jeudi 24 mars 2011

Entrevue virtuelle avec SYLVIE GAYDOS


En entrevue virtuelle, ce mois-ci, nous recevons Madame SYLVIE GAYDOS, auteure d'Impasse, son premier roman, publié aux Éditions de Mortagne, en février 2011. C'est tout neuf et tout chaud.
Nous tenons à remercier Madame Gaydos d'avoir accepté de participer à l'entrevue virtuelle sur Roman en chantier. C'est extrêmement gentil de sa part. :-)

Écoutons-la, maintenant, nous parler de sa relation avec l'écriture, de son processus créatif et de bien d'autres choses.


La relation de SYLVIE avec l’écriture


ROMAN EN CHANTIER : À quel moment dans votre vie s’est manifesté votre désir d’écrire et à quel moment avez-vous commencé à écrire?

SYLVIE : J’ai toujours aimé lire et écrire, mais la décision de tenter l’écriture d’un roman est venue au début de la quarantaine. J’ai eu à surmonter quelques scrupules avant de m’y mettre, ce qui a repoussé le début de l’aventure d’un an ou deux. Inutilement, d’ailleurs, ce qui est facile à dire, après coup. :-)

ROMAN EN CHANTIER : Est-ce que l’écriture est un besoin pour vous? Si oui, pourquoi?

SYLVIE : Dans mon cas, qualifier l’écriture de besoin est peut-être un peu exagéré, mais c’est un grand plaisir auquel j’accorde une belle priorité dans l’ensemble de mes activités. J’ai vécu longtemps sans écrire de la fiction, alors aucun doute je pourrais continuer de respirer si je cessais de mettre sur papier les histoires qui m’occupent la tête!!

ROMAN EN CHANTIER : Écrivez-vous à temps plein? Ou en parallèle avec un autre métier?

SYLVIE : En parallèle avec un autre métier, comme la plupart des écrivains. Par contre, j’ai la chance de gérer mon temps selon mes besoins. J’ai donc réservé deux jours de semaine à l’écriture, ce qui n’est pas si mal. En vérité, je ne suis pas convaincue que j’aimerais exercer le métier d’écrivain à temps plein… J’aurais l’impression d’être trop souvent dans mon imaginaire et pas assez dans la vraie vie.

ROMAN EN CHANTIER : Quelle est votre routine d’écriture? (Écrivez-vous le matin, l’après-midi, le soir ou pendant la nuit? Combien d’heures par jour? De quoi vous entourez-vous pour écrire? De photos? De plantes? De toutous? De vos chats? Écrivez-vous à la maison ou dans les cafés, dans les parcs ou en plein cœur de la nature? Avez-vous un espace juste pour vous? Si oui, à quoi ressemble-t-il? Etc.)

SYLVIE : Ouf! Je vais essayer de répondre! :-) Je dois me discipliner pour écrire le matin, ce n’est pas naturel, mais plus la journée avance, plus je deviens productive. Les bonnes journées, je peux aller jusqu’à minuit avant d’atteindre ma saturation. Là, j’arrête et, habituellement, la satisfaction est grande. J’écris surtout à la maison, dans mon bureau (une pièce juste pour moi : dehors tout le monde!). Je mets une musique douce, ne réponds pas au téléphone et tolère les chats, à la condition qu’ils ne se prennent pas pour des pots de colle. Il m’arrive de m’installer dehors, les jours de beaux temps, mais le danger est plus grand d’être distraite par les oiseaux, les écureuils, le va-et-vient… C’est plus agréable, mais moins productif.

ROMAN EN CHANTIER : Quelle partie dans la création d’une histoire préférez-vous? La gestation, le premier jet, le développement des personnages, la réécriture, etc. ? Pourquoi?

SYLVIE : J’aime chaque étape. Même les corrections! Chaque partie est utile, fait avancer le manuscrit, l’enrichit. J’ai donc pris plaisir à chacune d’elle. Il y a bien le premier jet qui nous transporte d’une excitation unique, mais les autres phases apportent aussi leur dose de satisfaction.

ROMAN EN CHANTIER : Si vous aviez à utiliser une métaphore pour décrire le type d’écrivain que vous êtes, quelle serait-elle?

SYLVIE : Je ne suis pas très douée pour les métaphores, alors je me permets une réponse poche : aucune idée! Bon, si je veux être consciencieuse et que je creuse un peu… je dirais un pit-bull ?! Pas pour sa tronche, évidemment, plus pour sa mâchoire qui ne desserre pas facilement. Quand je suis décidée, je suis comme eux : c’est difficile de me faire lâcher.

