens au courant de la suite.
Merci d'être là et de me lire.
Annie xxx...

samedi 1 mai 2010

L'enfant aux lèvres bleues


Sous le libellé : « PORTIONS D'IMAGINAIRE », je laisse libre cours à ma créativité littéraire. J'ouvre les vannes et j'écris ce qui vient, ce que j'entends, ce que je vois, ce que je goûte, ce que je ressens et ce que je sens, moi, dans la peau de ces femmes, de ces hommes, de ces enfants, d'une grand-mère et de bien d'autres personnages. Je me laisse porter par les mots et les phrases et par ce qui veut jaillir hors de moi.
Prenez note que ce ne sont que des premiers jets et non des textes retravaillés et peaufinés. Alors, il y a place à la faille, à l'incohérence, à l'erreur...

C'est parti !

« Marie tenait l'enfant ruisselant dans ses bras. Ses yeux étaient clos et ses lèvres atrocement bleues: il ne bougeait plus. Paniquée, elle tourna la tête derrière elle. Des cabanons rouge, jaune et orange s'érigeaient, plus loin, telle une forteresse. Tous vides. Plus personne, à part ce gamin qu'elle avait trouvé gisant sur le sable, face contre terre. Marie avait l'impression que le camp de vacance avait été soudainement évacué. Elle n'aimait pas ce qu'elle ressentait, comme si un drame avait eu lieu.
Elle regarda de nouveau l'enfant. Il avait une énorme bosse bleue et rouge sur le front. Elle devait faire quelque chose pour lui. Son coeur se mit à battre très fort dans sa poitrine, la peur... Et si... Vite, elle le déposa sur l'herbe chaude. En glissant une main sous sa nuque, elle fronça les sourcils. Pourvu qu'il ne soit pas trop tard... Elle fit un rapide retour sur les étapes de la respiration artificielle, qu'elle avait récemment apprises, puis s'activa. Sa bouche goûtait les algues, elle eut un haut-le-coeur. Pendant plusieurs minutes, elle tenta de sauver la vie de cet enfant abandonné. Puis, comprenant qu'il n'y avait plus rien à faire, elle baissa les bras.
— Pourquoi ? s'écria-t-elle, désespérée.
Un terrible sentiment de vide l'étreignit, et elle fixa la mer. L'horizon. Des nuages gris approchaient. Le vent se leva. Elle frissonna, reprit le petit dans ses bras et décida de signaler son décès aux autorités. »

vendredi 30 avril 2010

Nouveau « LOOK » du blogue !

Bon, je crois que j'ai enfin trouvé le bon modèle pour le blogue, celui qui représente le mieux ma réalité d'écrivaine. J'espère que vous l'aimerez autant que moi. Vous seriez très gentil, cher lecteur, de me faire part de votre appréciation. S'il vous plaît, écrivez un commentaire ci-dessous. Je prendrai le temps de vous répondre. Je vous remercie du fond de mon coeur.

Merci d'être là et de me lire.

Annie xxx

mardi 27 avril 2010

Des nouvelles fraîches de mon travail de réécriture


Il ne me reste plus que 36 pages avant de terminer cette réécriture où j'enlève toutes les digressions, les scories qui ralentissent inutilement le rythme de mon récit. Je dois vous avouer que ça avance assez bien. Je suis contente de mon travail. J'entrevois déjà la prochaine réécriture. Je braquerai cette fois mon oeil d'aigle sur les points de vue de mon histoire. Mon narrateur est un narrateur omniscient qui est souvent dans la tête d'Adeline. Alors, il va me falloir vérifier les transitions entre les passages où je suis à l'extérieur d'elle et ceux où je suis à l'intérieur d'elle, et m'assurer que le ton de ma voix narrative s'harmonise avec l'un ou l'autre de ces points de vue. Quand je suis dans la conscience d'Adeline, par exemple, et que je raconte ce qui se passe de son point de vue, je dois utiliser ses mots et ses tournures de phrases. Mais quand je suis dans la tête du narrateur, le ton doit être différent, plus distant, moins émotionnel. Je veux que mon lecteur ressente la différence...

Houou ! J'ai hâte de commencer ce travail ! :0)

Je vous tiens au courant.

Merci de me lire.

Annie xxx

lundi 26 avril 2010

Nouvelle proposition d'écriture


Ceux et celles qui ont le goût de libérer leur plume, je vous suggère de jeter un oeil sur ma page des Propositions d'écriture, car un nouvel exercice vous attend...
Amusez-vous et laissez-vous aller !
Écrire avec une attitude enjouée empêche notre cerveau gauche de bloquer notre créativité. Le cerveau droit prend alors son espace et s'exprime en toute liberté. C'est la vie, la joie !

Du fond de mon coeur, je vous souhaite une extraordinaire rencontre avec votre créativité !

