mardi 28 décembre 2010

Entrevue virtuelle avec Alain M. Bergeron - 3ème partie


Voici la dernière partie de l'entrevue fort intéressante avec l'écrivain jeunesse prolifique Alain M. Bergeron.


Les livres d'Alain et sa relation avec le monde de l'édition


Roman en chantier : Parmi tous vos projets, duquel êtes-vous le plus fier? Pourquoi?


Alain : La question à 100 000 $. Il y a le Capitaine Static, parce que j’adore la bande dessinée. Ajoutez L’Arbre de Joie, un roman qui a fait des petits et qui a semé d’autres arbres de joie dans des villes ; aujourd’hui, à chaque Noël, plus de 2000 enfants démunis reçoivent au moins un cadeau grâce à L’Arbre de Joie (en fait, c’est grâce aux gens qui ont mis sur pied une telle œuvre dans leur communauté); il y a les Savais-tu, vendus à plus de 300 000 exemplaires dans le monde; insérez quelque part l’album « Crème glacée, limonade sucrée ». N’oublions pas Zzzut ! qui m’a mis au monde littéraire. Les petits Chat-Ô en folie, un vrai délice. Un livre dont je suis le plus fier ? L’ensemble de ces réponses… Et je pourrais continuer avec Les Tempêtes, livre finaliste au prix du Gouverneur général du Canada. Et…

Roman en chantier : Lequel de vos personnages vous a-t-il fait le plus évoluer? Expliquez en quoi il vous a fait grandir.


Alain : Que des questions difficiles, ça, chère Annie !!! Le bassin de personnages est assez vaste. Allons-y donc avec David Bernard, personnage central du livre « C’était un 8 août » (Soulières éditeur). En bref, c’est l’histoire d’un garçon qui, en 1999, remonte le temps pour rencontrer son père, en 1971, alors qu’ils sont du même âge. On dit que nos premiers récits sont à tendance biographique et j’ose le croire, surtout dans ce cas-ci. J’aurais aimé connaître mon père en santé (il a été malade tout le temps où je l’ai côtoyé) et j’ai transposé ceci dans l’histoire. Ça m’a permis, effectivement, de grandir, en ce sens que j’ai pu faire la paix avec un passé pour lequel j’étais nostalgique… La nostalgie et la mélancolie du temps qui passe étaient de véritables boulets à mes pieds. En écrivant ce livre, je m’en suis libéré. Merci David Bernard.

Roman en chantier : Pour qui écrivez-vous? Les adultes? Les enfants? Les adolescents?

Alain : Le classique : j’écris d’abord pour moi, pour m’amuser, même si, je le répète, ça reste un travail. Quant à mon public, mes livres s’adressent aux 3 ans et plus, et j’inclus les adultes là-dedans, car j’aime mettre des petits clins d’œil aux adultes qui les liront, cela sans ralentir ou déranger le récit. J’ai aussi certaines publications qui rejoignent des adultes (Les Tempêtes, par exemple, ou L’initiation, chez Soulières Éditeur).

Roman en chantier : Combien de livres avez-vous écrits en tout?

Alain : J’atteins les 140 livres publiés cette année. L’an prochain (2011), je vais égaler et dépasser mon poids en livres (autour de 155…)

Roman en chantier : Wow ! Bravo ! Et le titre de votre plus récente parution est... 


Alain : Il y a dix ou onze nouveautés cet automne (2010). Allons-y donc pour Le Maître des Zions, la 4e aventure du Capitaine Static (Québec Amérique).

Roman en chantierÀ quelles maisons d’édition vos livres ont-ils été publiés?

Alain : Je travaille avec plus d’une douzaine de maisons d’édition : Les Éditions Michel Quintin, Soulières Éditeur, FouLire, Hurtubise HMH, Québec Amérique, Les Heures Bleues, Imagine, Bayard Canada, Erpi, Boréal Maboul, Les Éditions André Fontaine, La Courte Échelle, Les Éditions Pierre Tisseyre… Ça ressemble pas mal à ça.

Les lectures d'Alain


Roman en chantier : Que lisez-vous?

