mardi 22 février 2011

UN PEU DE TOUT !!

J'ai envie de vous parler de plein de choses qui m'animent ces jours-ci.

Gratitude

D'abord, je tiens à remercier Lucille Bisson qui a écrit un billet tout simple, mais rempli de quiétude intérieure et de bien-être. Une vraie perle. Lire ses mots commence bien une journée! Si ça vous intrigue, cliquez ICI.

Je tiens aussi à remercier Paule Boucher, de l'école de rêve Nuit et Jour, qui a écrit un gentil billet sur moi et sur mon roman, Adeline, porteuse de l'améthyste.
Une belle publicité!!
Vous êtes curieux et curieuse, cliquez ICI.

Extrait de mon roman

Sur ma page Mes livres, j'ai ajouté un extrait de mon roman, Adeline, porteuse de l'améthyste. J'ai choisi le chapitre 6. Après sa lecture, si vous devenez accros ;-), vous pourrez toujours cliquer sur les liens de librairies en ligne. ;-)  MERCI... :o)

Découvertes

Je continue mon exploration et mon expérimentation du « W storyboard » de Mary Carroll Moore, avec ma nouvelle. J'ai réussi à sortir les cinq scènes les plus saillantes du récit. Ensuite, j'ai placé les autres scènes sur mon tableau. Et j'ai pris conscience que la faiblesse de mon histoire se trouve dans l'acte II. J'arrivais trop vite au premier tournant (ou moment décisif). J'ai donc ajouté un obstacle dans la quête de mon personnage principal. Obstacle qui fait partie de la grande machination de mon personnage méchant. En travaillant sur le  « storyboard », l'histoire s'est précisée dans ma tête et l'action s'est clarifiée. C'est magique!
Et tout se tient! Yéééé!
Vous devez savoir que Mary Carroll More a aussi fait un autre genre de « storyboard ». Celui-là, il est linéaire. Vous pouvez l'écouter nous en parler ICI.

Voici mes « Storyboard » personnels 


  



En sachant quelles sont les faiblesses de mon histoire, je peux mieux travailler sur elles ensuite (à partir d'une liste que j'ai faite dans mon journal d'écrivain). Voilà. Je suis rendue là... Je vous tiens au courant pour la suite. J'aime beaucoup vous parler de ma démarche créative. C'est stimulant, vous n'avez pas idée!! ;)

Et vous? Avez-vous essayé le « Storyboard »? Si oui, et si vous le voulez bien, je vous offre la possibilité de publier les photos de vos « storyboard » personnels sur le blogue dans un prochain billet.

Montrons à toutes et à tous comment cet outil est fantastique et vraiment aidant.

Si le projet vous emballe, envoyez-moi votre photo à mon adresse de courriel :
Ou vous pouvez simplement me donner la permission de copier votre photo qui pourrait apparaître sur votre blogue ou sur Facebook, advenant le cas où vous en auriez déjà parlé.

J'attends donc de vos nouvelles, et je vous souhaite de belles expériences avec cet outil merveilleux!

Merci d'être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx... 

mercredi 16 février 2011

C'est reparti !

Depuis la fin du NaNoWriMo, j'ai traversé un ralentissement dans mon écriture. Pendant les premières semaines du mois de décembre, il y avait un truc bizarre que je ressentais entre mes yeux : ça ressemblait à l'effet que fait un muscle sautillant involontairement. Pourtant, il n'y a pas de muscle là, du moins pas à ma connaissance. J'en ai conclu que le rythme d'écriture du NaNoWriMo avait peut-être été un peu trop intense pour ma capacité personnelle. J'en ai eu le « troisième oeil » qui palpitait !

Puis il y a eu la lettre de refus de mon manuscrit... Le 17 décembre 2010

Ensuite, j'ai levé le pied de sur la pédale. Mon critique intérieur, trop présent et trop contrôlant, s'en est donné à coeur joie : il a pris toute la place ! Donc, durant les deux derniers mois, je n'ai pondu qu'une seule nouvelle, que j'ai enfin terminée hier. Le premier jet, bien entendu.

J'ai finalement trouvé un moyen pour contrer la présence de mon critique intérieur : tenir un journal d'écrivain. 