ROMAN EN CHANTIER : Comment qualifiez-vous votre relation avec l’écriture?

SYLVIE : Euh… bonne! On s’entend bien, on se respecte, on s’apporte beaucoup l’un l’autre. Blague à part, ma relation avec l’écriture est très sereine. J’y puise du plaisir et je lui donne la place que je veux bien qu’elle ait. Pas d’écrivaine tourmentée, ici.

Le processus créatif de SYLVIE  


ROMAN EN CHANTIER : Comment visualisez-vous votre manière de créer? (Par exemple Mireille Pochard, dans son livre Écrire une nouvelle et se faire publier, explique que lorsqu’elle écrit, elle visualise une pelote, elle imagine que tout est déjà à l’intérieur d’elle, qu’elle ne crée rien, qu’il suffit de dévider… Ce qui n’exclut pas quelques nœuds qu’il faut défaire pour avancer!) Qu’en est-il avec vous?

SYLVIE : Pour moi, la création est un travail comme un autre. Il faut s’asseoir et faire l’effort. L’apparition de l’inspiration, par exemple, demande un effort, celui de se mettre dans les dispositions nécessaires pour qu’elle monte à la conscience. Parfois c’est simple, d’autres fois, il faut y mettre un peu plus d’énergie. Je comparerais l’écriture d’un roman à la construction d’une maison. Il y a la charpente qui portera toute l’histoire sur ses épaules, le ‘rough’ qui donne de la structure et du caractère au récit, puis la finition, ces petits détails qui viennent rehausser le tout. La difficulté est d’obtenir un bon résultat dans les trois aspects. Il faut être prêt à suer.

ROMAN EN CHANTIER : Comment naissent vos histoires? Est-ce le personnage qui arrive en premier, l’intrigue, la situation, une atmosphère, un décor? Est-ce vous qui décidez de l’histoire ou bien vos personnages?

SYLVIE : Ce sont avant tout les personnages et leurs émotions que je commence par voir. Ensuite viennent les situations, l’atmosphère, les lieux. Les premières idées sont comme des impressions vagues que je décide ou non d’exploiter, selon le potentiel d’intérêt qu’elles semblent posséder. Après, c’est le travail qui embarque. On se pose des questions, on cherche les réponses et l’histoire se construit au fur et à mesure. Il n’y a rien de magique là-dedans et c’est assurément moi le patron! Par contre, même si je suis convaincue que mes personnages ne sont rien de plus que mes marionnettes, je me trouve bénie s’ils me donnent le sentiment d’exister par eux-mêmes. C’est signe que je leur ai donné de la cohérence et de l’authenticité.

ROMAN EN CHANTIER : Comment procédez-vous pour vous immerger dans la conscience de vos personnages et réussir à les ressentir de l’intérieur?

SYLVIE : Je ne vois que deux moyens. Le premier est d’utiliser l’empathie, c'est-à-dire, établir ce qu’un personnage devrait ressentir, faire ou penser en tentant de se mettre à sa place, sans perdre de vue son caractère, ce qu’il est, où il va. Le deuxième moyen est de puiser dans la somme d’expériences que constitue notre vie. Tout ce que l’on a entendu, vu, goûté, touché, senti, au cours de notre existence, peut servir à définir nos personnages avec cohérence. Suffit de s’en servir. Tiens… encore la cohérence. Décidément, j'y tiens.

ROMAN EN CHANTIER : Utilisez-vous un plan pour écrire? Ou au contraire, écrivez-vous votre premier jet en vous fiant à ce qui vient tout simplement, à votre inspiration? Comment procédez-vous?

SYLVIE : Pour mon premier roman, j’y suis allée comme ça venait. Aujourd’hui, j’ai le recul qu’il faut pour dire que c’était une erreur. Cette méthode (ou plutôt cette absence de méthode) m’a donné un agréable sentiment de liberté, mais au prix d’un coûteux manque d’efficacité et de productivité. Pour le deuxième, je me suis donc empressée d’opter pour le plan, accompagné d’une élaboration consciencieuse du caractère et de l’histoire personnelle de chaque personnage. J’ai moins de chance de me perdre dans des détours dignes des plus beaux discours de politiciens. Ceci dit, un plan n’est pas un carcan. À mon avis, il devrait se contenter de définir l’ossature de l’histoire et nous laisser toute notre marge de manœuvre pour la suite du travail.

ROMAN EN CHANTIER : Jusqu’à quel point la part de votre inconscient est-elle présente dans votre écriture? (Y faites-vous confiance? Comment travaillez-vous avec lui? Durant le premier jet? Dans la réécriture? À chacune des étapes de la création de votre histoire? Comment le visualisez-vous? Une fée avec une baguette magique? Un maître écrivain assis sagement à son bureau au sommet d’une montagne? Comment qualifiez-vous votre relation avec votre inconscient? Etc.)