Annie xxx...

vendredi 23 avril 2010

Un moment d'hésitation


Dans ma routine d'écriture, afin de préserver mon équilibre intérieur, j'ai besoin de plonger dans le premier jet d'une histoire, de toucher l'essence créative qui m'habite et de la laisser s'exprimer. Travail que je fais en parallèle avec celui de la réécriture de mon roman, La brûlure d'Adeline. Malheureusement, ce n'est pas encore naturel pour moi de m'accorder ces moments de rencontres sacrées avec mon imaginaire, avec ma créativité. Je me suis si longtemps oubliée...

Donc, il m'arrive encore, pour XYZ raisons, de m'éloigner de mon essence pendant plusieurs jours, jusqu'au moment où des signes m'annoncent qu'il me faut revenir à moi-même : je lis un livre mais suis incapable de rentrer dans l'histoire; mes pensées s'activent dans tous les sens; une personne me parle et je ne l'entends pas; je suis soudain envahie par des idées noires; je me lève le matin en me demandant pourquoi j'existe. Il est plus que temps de me retrouver, non ? D'ouvrir les vannes et de laisser le trop-plein s'écouler hors de moi, car plus rien ne rentre...

Puis, je me décide enfin à m'asseoir devant mon ordinateur, à ouvrir le fichier d'une histoire en cours d'écriture, à relire les dernières phrases, à mettre les doigts sur mon clavier, prête à plonger, mais... je ne peux pas ! Il y a comme un blocage, là ! Un arrêt, une hésitation ! Ce n'est pas énorme, mais assez présent et tangible. J'hésite, bon sang ! Et je doute ! Pourquoi se laisser tomber finalement ? À quoi me servirait-il de m'ouvrir à cette essence ? À découvrir le monde qui vit en moi ? Pourquoi ? Et pour qui ?

Je me fais penser à un parachutiste qui s'apprête à plonger dans le vide, au moment où il n'est plus certain de vouloir sauter, ignorant ce qui va lui arriver, car tout pourrait lui arriver... L'inconnu le fige, momentanément.

C'est ça qui se passe ! C'est l'inconnu devant moi, étant donné que j'écris sans plan. C'est vaste et infini. Plusieurs chemins s'ouvrent vers l'horizon. Quelle route prendre ? Et où aller ? Quoi faire ? Quoi écrire ? Comment ? Pourquoi ?

Ma solution ? Du moins l'une d'entre elles : une phrase, la première. Je l'écris, puis la seconde s'ensuit, la troisième, la quatrième... Et me voilà partie, j'ai sauté dans le vide. Mais dans mon cas, c'est un vide rempli de mots, de phrases et d'images. Les vannes sont ouvertes et la vie reprend, je reprends mon souffle, je respire, je vis. Quelles bénédictions ! Pourquoi m'en passer si longtemps ? Pourquoi ? C'est si facile d'être heureux !

M'aimer au point de m'accorder régulièrement ces moments d'intimité avec ma créativité est la quête de ma vie. Pour l'instant.

Je suis prête à plonger, maintenant. Où ? Je l'ignore. Dans une histoire, sûrement. Laquelle ? Il y a le deuxième tome des aventures de Louis le cinquante-troisième, mon roman jeunesse pour les 8-10 ans. Il y a aussi mon histoire d'amour pour adulte et mon thriller. Tous des premiers jets d'histoire encore non complétés. Des débuts, des appels...

Je vous laisse pour l'une d'entre elles.

Merci d'être là et de me lire.

Annie xxx...

lundi 19 avril 2010

« Un écrivain professionnel est un amateur qui n'a pas abandonné. » Richard Bach


C'est avec un immense plaisir que je vous présente Isabelle Gariépy, nouvelle collaboratrice au blogue Roman en chantier. Je tiens à lui souhaiter ma chaleureuse bienvenue et aussi à lui exprimer ma plus sincère gratitude. Isabelle est une amie très chère à mon coeur, une écrivaine dans l'âme comme moi. Elle a accepté d'écrire des articles, au gré de son inspiration. Vous les retrouverez sous le libellé Les mots d'Isabelle.

Voici son premier article
.

« Un écrivain professionnel est un amateur qui n'a pas abandonné. » Richard Bach

Voilà une citation on ne peut plus vraie ! Le vrai écrivain est celui qui s'assoit devant son cahier (ou clavier, selon sa préférence) et qui écrit. Simplement. Pour atteindre votre but de devenir auteur, vous ne devez jamais oublier que vous devez écrire, écrire et écrire encore. Envers et contre tous. C'est le seul moyen.

Si vous avez de la chance (comme moi), vous aurez autour de vous des gens qui vous encouragent dans votre projet. Mais il y aura toujours des personnes qui n'y croiront pas, qui afficheront un petit sourire condescendant lorsque vous leur parlerez de vos aspirations ou qui vous diront carrément que vous perdez votre temps.