C'est ce que je fais, depuis environ dix jours, étant mue par ce besoin viscéral de me retrouver. J'y ai noté tout ce qui faisait me sentir mal vis-à-vis mon écriture : mes peurs, mes doutes, mon manque de confiance... Mais aussi, et surtout, mes entrevues avec mes personnages de ma nouvelle, mes réflexions, mes nouvelles idées... Ce journal m'aide à débloquer, à retrouver l'écrivaine passionnée que je suis. C'est devenu mon compagnon de tous les jours. Dès que j'entends la voix de mon critique intérieur parler dans ma tête, je l'écris aussitôt dans mon journal, et hop !, elle est repartie ! Je fais place à Annie, l'écrivaine. 

Cela a vraiment fonctionné, car cette semaine, je sens un regain dans ma créativité. J'ai même terminé ma nouvelle !!

Un autre facteur m'a aidée à retrouver mon élan créateur, et c'est le blogue de Mary Carroll Moore.
Dernièrement, elle a mis sur son blogue une vidéo expliquant la structure d'un récit en trois actes avec ce qu'elle appelle le « W storyboard ». Cette façon de faire est très révélatrice, car elle montre à l'écrivain les failles (qu'on ne voit pas toujours au premier coup d'oeil) apparaissant dans sa structure narrative. J'ai visionné la vidéo au moins trois fois, sinon plus, pour être certaine d'avoir bien compris tout ce que Mary y racontait.

Puis... 

Durant le week-end dernier, j'ai acheté trois grands cartons au Bureau en Gros, et, une fois à la maison, j'ai créé mon propre « W Storyboard ». Aujourd'hui, j'ai fractionné ma nouvelle en plusieurs scènes. Il y en a 17 en tout. Ce faisant, j'ai découvert que certaines parties ne tenaient pas debout. J'ai aussi trouvé des passages faibles. La structure de ma nouvelle n'est pas encore au point. Ça grince... L'étape suivante est de trouver parmi ces scènes les cinq plus intenses à mettre aux cinq pointes du W sur mon carton. 

Voilà. Je suis repartie, ma passion est revenue. Je tripe à fond ! Yahoo !!! 

Je vous tiens au courant pour la suite.

Merci d'être là et de me lire.
Annie xxx...    

mercredi 9 février 2011

Pour évoquer l'émotion...

Voici une traduction libre d’une section d’un article lu dans la revue Writer’s Digest (le numéro du mois de février). Des auteurs y partagent certains trucs sur l’écriture. Il y en a 25 en tout! Celui que j’ai choisi est le 20e. Il a été rédigé par David Morrell.

Le voici.

« Hemingway mentionnait la “séquence de mouvement et de fait” d’une histoire. James M. Cain discutait de “l’algèbre des contes : a + b + c + d = x”. Ces auteurs désiraient en fait parler de la séquence d’incidents dans une histoire, qui, si elle est adéquatement organisée et dramatisée de façon vivante, créera un stimulus qui obligera le lecteur à ressentir l’émotion que l’auteur tente de créer. Parler simplement des émotions n’incitera pas un lecteur à les ressentir. Par exemple, la phrase : “Il est triste.” n’évoquera aucune tristesse chez lui. Il devrait plutôt vivre la situation dans l’histoire, expérimenter ce que le personnage expérimente. Grâce à la séquence “de mouvements et des faits”, l’écrivain peut causer une émotion chez son personnage, mais aussi chez le lecteur.

Les écrivains obtiennent cet effet en faisant appel aux cinq sens dans leurs descriptions et dans leurs scènes, les rendant ainsi multidimensionnelles. Ne mettre que les détails de la vue produit presque toujours un effet “sans relief” ou plat. Dans l’étape des réécritures, prenez quelques minutes pour vous assurer que chaque scène contient au moins un détail d’un autre sens. Le lecteur ne pourra faire autrement que de plonger dans l’histoire et de la ressentir, au lieu de simplement se la faire dire. » David Morrell

En pratique, qu’est-ce que ça veut dire?

Ceci.

Voici un exemple d’une scène où seul le sens de la vue est utilisé.

Anne-Sophie se pencha pour examiner la poupée détrempée. Elle gisait à ses pieds, la tête effilochée, les bras arrachés, la jupette bleue étant recouverte de boue. Son cœur se serra quand elle vit qu’on avait fait un X sur son visage avec un crayon noir. Elle inspecta de plus près ses petites jambes et les souliers miniatures. Ils avaient jauni. Comment était-ce possible? Anne-Sophie eut un doute. Sa Jimmilie avait-elle fait pipi?