SYLVIE : Ne jouons pas à l’autruche : l’inconscient d’un écrivain se trouve dans chaque ligne qu’il écrit! Comme il est inutile d’essayer de le mettre de côté, vaut mieux, effectivement, lui faire confiance et s’en servir en le laissant s’exprimer dans le premier jet. Par la suite, le conscient pourra prendre le contrôle, trier et garder ce qui fait son affaire. Je vois M. Inconscient comme un ami qui n’a pas toujours les idées bien organisées, mais qui agit indéniablement pour mon bien.

ROMAN EN CHANTIER : Quels sont vos trucs pour annihiler l’effort de votre critique intérieur à saboter votre écriture? (Quand vous êtes bloqués, que faites-vous pour vous en sortir?)

SYLVIE : Quand je suis bloquée, j’essaie de prendre mon mal en patience. Je fais autre chose, j’en profite pour lire d’autres auteurs, je parle de mon problème avec mon entourage. Je n’ai pas du tout le besoin d’annihiler mon critique intérieur. Un : c’est impossible. Deux : ce n’est certainement pas souhaitable. Pour moi, l’autocritique est une facette nécessaire de notre personnalité. Il m’apparaît plus sage de l’apprivoiser, d’apprendre à juger quand il exagère, d’essayer, en somme, de devenir le critique de notre critique intérieur. :-)



Les livres de SYLVIE et le monde de l’édition


ROMAN EN CHANTIER : Parmi tous vos projets, duquel êtes-vous le plus fier? Pourquoi?

SYLVIE : Nous sommes toujours très fiers de notre dernier projet, non ? Alors, je dirais le dernier, IMPASSE. C’est aussi mon seul projet abouti, mais, ça, c’est un détail, non ?! hihi

Ma fierté tient principalement au fait qu’en écrivant ce roman, j’ai eu l’impression de me dépasser. Comme si je repoussais une limite que je me mettais moi-même. De toute évidence, je me suis prouvé quelque chose et ça, c’est toute une source de satisfaction.

ROMAN EN CHANTIER : Lequel de vos personnages vous a-t-il fait le plus évoluer? Expliquez en quoi il vous a fait grandir.

SYLVIE : Euh… aucun. Pour l’instant, j’ai encore l’impression que c’est moi qui fais grandir des personnages. Ne brise pas mes illusions, d’accord ?! :-)

ROMAN EN CHANTIER : Pour qui écrivez-vous? Les adultes? Les enfants? Les adolescents?

SYLVIE : Je croyais que mon roman s’adressait aux adultes, mais il semble que les adolescent(e)s raffolent de Sixième sens, la collection dont il fait partie. Je ne les comptais pas dans mon public cible avant de les voir s’approcher timidement et me demander une dédicace, en plein salon du livre. C’est bien la preuve qu’un roman vit et suit son petit bonhomme de chemin par lui-même.

ROMAN EN CHANTIER : Combien de livres avez-vous écrits en tout?

SYLVIE : Une thèse de doctorat, ça compte ?! Bon, d’accord, un seul roman. Je suis novice et fière de l’être (ça me rajeunit ).

ROMAN EN CHANTIER : Le titre de votre plus récente parution.

SYLVIE : IMPASSE, en librairie depuis février dernier.

ROMAN EN CHANTIER : À quelles maisons d’édition vos livres ont-ils été publiés?

SYLVIE : Les Éditions de Mortagne.


Ses lectures


ROMAN EN CHANTIER : Que lisez-vous?

SYLVIE : Mes lectures sont variées et je lis principalement pour me divertir. J’adore les suspenses, les romans policiers, les romans historiques. Je lis autant des auteurs d’ici qu’étrangers. Malheureusement, écrire gruge beaucoup sur notre temps de lecture. J’aimerais lire davantage, mais… comme tout le monde, pour faire tout ce que je voudrais, il faudrait que je me dédouble! *soupir*

ROMAN EN CHANTIER : Quels sont les auteurs qui vous inspirent le plus?

SYLVIE : Aucun en particulier, mais je prends un peu de chaque auteur que je visite. Il y en a qui accroche mon intérêt sans mal (Katherine Pancol, Dean Koontz, Jane Austen, Michael Crichton), d’autres que je considère dans une classe à part (Jacques Poulin, Jean-François Beauchemin). Deux femmes m’ont montré que je pouvais oser : Diana Gabaldon et J.K. Rowlings.