N'écoutez pas ces derniers ! Évitez-les comme la peste !

Certaines personnes ont voulu, comme vous, être auteurs. Ils se voyaient au sommet, mais n'ont pas mis les efforts pour y arriver. Ils ont rencontré des obstacles qu'ils ont crus insurmontables et ont dû renoncer à leur rêve. Si vous réussissez là où eux ont échoué, vous venez ébranler leur fondement. Alors inconsciemment, ils feront tout pour vous voir abandonner à votre tour.

Éloignez-vous de ces personnes. Souriez-leur gentiment puis recentrez-vous sur vos buts et vos motivations.

Entourez-vous de personnes qui vous diront que ce que vous écrivez est génial. Ce sera peut-être votre mère, votre conjoint ou votre meilleure amie. Des personnes on ne peut plus subjectives, me direz-vous. Je vous répondrai : exactement ! On ne peut être plus subjectif qu'une mère ! Mais vous avez besoin de cette subjectivité ! C'est ce qui vous permettra de continuer lorsque vous-même douterez de vos capacités et serez prêt à tout laisser tomber.

Quand le doute vous assaille, rappelez-vous cette citation de Richard Bach : « Un écrivain professionnel est un amateur qui n'a pas abandonné. » Alors, installez-vous devant votre cahier, prenez un crayon et créez.

Isabelle

lundi 12 avril 2010

Réflexion du lundi matin


Pour écrire et avancer un projet littéraire, quel qu'il soit, il ne faut pas juste le vouloir, mais ressentir la poussée intérieure qui te force à poser le derrière sur la chaise face à ton ordinateur ou à ton cahier, puis à écrire. La poussée intérieure doit être telle que tu ne peux pas faire autrement, car cela fait partie de toi. Si pour une raison XYZ, tu décides de t'occuper à autre chose, alors tu te renies, tu t'oublies et tu mets de côté ton besoin de respirer. C'est si facile de s'oublier, de ne pas s'aimer, d'aller contre soi... On dirait que cet engramme est inscrit dans nos gènes québécois (c'est là une opinion personnelle, remarquez bien). Mais vient un jour où on ne peut plus aller contre soi, le corps physique se met à parler avec la « mal-a-dit ». Il crie l'inharmonie, le déséquilibre. Il envoie des signaux d'alarme: « Hey ! Le chef en haut ! Oui, toi, toi qui n'arrêtes pas de penser. T'es en train de tout foutre en l'air ! Il y a le corps émotionnel qui bat de l'aile, tu devrais peut-être commencer par en prendre soin. Il y a moi, aussi, qui suis fatigué de te suivre. Puis il y a cette créativité que tu portes et qui ne demande qu'à s'exprimer. On a tous besoin de ton amour ! Qu'est-ce que tu fais ? Arrête de vouloir plaire à tout le monde ! De quoi as-tu peur ? Qu'on t'abandonne ? »

Apprendre à s'aimer est une quête de toute une vie. S'aimer signifie entre autres reconnaître ses besoins essentiels, voire vitaux, et ne pas attendre après les autres pour les satisfaire. Chaque être humain est responsable de lui-même, de son propre bonheur. Il ne tient qu'à lui de combler ce qui lui manque pour être heureux. C'est un leurre de croire que notre bonheur dépend d'une personne ou d'une situation extérieure à soi.

Alors, ceux et celles qui rêvent d'écrire un livre et de publier, posez-vous les questions suivantes : « Pourquoi je veux écrire ? », « Est-ce un besoin vital pour moi de le faire ? », « Si je ne le fais pas, alors est-ce que je suis capable de vivre ma vie sans ou bien la sensation d'aller contre soi est si forte que toutes sortes de maux (physiques et psychiques) m'assaillent ? », « Ai-je vraiment, mais vraiment besoin d'écrire ce livre ? » Si la réponse à la dernière question est un « OUI » haut et fort, alors vous avez déjà toute l'énergie qu'il faut pour passer à l'action et faire ce que vous avez le plus besoin de faire : écrire ce foutu livre ! Aucune raison ne vous empêchera d'accomplir votre rêve, vous cheminerez petit à petit, vous trouverez les livres et les revues nécessaires pour avancer dans votre démarche à devenir écrivain, vous suivrez des cours, des ateliers d'écriture, vous irez à des Salons du livre pour rencontrer des auteurs et des éditeurs, vous lirez énormément, vous chercherez sur le Net des blogues ou des sites sur l'écriture, vous enseignerez l'écriture, vous vous immergerez totalement dans votre quête...

Jusqu'à quel point votre désir d'écrire s'exprime-t-il en vous ?