Voici maintenant l’exemple où je fais appel à d’autres sens que celui de la vue.

Anne-Sophie se pencha pour examiner la poupée détrempée. Elle gisait à ses pieds, la tête effilochée, les bras arrachés, la jupette bleue étant recouverte de boue. Son cœur se serra quand elle vit qu’on avait fait un X sur son visage avec un crayon noir. Du bout de son doigt, elle toucha le tissu et le retira aussitôt, en frissonnant. Sa Jimmilie était glacée! Elle inspecta de plus près ses petites jambes et les souliers miniatures. Ils avaient jauni. Comment était-ce possible? Anne-Sophie eut un doute. Elle approcha son nez et renifla à petits coups, comme un chat. Elle grimaça en plaquant une main contre sa bouche. Sa Jimmilie avait fait pipi ? Elle sentait l’urine!

Quels autres sens ai-je ajoutés dans le deuxième exemple? Quel effet ceux-ci ont-ils eu sur vous en tant que lecteur? Quelle émotion est évoquée dans ce passage?

Allez, faites-moi plaisir, racontez-moi…

Merci à l’avance pour vos commentaires.

Annie xxx…

jeudi 3 février 2011

La technique de l'entrevue

Emily Hanlon explique dans son livre The Art of Fiction Writing or How to Fall Down the Rabbit Hole Without Really Trying, une technique que je trouve extraordinaire. En tout cas, pour le genre d’écrivaine que je suis, elle fonctionne très bien. Je l’utilise pour mieux comprendre mes personnages, pour qu’ils ne soient pas uniquement des êtres de papier à une seule dimension. Cette technique m’aide à mieux les ressentir de l’intérieur. Elle m’aide à contrer cette fâcheuse habitude que j’ai d’avoir une vision purement mentale de ce qu’ils sont, évitant tout contact avec mes émotions.

Voici comment Emily nous décrit sa technique :

(traduction libre)

Cette technique d’interviewer le personnage peut-être très utile. Le secret de son succès consiste à être assez relaxe, libéré suffisamment de son critique intérieur, pour couler avec le flot créatif et laisser naître tout ce qui peut ou doit être né. Peut-être voudriez-vous prendre du temps pour visualiser le personnage dans votre œil intérieur. Vous n’avez absolument pas besoin de voir l’aspect physique du personnage; à la place, ouvrez-vous à sa présence et permettez à son énergie de vous animer, de vous habiter. Utilisez cette technique avec un personnage qui provient de l’un de vos écrits ou avec l'un que vous n’avez jamais encore imaginé. Ne doutez ni des questions ni des réponses qui surgiront naturellement.

Voici certaines questions vous aidant à démarrer votre entrevue. On ne vous en donne que quelques-unes; laissez le reste de l’entretien jaillir naturellement des interactions entre vous et le personnage. Faites-vous une idée de lui ou d'elle dès son apparition. Sentez son énergie, entendez sa voix, laissez l’entrevue prendre ses propres directions, sa propre vie. Coulez dans le flot.

Questions de départ :

— Quel est ton nom?

— Quel âge as-tu?

— Où est-ce que tu es né(e)?

— Où habites-tu maintenant?

— Êtes-vous marié(e)?

— Avez-vous des enfants?

— Quel genre de travail faites-vous dans la vie?

— Dites-moi pourquoi tu es ici.

La dernière question est celle que je préfère. J’en ai posé une semblable à mon personnage Sandrinelle, héroïne de la nouvelle que je suis en train d’écrire pour l’atelier d’Élisabeth Vonarburg. Je lui ai demandé pourquoi elle voulait que je parle d’elle. Et sa réponse fut l'idée qui se cachait derrière mon histoire et que je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus…

On peut aussi utiliser cette technique quand on ne sait plus comment un de nos personnages doit réagir dans une situation donnée. C’est ce que j’ai fait avec mon personnage Jacob, dans mon roman La Brûlure d’Adeline. Il m’a répondu et j’ai pu continuer l’écriture de mon histoire.

Cette technique m'aide vraiment à creuser dans mes personnages...

En écoutant attentivement les réponses des personnages, on peut mieux cerner leur voix particulière, c’est-à-dire leur façon de parler, leur jargon, la structure de leurs phrases…

Je vous le dis, l’entrevue est un outil incomparable pour l’écrivain. Essayez-le et racontez-moi votre expérience, en laissant un commentaire, ci-dessous.