Ses conseils


ROMAN EN CHANTIER : Selon vous, quelles sont les principales qualités pour devenir un auteur qui publie?

SYLVIE : De l’audace, de la persévérance, de la patience. Une petite dose d’humilité, de l’organisation et la capacité de travailler en équipe. Sans oublier le facteur le moins souvent nommé : une part de chance.

ROMAN EN CHANTIER : Quel serait le meilleur conseil que vous donneriez à un jeune écrivain désireux de percer dans ce métier?

SYLVIE : D’écrire et de lire tous les jours. De ne pas regarder trop loin en avant. De ne pas prendre les lettres de refus comme des jugements sur sa valeur personnelle, même comme écrivain. De se trouver un gagne-pain qui lui permettra d’écrire la tête tranquille, en attendant qu’un éditeur accepte de faire équipe avec lui. De rêver tout en demeurant réaliste. De ne pas oublier que toutes les carrières réussies se construisent sur plusieurs années.

ROMAN EN CHANTIER : Merci, Sylvie, pour cette belle entrevue.

SYLVIE : Tout le plaisir était pour moi. :-)

Si vous voulez connaître Sylvie, vous pouvez visiter son blogueEntre vous et... Elles, et faire un tour sur son site d'auteure ICI.

Voilà, c'était une longue et enrichissante entrevue.

Merci d'être là et de nous lire.

Annie xxx...

lundi 21 mars 2011

Vos « W STORYBOARD » !

BONJOUR !!!

Vous allez bien, en cette belle journée de printemps ?
Moi, oui...
Dans un récent billet, je vous avais demandé de me faire part de votre expérience avec le « W Storyboard ». Vous vous souvenez ? Sinon, cliquez ICI.
Et dans ce billet, j'avais aussi mentionné que je vous donnais la possibilité de partager vos « W Storyboard » sur le blogue.
Hé bien, il y a Jane qui l'a essayé et qui m'a permis de publier son « W Storyboard ».
Le voici donc.


Un énorme MERCI à Jane qui a aussi écrit qu'elle commençait à peine à l'utiliser et que cela l'aidait déjà beaucoup.

Alors, je relance l'offre. Vous avez déjà essayé le « W Storyboard » et vous aimeriez le partager avec d'autres, envoyez-moi vos photos puis un petit mot expliquant comment cet outil vous a aidé à mieux structurer votre récit, et il me fera un plaisir de les publier sur le blogue.

D'ici là, je vous souhaite à tous et à toutes une bonne écriture !
Merci d'être là et de me lire.

À bientôt,
Annie xxx...


vendredi 11 mars 2011

Une lettre de refus qui fait du bien...

Oui, oui, vous avez bien lu ! J'ai reçu, cette semaine, la plus belle lettre de refus de ma vie d'écrivaine. C'était pour une petite histoire pour album que j'avais envoyée à plusieurs maisons d'édition. 

Voici ce que la lettre dit :

Bonjour Madame Perreault,

J'ai fait circuler votre texte dans mon équipe et je l'ai lu ensuite. Je viens donc vous en donner quelques impressions.

Tout d'abord, votre histoire est bien touchante et, de plus, elle est extrêmement bien écrite, avec sensibilité et poésie. Bien ciselée et bien découpée, comme un joyau. Ce qui m'arrête pour vous proposer un contrat, c'est que nous n'avons jamais publié de textes tournant autour des maladies ou des syndromes. Les impératifs commerciaux étant ce qu'ils sont, je crains de ne pas pouvoir rejoindre suffisamment de lecteurs concernés par une thématique semblable. C'est bien dommage car j'aime beaucoup votre écriture.

Vous savez sûrement que nous sommes une toute petite maison d'édition et que nous publions qu'une dizaine de titres chaque année (littérature engagée, contes, légendes, mythologies, documentaires sur la santé, et, très bientôt, des petites biographies de personnages historiques québécois). Nous devons impérativement faire des choix en tenant compte de nos budgets restreints et respecter notre ligne éditoriale.

En espérant que nous pourrons collaborer un de ces prochains jours, je vous souhaite bonne chance dans vos démarches d'édition. Avec mes meilleures salutations.

Recevoir cette lettre ne m'a pas trop fait de peine. Au contraire, ce que l'éditrice y a écrit m'encourage plutôt à continuer, car j'ai la preuve que mon écriture s'améliore. 

Et vous, si vous receviez ce genre de lettre de refus, comment réagiriez-vous? 

lundi 7 mars 2011

VIVEZ l'INSTANT PRÉSENT...