Annie xxx...

mardi 6 avril 2010

La voix de Lydia


Quand je me relis, j'essaie le plus possible d'écouter la petite voix qui me parle en dedans, qui est mon intuition. Elle ne parle pas fort, mais juste assez pour que je l'entende. Souvent, elle me suggère des choses. Dernièrement, en relisant un passage de mon manuscrit, elle m'a dit de personnifier davantage la voix de Lydia pour qu'elle se distingue de celle des autres personnages. Lydia est une Parisienne de 18 ans qui a une voix grave se rapprochant de celle d'un homme. Elle est cultivée, lit beaucoup, et fait partie d'une troupe amateur de théâtre. Mais elle a aussi un côté rebelle, sombre, qui vient ternir ses pensées, ses paroles et ses gestes.

Pour mieux la caractériser, il me faut découvrir sa propre façon de s'exprimer et de penser. Et donc me poser certaines questions :

1- Quels sont les mots qu'elle utilise le plus souvent ?
2- Quelle expression affectionne-t-elle le plus ?
3- Avec quels types de phrases s'exprime-t-elle ?
4- Comment parle-t-on dans le milieu où elle vit ?
5- A-t-elle un patois ? Si oui, quel est-il ?

Comme elle est Parisienne, j'ai fait des recherches sur Internet pour trouver les expressions françaises. Et j'en ai trouvé quelques-unes qui pourraient se glisser dans sa bouche. J'ai aussi découvert qu'elle parle avec des phrases emphatiques (Ex. : Pourtant, je n'y connais rien, moi, aux langues étrangères ! La spécialiste, c'est ma mère, pas moi !). Elle utilise aussi des phrases sans verbes (Ex. : Une vraie déesse ! (...) Des femmes noires ! Putain ! Comme dans mon autre rêve !) et des phrases à présentatif (Ex. : (...),voilà ce à quoi j'ai pensé...). Les phrases de Lydia sont rarement longues et son vocabulaire est varié, mais adapté à son âge. Elle n'utilise pas des mots trop recherchés. Elle n'a qu'un patois : « Putain ! »

Voici un extrait du journal intime de Lydia où sa voix est bien sentie :

« Salut l'inconnu,

Je suis retournée voir Shele aujourd'hui, comme elle me l'avait demandé. Elle m'a présenté son frangin qui sera sous ma tutelle. C'est un vieux robineux, cet Hubert ! Tout sale. Un clochard. Plus petit que moi et qui pue... L'alcool et le rance. Un vieux fromgi, voilà ce à quoi j'ai pensé quand je l'ai vu. C'est bizarre que Shele ne s'en soit pas occupé elle-même, de son frère. Elle a pourtant une maison. Je n'ai rien dit devant eux, car l'Africaine devait aujourd'hui me montrer comment utiliser le talisman. (...) »

Il existe plusieurs méthodes pour découvrir la voix d'un personnage.

En voici une que j'ai trouvée dans le livre The Art of War for Writers, de James Scott Bell. C'est le journal de voix (The voice journal). La technique consiste à poser une question à son personnage, ensuite d'écouter ce qu'il dit et de retranscrire sa réponse, sans corriger. J'écris ce que j'entends. Le but de la technique est de laisser parler son personnage dans un mode de « stream-of-consciousness ». Il ne faut surtout pas laisser notre voix critique interrompre l'exercice, c'est le cerveau droit qui est l'oeuvre, et laissons-le faire !

Afin de réussir cet exercice, il faut utiliser son imagination pour voir le personnage et l'entendre nous parler, mais aussi sa sensibilité pour entrer en contact avec cette autre dimension qu'est le monde imaginaire.

L'imagination et la sensibilité sont vraiment deux outils extraordinaires pour créer !!!

Une variante de cette technique consiste à interviewer ses personnages, comme le suggère Martha Engber dans son livre Growing Great Characters From the Ground Up. Elle insiste sur le fait de poser la bonne question au personnage pour la scène qui doit être écrite. La question doit être précise et spécifique, selon le besoin de l'auteur. Admettons que je suis prise avec un personnage dont j'ignore la motivation pour une scène donnée. Selon cette technique, je n'aurais qu'à m'imaginer assise avec lui quelque part en train de lui poser la question: « Hey, Gary, qu'est-ce que tu veux vraiment faire, là ? C'est quoi ton but ? » Ensuite, je le laisserais me répondre avec sa propre voix et je noterais tout.

Je viens de prendre conscience qu'en combinant ces deux techniques, je peux non seulement cerner la voix particulière de mon personnage, mais aussi connaître ses motivations. N'est-ce pas merveilleux ? C'est la loi de l'économie en action !

Voilà ! Sur cette note de joie, je vous dis à la prochaine.

Merci d'être là et de me lire.
Annie xxx...

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