Si vous connaissez d’autres techniques aidant l’écrivain à mieux habiter ses personnages, techniques que vous avez déjà expérimentées de préférence, je vous invite à nous les partager en laissant un commentaire, ci-dessous, afin que tout un chacun puisse en bénéficier.

Merci d’être là et de me lire.

À bientôt,

Annie xxx…

mardi 1 février 2011

Le jargon de l'écrivain

Deux nouvelles définitions ajoutées : l'écrivain intérieur et le critique intérieur.

Un autre petit clic sur Jargon de l'écrivain, tout en haut de la page, et... TADAM ! Elles se manifesteront devant vous ! :)))

Bonne lecture !
Annie xxx 

Proposition d'écriture du mois de février 2011

OUPS !! Je viens de constater que j'avais oublié de mettre en ligne la proposition d'écriture du mois de janvier.
Désolée pour ceux et celles qui les attendent avec impatience. ;)

Voici donc celle du mois de février. Une technique pour vous aider à débloquer dans votre écriture. Technique que je développerai davantage dans mon prochain billet. Un petit clic sur Propositions d'écriture, tout en haut de la page, et... TADAM ! vous la trouverez.

Bonne écriture et amusez-vous!

Merci d'être là et de me lire,
Annie xxx...

mardi 25 janvier 2011

L'Atelier « coaching personnalisé »

Eh bien oui ! J'ai ajouté, dans ma liste d'ateliers, un nouvel atelier : l'Atelier « coaching personnalisé ».

Je me lance !!! 

Ceux et celles qui veulent oser l'aventure de l'écriture, et qui aimeraient être guidés et supervisés par une personne ayant déjà parcouru le chemin, ce cours est fait pour vous ! 

Pour plus d'information, faites un petit tour à ma page Mes ateliers d'écriture. 

Ma passion pour l'écriture est telle qu'il me faut l'enseigner même à ceux qui se trouvent à des centaines de kilomètres de chez moi : vive l'Internet !! 

Mon objectif : aider ceux qui veulent écrire et qui sont prêts à mettre du temps (et surtout du coeur) dans leur projet. 

L'offre est lancée ! 

Si vous êtes intéressé(e)s, faites-moi signe !!

Annie xxx... 

samedi 22 janvier 2011

Les GUILLEMETS et les DIALOGUES

La semaine passée, lors de mes deux ateliers d’écriture, les participants et moi avons discuté sur la façon d’écrire un dialogue. C'est durant le cours du vendredi, cependant, que j’ai soudain allumé sur le procédé qui utilise les guillemets. Avant, je dois vous l’avouer, je ne comprenais cette technique que partiellement…

Vous savez, j’adore enseigner l’écriture, parce que j’y apprends énormément ! C’est fou…

Donc, c’est en lisant un extrait du roman L’indésirable aux participants que je compris en détail cette façon d’écrire les dialogues.

Belle technique, vous allez voir ! Plus je la découvre, plus je l’aime.

Allons-y avec un exemple tiré de mon imaginaire, un premier jet, avec quelques retouches, d’accord ? Et toute son imperfection : mon but, ne l’oubliez pas, est d’illustrer la méthode.

Aline marcha nerveusement vers Jean. Il ne l’avait même pas remarquée, ce qui augmenta son anxiété, et son cœur s’emballa. À tout moment, ses jambes pouvaient lâcher. Il ne le fallait pas, il devait le savoir. Décidée, malgré ses échasses flageolantes, elle se planta devant lui. « Je suis ta fille, dit-elle. » Il pouffa de rire. « Qu’est-ce que tu racontes, petite ? T’as mal dormi ?

− Non, j’ai la preuve ADN. Tiens… »

Il saisit le billet qu’elle lui tendait, et plus il le lisait, plus son visage blêmissait. Il braqua soudain des yeux sévères sur elle. Aline tressaillit. « Comment est-ce possible ? » demanda-t-il en lui remettant brusquement la feuille. « Je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas de femme, je suis seule depuis…

− Tu n’as jamais rencontré de femmes dans ta vie ?

− Ben, euh, fit-il, oui, quelques-unes, mais rien de sérieux…

− Tu ne t’es jamais imaginé que l’une d’entre elles aurait pu tomber enceinte de toi ? »

Il se frotta machinalement le menton, plissant les yeux. « Y a p’t-être cette gitane, Françoise, avec qui j’ai batifolé un peu plus longtemps…

− Francesca, peut-être ?