... est le titre de la nouvelle proposition d'écriture en ligne. Celle du mois de mars 2011. Vous n'avez qu'à visiter ma page Propositions d'écriture pour savoir de quoi il s'agit, quoiqu'avec ce titre, perspicaces que vous êtes, vous vous doutez bien de quoi il est question, n'est-ce pas? 

Allez, allez, qu'attendez-vous? Déplacez votre curseur et cliquez sur la page, vous verrez bien.

Alors, à vos plumes, tout le monde! 
C'est la porte du Pays des Merveilles qui va bientôt s'ouvrir.

Bonne écriture!

Merci d'être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx... 

dimanche 6 mars 2011

Ma nouvelle page !

Je vous présente ma nouvelle page : CE QUE J'EN RETIENS.
Sur cette page, vous lirez tout ce que j'ai retenu de mes lectures, tout ce que j'y ai appris en tant qu'écrivaine. Je lirai avec les yeux de celle qui veut apprendre à devenir une meilleure auteure, et non avec ceux de la simple lectrice que je suis, quoique les deux peuvent se confondre. D'ailleurs, ne faut-il pas qu'il y ait d'abord une lectrice qui se laisse bercer par les mots, inconsciente des techniques narratives utilisées par l'auteur, pour qu'ensuite, à force de lire des livres sur l'écriture, elle se transforme et devienne la lectrice/écrivaine, au regard aiguisé, de plus en plus à l'affut des subtilités narratives, comprenant ceci, apprenant cela, plus consciente des techniques et de leurs effets sur le lecteur ? Je répondrais oui ! Avant, je l'avoue, j'étais aveugle et sourde, tant dans ma lecture que dans mon écriture. Maintenant, je suis un peu plus consciente de ce que je fais en écrivant et des textes que je lis, car je vois plus de choses... Mais je ne vois pas tout !! La perfection n'est pas de ce monde, n'est-ce pas ?
Alors, mes commentaires seront ceux de la lectrice/écrivaine. Je partagerai avec vous toutes mes découvertes.
Bien entendu, je rédigerai un résumé de l'histoire, mais sachez que ce ne sera pas ce sur quoi je porterai le plus mon attention.

Voilà.

Je vous invite donc à lire mes premiers commentaires sur le dernier livre que j'ai lu : L'indésirable, de Sarah Waters.

Je vous souhaite une très bonne lecture.

Merci d'être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx... 

jeudi 3 mars 2011

Je suis plutôt...

Je suis plutôt silencieuse, ces temps-ci, n'est-ce pas ?
Je suis plutôt une mère de deux adolescents qui sont dans leur semaine de relâche.
Je suis plutôt une écrivaine qui a les deux pieds, les deux mains, les deux yeux, les oreilles..., dans la réécriture de sa nouvelle littéraire.
Je suis plutôt une femme avec une santé fragile, qui doit diminuer les heures passées devant un écran, et sortir pour marcher, prendre l'air, respirer.
Je suis plutôt une femme de maison qui doit vider les armoires de la cuisine, une à la fois, car lundi qui vient, on enlève tout... (on refait notre cuisine)
Je suis plutôt une lectrice qui lit Albert Camus (son premier livre : La mort heureuse) et qui s'étonne de ne pas embarquer dans l'histoire (trop de descriptions avec un narrateur distant ou objectif : ça me laisse froide).
Je suis plutôt une rêveuse : toutes les nuits, sans exception, je rêve, et le matin, au réveil, je note mes songes nocturnes dans mon carnet. (Que de belles idées j'y trouve!)
Je suis plutôt une exploratrice qui expérimente différentes techniques pour voir, pour apprendre, pour faire un pas de plus sur la route de mon apprentissage à devenir une meilleure écrivaine.

Je suis plutôt... eh bien, je dirais, occupée à vivre avec ceux que j'aime : ma famille, mes ami(e)s, mes chats, les gens que je côtoie dans mon quotidien et, bien entendu, mes personnages.

Je suis plutôt... la fille qui voulait juste vous dire ça.

Et, pour conclure...
... je suis plutôt heureuse d'être qui je suis, car je ne manque de rien. (comblée, la fille ? On pourrait dire ça)

Merci d'être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx...

mardi 22 février 2011

UN PEU DE TOUT !!

J'ai envie de vous parler de plein de choses qui m'animent ces jours-ci.

Gratitude

D'abord, je tiens à remercier Lucille Bisson qui a écrit un billet tout simple, mais rempli de quiétude intérieure et de bien-être. Une vraie perle. Lire ses mots commence bien une journée! Si ça vous intrigue, cliquez ICI.

Je tiens aussi à remercier Paule Boucher, de l'école de rêve Nuit et Jour, qui a écrit un gentil billet sur moi et sur mon roman, Adeline, porteuse de l'améthyste.
Une belle publicité!!
Vous êtes curieux et curieuse, cliquez ICI.

Extrait de mon roman

Sur ma page Mes livres, j'ai ajouté un extrait de mon roman, Adeline, porteuse de l'améthyste. J'ai choisi le chapitre 6. Après sa lecture, si vous devenez accros ;-), vous pourrez toujours cliquer sur les liens de librairies en ligne. ;-)  MERCI... :o)

Découvertes

Je continue mon exploration et mon expérimentation du « W storyboard » de Mary Carroll Moore, avec ma nouvelle. J'ai réussi à sortir les cinq scènes les plus saillantes du récit. Ensuite, j'ai placé les autres scènes sur mon tableau. Et j'ai pris conscience que la faiblesse de mon histoire se trouve dans l'acte II. J'arrivais trop vite au premier tournant (ou moment décisif). J'ai donc ajouté un obstacle dans la quête de mon personnage principal. Obstacle qui fait partie de la grande machination de mon personnage méchant. En travaillant sur le  « storyboard », l'histoire s'est précisée dans ma tête et l'action s'est clarifiée. C'est magique!
Et tout se tient! Yéééé!
Vous devez savoir que Mary Carroll More a aussi fait un autre genre de « storyboard ». Celui-là, il est linéaire. Vous pouvez l'écouter nous en parler ICI.

Voici mes « Storyboard » personnels 


  



En sachant quelles sont les faiblesses de mon histoire, je peux mieux travailler sur elles ensuite (à partir d'une liste que j'ai faite dans mon journal d'écrivain). Voilà. Je suis rendue là... Je vous tiens au courant pour la suite. J'aime beaucoup vous parler de ma démarche créative. C'est stimulant, vous n'avez pas idée!! ;)

Et vous? Avez-vous essayé le « Storyboard »? Si oui, et si vous le voulez bien, je vous offre la possibilité de publier les photos de vos « storyboard » personnels sur le blogue dans un prochain billet.

Montrons à toutes et à tous comment cet outil est fantastique et vraiment aidant.

Si le projet vous emballe, envoyez-moi votre photo à mon adresse de courriel :
Ou vous pouvez simplement me donner la permission de copier votre photo qui pourrait apparaître sur votre blogue ou sur Facebook, advenant le cas où vous en auriez déjà parlé.

J'attends donc de vos nouvelles, et je vous souhaite de belles expériences avec cet outil merveilleux!

Merci d'être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx... 

mercredi 16 février 2011

C'est reparti !

Depuis la fin du NaNoWriMo, j'ai traversé un ralentissement dans mon écriture. Pendant les premières semaines du mois de décembre, il y avait un truc bizarre que je ressentais entre mes yeux : ça ressemblait à l'effet que fait un muscle sautillant involontairement. Pourtant, il n'y a pas de muscle là, du moins pas à ma connaissance. J'en ai conclu que le rythme d'écriture du NaNoWriMo avait peut-être été un peu trop intense pour ma capacité personnelle. J'en ai eu le « troisième oeil » qui palpitait !

Puis il y a eu la lettre de refus de mon manuscrit... Le 17 décembre 2010

Ensuite, j'ai levé le pied de sur la pédale. Mon critique intérieur, trop présent et trop contrôlant, s'en est donné à coeur joie : il a pris toute la place ! Donc, durant les deux derniers mois, je n'ai pondu qu'une seule nouvelle, que j'ai enfin terminée hier. Le premier jet, bien entendu.

J'ai finalement trouvé un moyen pour contrer la présence de mon critique intérieur : tenir un journal d'écrivain. 

C'est ce que je fais, depuis environ dix jours, étant mue par ce besoin viscéral de me retrouver. J'y ai noté tout ce qui faisait me sentir mal vis-à-vis mon écriture : mes peurs, mes doutes, mon manque de confiance... Mais aussi, et surtout, mes entrevues avec mes personnages de ma nouvelle, mes réflexions, mes nouvelles idées... Ce journal m'aide à débloquer, à retrouver l'écrivaine passionnée que je suis. C'est devenu mon compagnon de tous les jours. Dès que j'entends la voix de mon critique intérieur parler dans ma tête, je l'écris aussitôt dans mon journal, et hop !, elle est repartie ! Je fais place à Annie, l'écrivaine. 

Cela a vraiment fonctionné, car cette semaine, je sens un regain dans ma créativité. J'ai même terminé ma nouvelle !!