− Non, elle s’appelait Françoise ! Quand je l’ai connue, elle nichait face à l’océan Pacifique dans une espèce de caravane bleue qu’elle avait probablement tirée avec son vieux Jeep. »

Jean se mit à sourire, semblant tout à coup perdu dans ses souvenirs. Aline en profita pour sortir une photo de sa poche et la lui brandit sous le nez. « Cette caravane, par hasard ? » Il coula un regard vers elle. Ses yeux trahissaient une profonde incrédulité, de la peur aussi. D’un geste lent, il prit la photo et l’examina.

Ce qu’il faut comprendre avec cette technique, c’est que chaque fois que vous voulez introduire une phrase de la narration, vous devez fermer les guillemets pour les ouvrir plus tard, lors d’une réplique suivante, comme le démontre l’exemple ci-dessous.

« Je suis ta fille, dit-elle. » Il pouffa de rire. « Qu’est-ce que tu racontes, petite ? T’as mal dormi ?

Si je n’ai pas fermé les guillemets à la suite de la deuxième réplique, c’est parce qu’une autre réplique suivait directement. Dans ce cas précis, vous devez alors utiliser les tirets pour introduire cette nouvelle réplique. Et lorsque vous avez plusieurs répliques qui s’enchaînent, sans inclure de phrases appartenant à la narration, privilégiez les tirets.

« Je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas de femme, je suis seule depuis…

− Tu n’as jamais rencontré de femmes dans ta vie ?

− Ben, euh, fit-il, oui, quelques-unes, mais rien de sérieux…

− Tu ne t’es jamais imaginé que l’une d’entre elles aurait pu tomber enceinte de toi ? »

La première réplique est introduite par un guillemet qu'on ouvre, puis les suivantes sont précédées d'un tiret. Et la dernière réplique de l'échange se termine par un guillemet fermé. Voilà.

Ça va ? Vous me suivez toujours ? OK, alors on peut continuer.

Qu’en est-il maintenant des incises ? C’est très simple. Si elles sont brèves, vous les insérez à l’intérieur des guillemets. « Je suis ta fille, dit-elle. » Par contre, si elles sont longues, vous fermez le guillemet avant et écrivez l’incise après.

Il saisit le billet qu’elle lui tendait, et plus il le lisait, plus son visage blêmissait. Il braqua soudain des yeux sévères sur elle. Aline tressaillit. « Comment est-ce possible ? » demanda-t-il en lui remettant brusquement la feuille. « Je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas de femme, je suis seule depuis…

Et si une autre réplique du même personnage suit, vous rouvrez alors les guillemets comme je l’ai fait.

Pour conclure, voici un extrait tiré du roman de Sarah Waters, L’indésirable, P.136-137. Je vous conseille de prendre votre temps pour analyser la façon dont l’auteure utilise les guillemets et les tirets dans ses dialogues. Bonne lecture et bonnes découvertes !

« Ce n’était la faute de personne, dit Caroline. C’est ce beau-frère qui s’est déchaîné sur le clavecin. Et si les parents avaient su tenir la petite au lieu de la laisser courir partout — ou mieux encore, s’ils ne l’avaient pas simplement amenée… »

Ce qui nous ramenait exactement au point de départ, si ce n’est que, cette fois, c’est Caroline, sa mère et moi qui revécûmes le drame du début à la fin, chacun apportant sa vision légèrement différente des événements. De temps à autre, je jetai un regard vers Rod. Je le vis allumer une nouvelle cigarette — qu’il rata complètement, laissant tomber du tabac sur ses genoux —, je le sentais remuer sans cesse, s’agiter, comme agacé par nos voix. Toutefois, je ne m’étais pas rendu compte à quel point il se sentait mal jusqu’à ce qu’il bondisse soudain sur ses pieds.

« Assez ! fit-il. Je ne peux plus supporter ça. J’en ai assez entendu pour aujourd’hui. Excusez-moi, Maman, docteur : je retourne à ma chambre. Je suis désolé. Je… je suis désolé. »

Il parlait d’une voix si épuisée et se déplaçait si péniblement que je fis mine de me lever pour l’aider.

« Ça va aller ?