Un autre facteur m'a aidée à retrouver mon élan créateur, et c'est le blogue de Mary Carroll Moore.
Dernièrement, elle a mis sur son blogue une vidéo expliquant la structure d'un récit en trois actes avec ce qu'elle appelle le « W storyboard ». Cette façon de faire est très révélatrice, car elle montre à l'écrivain les failles (qu'on ne voit pas toujours au premier coup d'oeil) apparaissant dans sa structure narrative. J'ai visionné la vidéo au moins trois fois, sinon plus, pour être certaine d'avoir bien compris tout ce que Mary y racontait.

Puis... 

Durant le week-end dernier, j'ai acheté trois grands cartons au Bureau en Gros, et, une fois à la maison, j'ai créé mon propre « W Storyboard ». Aujourd'hui, j'ai fractionné ma nouvelle en plusieurs scènes. Il y en a 17 en tout. Ce faisant, j'ai découvert que certaines parties ne tenaient pas debout. J'ai aussi trouvé des passages faibles. La structure de ma nouvelle n'est pas encore au point. Ça grince... L'étape suivante est de trouver parmi ces scènes les cinq plus intenses à mettre aux cinq pointes du W sur mon carton. 

Voilà. Je suis repartie, ma passion est revenue. Je tripe à fond ! Yahoo !!! 

Je vous tiens au courant pour la suite.

Merci d'être là et de me lire.
Annie xxx...    

mercredi 9 février 2011

Pour évoquer l'émotion...

Voici une traduction libre d’une section d’un article lu dans la revue Writer’s Digest (le numéro du mois de février). Des auteurs y partagent certains trucs sur l’écriture. Il y en a 25 en tout! Celui que j’ai choisi est le 20e. Il a été rédigé par David Morrell.

Le voici.

« Hemingway mentionnait la “séquence de mouvement et de fait” d’une histoire. James M. Cain discutait de “l’algèbre des contes : a + b + c + d = x”. Ces auteurs désiraient en fait parler de la séquence d’incidents dans une histoire, qui, si elle est adéquatement organisée et dramatisée de façon vivante, créera un stimulus qui obligera le lecteur à ressentir l’émotion que l’auteur tente de créer. Parler simplement des émotions n’incitera pas un lecteur à les ressentir. Par exemple, la phrase : “Il est triste.” n’évoquera aucune tristesse chez lui. Il devrait plutôt vivre la situation dans l’histoire, expérimenter ce que le personnage expérimente. Grâce à la séquence “de mouvements et des faits”, l’écrivain peut causer une émotion chez son personnage, mais aussi chez le lecteur.

Les écrivains obtiennent cet effet en faisant appel aux cinq sens dans leurs descriptions et dans leurs scènes, les rendant ainsi multidimensionnelles. Ne mettre que les détails de la vue produit presque toujours un effet “sans relief” ou plat. Dans l’étape des réécritures, prenez quelques minutes pour vous assurer que chaque scène contient au moins un détail d’un autre sens. Le lecteur ne pourra faire autrement que de plonger dans l’histoire et de la ressentir, au lieu de simplement se la faire dire. » David Morrell

En pratique, qu’est-ce que ça veut dire?

Ceci.

Voici un exemple d’une scène où seul le sens de la vue est utilisé.

Anne-Sophie se pencha pour examiner la poupée détrempée. Elle gisait à ses pieds, la tête effilochée, les bras arrachés, la jupette bleue étant recouverte de boue. Son cœur se serra quand elle vit qu’on avait fait un X sur son visage avec un crayon noir. Elle inspecta de plus près ses petites jambes et les souliers miniatures. Ils avaient jauni. Comment était-ce possible? Anne-Sophie eut un doute. Sa Jimmilie avait-elle fait pipi?

Voici maintenant l’exemple où je fais appel à d’autres sens que celui de la vue.

Anne-Sophie se pencha pour examiner la poupée détrempée. Elle gisait à ses pieds, la tête effilochée, les bras arrachés, la jupette bleue étant recouverte de boue. Son cœur se serra quand elle vit qu’on avait fait un X sur son visage avec un crayon noir. Du bout de son doigt, elle toucha le tissu et le retira aussitôt, en frissonnant. Sa Jimmilie était glacée! Elle inspecta de plus près ses petites jambes et les souliers miniatures. Ils avaient jauni. Comment était-ce possible? Anne-Sophie eut un doute. Elle approcha son nez et renifla à petits coups, comme un chat. Elle grimaça en plaquant une main contre sa bouche. Sa Jimmilie avait fait pipi ? Elle sentait l’urine!

Quels autres sens ai-je ajoutés dans le deuxième exemple? Quel effet ceux-ci ont-ils eu sur vous en tant que lecteur? Quelle émotion est évoquée dans ce passage?