− Très bien », fit-il aussitôt, tendant une main comme pour me repousser. « Ne vous inquiétez pas. Réellement, je vais très bien. » Il eut un sourire peu convaincant. « Simplement, je me sens un peu minable, après ce soir. Je vais… je vais dire à Betty de m’apporter un caco. Après une bonne nuit de sommeil, je serai en pleine forme. »

Sa sœur se leva, se dirigea vers lui et glissa un bras sous le sien.

« Vous n’avez pas besoin de moi, Maman? fit-elle à mi-voix. Dans ce cas, je vais aussi vous dire bonsoir. » Elle me jeta un regard gêné. « Merci d’être passé nous voir, docteur Faraday. C’est très attentionné de votre part. »

Je fus contraint de me lever à mon tour. « Désolé de n’avoir pas pu apporter de meilleures nouvelles. Mais je vous en prie, essayez de ne pas trop vous inquiéter.

− Oh, je ne suis pas inquiète », fit-elle avec un sourire aussi brave que celui de son frère. « C’est gens peuvent bien dire ce qu’ils veulent. Ils ne toucheront pas à Gyp. Je ne les laisserai pas faire. »

Roderick et elle sortirent, le chien trottinant fidèlement sur leurs talons, rassuré pour le moment, par l’assurance de leurs voix.

Voilà.

Merci d’être là et de me lire !

Annie xxx…

vendredi 14 janvier 2011

25 façons d'améliorer son écriture en 30 minutes par jour

J'ai reçu aujourd'hui l'exemplaire du mois de février du magazine Writer's Digest. En le lisant, je suis tombée sur un article vraiment bien : 25 façons d'améliorer son écriture en 30 minutes par jour. Je vous partage la première dont l'auteur est David Morrell. 
ATTENTION ! Je vous préviens. Ce qui suit est une traduction libre, alors... comme je ne suis pas traductrice de métier, j'y suis allée du mieux de mes compétences en anglais. (en passant, google traduction m'a bien été utile) 

« Un morceau d’écriture est une chose vivante. Notre but, comme écrivain, consisterait à être au service de cela et à faire ce qu’il veut, à être son instrument. Le flux de mots circulant de notre tête jusqu'à la feuille (ou à l’écran) est principalement entravé par deux obstacles — quand nous forçons l’histoire à faire quelque chose qu’elle ne veut pas, ou quand une partie de nous n’est pas prête à aborder les implications du travail sur le thème et les émotions.

Une façon pour éviter ces blocages est de développer une relation avec votre texte, comme s’il était une vraie personne. Au début de chaque session d’écriture, spécialement lorsque vous n’arrivez plus à avancer, littéralement demandez à votre travail : “Qu’est-ce que tu veux faire ? Où veux-tu que j’aille avec toi? Pourquoi décroches-tu?” C’est un truc psychologique qui crée presque toujours une réponse imaginée, à l’instar de “Cette scène est ennuyeuse. Pourquoi veux-tu que je fasse ça?” ou “Cette section est bourrée de trucs artificiels. Pourquoi ne veux-tu pas être plus vrai avec ton sujet?” Le dispositif ne prend qu’une minute, pas trente, et avec les années, il a réussi à m’éviter l’écriture de nombreux passages qui auraient pu être inutiles ou encore malhonnêtes. » — David Morrel

Et vous, quels sont vos trucs pour débloquer votre écriture ? Je vous lance l'invitation à les partager aux autres pour que tout un chacun en bénéficie.
 
Je vous remercie à l'avance !
 
Annie xxx...   

mercredi 12 janvier 2011

Mon état d'âme...

Depuis deux jours, voire plus, je traîne une fatigue, celle-là qui revient parfois me hanter, plutôt me happer. Hier, j'étais tellement à terre, que je n'ai rien fait, à part dormir et lire. Et il y a mes sinus qui sont T-O-U-J-O-U-R-S congestionnés. Je suis T-A-N-N-É-E... Ce fichu de problème de sinus me tape sur les nerfs à la longue. Cela fait plus de 10 ans que j'ai ce problème. Tests d'allergie passés : rien donné. Chiro, orthothérapeute, naturopathe, produits naturels par dessus d'autres produits naturels. J'ai tout essayé, mais rien ne marche.

C'est quoi mon problème ?

Un de mes bons amis, un vieil homme d'une grande sagesse, m'a un jour dit : « C'est mental, Annie. » Quoi ! Mental ! Je ne l'ai pas cru. Ou j'ai dû ne pas le comprendre, à ce moment-là. Mais là, après toutes ces années, je réalise qu'il a peut-être raison. Mes sinus sont congestionnés, et la cause n'est pas physique, c'est parce que je pense trop... « Slaque le trottel ! » me dit souvent mon chum. Comment, pour une écrivaine, ne pas trop penser, alors que pour faire son métier, elle doit penser ? 

Et cette nuit, j'ai fait des rêves où j'étais de retour à l'école : j'étais en quatrième secondaire et je ne trouvais plus mon horaire, donc je ne savais pas à quel cours j'allais. Les minutes avançaient et j'allais assurément être en retard. Je paniquais. C'était le bordel dans ma case, pas moyen de trouver ce fichu horaire. J'étais très embarrassée. Souvent je fais ce rêve quand je ne suis pas en équilibre dans ma vie : il m'indique mon état d'être. Et là, je dois m'analyser pour comprendre ce qui ne va pas. Plus tard dans le rêve, il y avait des mini-tornades qui approchaient de moi. Pour moi TORNADE = COLÈRE !! Et ce matin, je pète une petite bulle à mes fils qui se querellaient à cause d'une niaiserie !

C'est quoi mon problème ?

Merci d'être là et de me lire.
Annie xxx...  

dimanche 9 janvier 2011

Le lâcher-prise et... l'écriture

Pourquoi tout contrôler?

Je suis une personne qui a cette fâcheuse tendance à vouloir tout contrôler : la maison (je déteste les traîneries), mes enfants (nombre d’heures devant l’écran, l’alimentation, l’étude…), ma créativité, surtout, en l’empêchant de respirer, en ne la reconnaissant pas comme il le faudrait, et lorsque je décide enfin de la laisser être, ce sont mes personnages que je contrôle… C’est ce que j’ai tenté de faire avec Adeline dans sa première aventure (Adeline, porteuse de l’améthyste). Mais j’ai vite compris qu’elle avait d’autres valeurs que les miennes, d’autres vues, que je ne pouvais pas lui faire faire tout ce que je désirais : elle avait ses propres motivations.

Pourquoi est-ce que je vous parle de cela? Parce qu’en ce moment, je suis dans l’écriture du premier jet d’une nouvelle littéraire et je prends conscience que chaque fois que je fais en sorte qu’elle se déroule d’une certaine façon, je bloque : je perds le goût de continuer à écrire. Décidément, ce n’est pas moi qui ai le contrôle. Je dois apprendre à lâcher-prise pour permettre à l’histoire qui veut se dire de prendre vie sous ma plume. Cette histoire est déjà complétée, ailleurs, dans un univers invisible (ou parallèle), et je n’ai qu’à la laisser passer à travers mon être, comme si j’étais un simple canal pour elle. Je suis convaincue (et vous le savez déjà, car j’en ai déjà parlé dans un ancien billet) que toutes les histoires sont déjà écrites quelque part. Nous, écrivains, n’avons qu’à les retranscrire sur papier ou à l’écran.

Ceci étant dit, comment fait-on exactement pour écrire l’histoire qui veut se dire, celle qui pousse en nous pour sortir, celle qui nous a choisis pour la rendre vivante? La réponse, selon moi, se trouve dans l’écoute intérieure.

Toutefois, le monde intérieur d’une personne est incroyablement vaste. Quoi écouter au juste et où regarder précisément? En effet, en nous se superposent plusieurs couches auxquelles nous avons accès par la pensée. Il y a d’abord la mémoire où reposent tous nos souvenirs, réminiscences de notre vie actuelle, mais aussi de celles que nous avons vécues avant… De plus, il y a ce que j’appelle la couche intérieure de surface, cette mer d’idées usées à la corde, enrichie depuis l’aube des temps par les mythes et les légendes et les nombreuses histoires déjà écrites qu’on a lues et entendues, relues et réentendues, et toutes ces images qui nous bombardent de tous côtés : télévision, films au cinéma, journaux, revues, Internet… Tout ce qui provient de cette couche n’est pas toujours authentique ni vrai. Ce qui l’est doit tirer son origine de la couche intérieure profonde. Quand l’histoire vient de la couche intérieure profonde de l’écrivain, on dit qu’elle est organique. Comment l’écrivain peut-il permettre à la vraie histoire, celle qui veut se dire, de parvenir enfin jusqu’à la feuille ou à l’écran?