Allez, faites-moi plaisir, racontez-moi…

Merci à l’avance pour vos commentaires.

Annie xxx…

jeudi 3 février 2011

La technique de l'entrevue

Emily Hanlon explique dans son livre The Art of Fiction Writing or How to Fall Down the Rabbit Hole Without Really Trying, une technique que je trouve extraordinaire. En tout cas, pour le genre d’écrivaine que je suis, elle fonctionne très bien. Je l’utilise pour mieux comprendre mes personnages, pour qu’ils ne soient pas uniquement des êtres de papier à une seule dimension. Cette technique m’aide à mieux les ressentir de l’intérieur. Elle m’aide à contrer cette fâcheuse habitude que j’ai d’avoir une vision purement mentale de ce qu’ils sont, évitant tout contact avec mes émotions.

Voici comment Emily nous décrit sa technique :

(traduction libre)

Cette technique d’interviewer le personnage peut-être très utile. Le secret de son succès consiste à être assez relaxe, libéré suffisamment de son critique intérieur, pour couler avec le flot créatif et laisser naître tout ce qui peut ou doit être né. Peut-être voudriez-vous prendre du temps pour visualiser le personnage dans votre œil intérieur. Vous n’avez absolument pas besoin de voir l’aspect physique du personnage; à la place, ouvrez-vous à sa présence et permettez à son énergie de vous animer, de vous habiter. Utilisez cette technique avec un personnage qui provient de l’un de vos écrits ou avec l'un que vous n’avez jamais encore imaginé. Ne doutez ni des questions ni des réponses qui surgiront naturellement.

Voici certaines questions vous aidant à démarrer votre entrevue. On ne vous en donne que quelques-unes; laissez le reste de l’entretien jaillir naturellement des interactions entre vous et le personnage. Faites-vous une idée de lui ou d'elle dès son apparition. Sentez son énergie, entendez sa voix, laissez l’entrevue prendre ses propres directions, sa propre vie. Coulez dans le flot.

Questions de départ :

— Quel est ton nom?

— Quel âge as-tu?

— Où est-ce que tu es né(e)?

— Où habites-tu maintenant?

— Êtes-vous marié(e)?

— Avez-vous des enfants?

— Quel genre de travail faites-vous dans la vie?

— Dites-moi pourquoi tu es ici.

La dernière question est celle que je préfère. J’en ai posé une semblable à mon personnage Sandrinelle, héroïne de la nouvelle que je suis en train d’écrire pour l’atelier d’Élisabeth Vonarburg. Je lui ai demandé pourquoi elle voulait que je parle d’elle. Et sa réponse fut l'idée qui se cachait derrière mon histoire et que je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus…

On peut aussi utiliser cette technique quand on ne sait plus comment un de nos personnages doit réagir dans une situation donnée. C’est ce que j’ai fait avec mon personnage Jacob, dans mon roman La Brûlure d’Adeline. Il m’a répondu et j’ai pu continuer l’écriture de mon histoire.

Cette technique m'aide vraiment à creuser dans mes personnages...

En écoutant attentivement les réponses des personnages, on peut mieux cerner leur voix particulière, c’est-à-dire leur façon de parler, leur jargon, la structure de leurs phrases…

Je vous le dis, l’entrevue est un outil incomparable pour l’écrivain. Essayez-le et racontez-moi votre expérience, en laissant un commentaire, ci-dessous.

Si vous connaissez d’autres techniques aidant l’écrivain à mieux habiter ses personnages, techniques que vous avez déjà expérimentées de préférence, je vous invite à nous les partager en laissant un commentaire, ci-dessous, afin que tout un chacun puisse en bénéficier.

Merci d’être là et de me lire.

À bientôt,

Annie xxx…

mardi 1 février 2011

Le jargon de l'écrivain

Deux nouvelles définitions ajoutées : l'écrivain intérieur et le critique intérieur.

Un autre petit clic sur Jargon de l'écrivain, tout en haut de la page, et... TADAM ! Elles se manifesteront devant vous ! :)))

Bonne lecture !
Annie xxx 

Proposition d'écriture du mois de février 2011

OUPS !! Je viens de constater que j'avais oublié de mettre en ligne la proposition d'écriture du mois de janvier.
Désolée pour ceux et celles qui les attendent avec impatience. ;)

Voici donc celle du mois de février. Une technique pour vous aider à débloquer dans votre écriture. Technique que je développerai davantage dans mon prochain billet. Un petit clic sur Propositions d'écriture, tout en haut de la page, et... TADAM ! vous la trouverez.

Bonne écriture et amusez-vous!

Merci d'être là et de me lire,
Annie xxx...

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