L’expérience. Oui. Les écrivains qui ont une longue carrière derrière eux savent de quoi je parle. Ils ont, avec les années, développé leurs propres méthodes et techniques pour extraire la vraie histoire de cette couche intérieure profonde.

Cependant, il n’y a pas que les écrivains expérimentés qui ont accès à cette couche intérieure profonde. Je connais de jeunes écrivains qui ont déjà la maturité d’être à l’écoute de ce qui se passe à l’intérieur d’eux. Je crois surtout que pour écrire de façon organique, il faut d’abord taire la voix de notre critique intérieur pour ensuite écouter simplement ce qui est là, dans l’instant présent, en s’ouvrant à la dimension intérieure où l’histoire existe déjà. Il faut lâcher-prise sur tout ce qu’on connaît déjà et faire confiance. Voilà. Lui faire confiance, à elle : l’histoire.

Que vous en soyez conscient ou non, toute histoire qui cherche à passer à travers l’écrivain a quelque chose à lui enseigner. Et pour découvrir cette chose, ce dernier doit être humble.

Écrire de façon organique demande donc, d’une part, que l’écrivain mette de côté son égo pour laisser vivre ce qui veut vivre, et ainsi comprendre le message que toute cette fichue histoire tente de lui livrer, et d’autre part, qu’il s’émerveille face à la grandeur qui l’habite, qu’il en soit curieux, voire amoureux.

Le lâcher-prise… pour que nos personnages prennent leurs propres décisions, pour que la vraie histoire soit, pour que nous soyons témoins de sa manifestation.

Merci d’être là et de me lire.

À bientôt,

Annie xxx…

dimanche 2 janvier 2011

C'est beau la vie!

Voici un billet d'Isabelle, collaboratrice au blogue. Bonne lecture !

Je viens tout juste de commencer le nouveau livre de Christine Michaud « C’est beau la vie », et je suis déjà secouée! Dès le premier chapitre, je suis captivée et c’est au cours du troisième que je m’exclame : « Oh my God!!!! ». Bien sûr, j’ai tout de suite eu envie de vous en parler! Le résumé de la page de couverture indique ceci : « Vous avez entre vos mains un livre qui vous veut du bien… » Et c’est très vrai! Parcourir ces courts chapitres est plus que bon pour le moral!

Voici un extrait de ce que Madame Michaud raconte :

« Imaginez que l’on vous prépare un dîner de rêve… Vous avez l’opportunité d’inviter trois personnes de votre choix. Profitez-en pour convier celles qui vous impressionnent même si elles vous semblent complètement inaccessibles. Que vous pensiez à Céline Dion, le dalaï-lama ou Oprah Winfrey, elles accepteront avec grand plaisir… »
« Inscrivez ces trois noms sur une feuille… Maintenant, décrivez ces personnes en notant leurs qualités ou ce qui vous impressionne chez elles. Pourquoi les avez-vous choisies? »

Difficile de choisir seulement trois personnes! Il y a plusieurs auteurs, artistes, ou personnalités pour qui j’ai de l’admiration et que j’aimerais bien rencontrer. Mais je m’en tiens à la consigne indiquée. Voici donc mes trois choix : Céline Dion parce qu’elle m’impressionne de par son cheminement, Patrick Sénécal parce que j’adore ses romans et sa façon d’écrire et, finalement, John Lennon pour ses textes inoubliables.

Allez! Jouer le jeu vous aussi! Quelles sont les trois personnes avec qui vous aimeriez dîner et surtout, pourquoi?

« Alors, lisez attentivement ce que vous venez d’écrire parce que c’est de VOUS que vous parlez! »
« Surprenant, n’est-ce pas? Pourtant, vous avez assurément de nombreux points en commun avec vos trois invités. Vous êtes doté du même potentiel, de plusieurs qualités et talents similaires. Par contre, ce potentiel n’a peut-être pas encore complètement émergé du fond de votre être… »

Personnellement, c’est le genre de trucs qui me transporte, qui me permet de voir plus grand que grand et qui m’ouvre toutes les portes! Ça me rappelle aussi que ces gens que j’admire tant, à un moment donné dans leur vie, ont été au même niveau professionnel que je le suis actuellement. Tout devient alors possible pour moi!

Et vous? Êtes-vous surpris de ce que vous venez de découvrir? Y croyez-vous?

Isabelle

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