Alain : Des romans d’aventures, ces jours-ci. Mes lectures sont influencées par les projets sur lesquels je travaille. Actuellement, je nage en plein Bob Morane, pour me rappeler l’Aventure avec un grand A, un thème qui va colorer une nouvelle série (Billy Stuart), dont j’écris le quatrième tome (sortie 2011). Si je fais des Savais-tu ou le Capitaine Static, là, je me plonge dans les bandes dessinées. Vous le constaterez : même mes loisirs sont en fonction de mon travail… Petite vie, va !

Roman en chantier : Quels sont les auteurs qui vous inspirent le plus?


Alain : René Goscinny, le maître de l’humour fin, intelligent, drôle, qui ne tombe pas dans la méchanceté ou la grossièreté. Il y a aussi Henri Vernes (auteur prolifique de la série Bob Morane). Je suis un grand fan de François Gravel. C’est l’auteur québécois que j’ai le plus lu (tant ses œuvres pour adultes que pour enfants).

Je lis également beaucoup de bandes dessinées étrangères (Mutts, The Far Side, Calvin and Hobbes, Herman, etc.). Ajoutez à cela les œuvres de Peyo, Franquin et compagnie.

Je peux difficilement apprécier des livres destinés aux adultes. Ça me sort trop de mon monde d’histoires pour les enfants. Quand j’ai lu Le code DaVinci, j’en ai eu pour au moins deux ou trois semaines avant de pouvoir retrouver ma « bulle créatrice » jeunesse. On ne m’y reprendra plus… C’est le prix à payer (prix pas cher du tout) pour faire ce que je fais.

Les conseils d'Alain

Roman en chantier : Selon vous, quelles sont les principales qualités pour devenir un auteur qui publie?

Alain : Écrire, écrire, écrire et écrire. Il n’y a pas de secret, pas de miracle. Plus on écrit, plus on trouve son style et on devient à l’aise, plus notre travail est susceptible d’être un jour publié.

Roman en chantier : Quel serait le meilleur conseil que vous donneriez à un jeune écrivain désireux de percer dans ce métier?

Alain : De lire ce qui se fait, selon le genre littéraire que l’on souhaite explorer dans l’écriture. De ne pas s’arrêter à un échec (lire : un ou plusieurs refus à la suite de l’envoi de manuscrits; ça, je pourrais vous en écrire des pages et des pages; dans mes premières années d’écriture, je recevais sans cesse des lettres de refus – une cinquantaine en tout – ; mais je continuais quand même d’écrire. J’avais confiance qu’un jour mes histoires trouveraient leur éditeur. C’est ce qui s’est produit au bout de sept ou huit ans… ah, oui, il faut de la patience…)

Une fois le manuscrit envoyé, n’attendez pas près du téléphone une réponse de l’éditeur (il peut mettre jusqu’à un an avant de prendre une décision). Profitez de cette pause pour écrire autre chose. Si jamais votre manuscrit est accepté, l’éditeur peut être enclin à porter attention à votre travail suivant.

Finalement, ça fait plusieurs conseils, au même prix.

Voilà, cette entrevue conclut la série d'entrevues virtuelles de l'année 2010.

Merci d'être là et de nous lire.

Annie xxx...

dimanche 26 décembre 2010

JOYEUX TEMPS DES FÊTES !!!

À toutes et à tous, je souhaite un superbe temps des fêtes et une année 2011 remplie de tout ce que vous voulez, mais aussi de situations imprévues (car elles font évoluer...). Profitez de ce temps pour dire aux membres de votre famille que vous les aimez. Un « je t'aime » vaut mille cadeaux... Un « je t'aime » ouvre le coeur... Un « je t'aime » est parfois tout ce que nous avons besoin...

Alors, à toutes celles et à tous ceux qui lisent ces mots : « JE VOUS AIME !! ».

Merci d'être là.

Annie xxx...

mardi 21 décembre 2010

Une dure nouvelle !

Vendredi 17 décembre, un peu avant l'heure de mon atelier d'écriture, j'embarque dans ma voiture et je vais chercher mon courrier. Les casiers rouges sur le côté de la rue. En ouvrant ma boîte postale, je vois une clé avec une chaîne au bout de laquelle pend un rectangle plastifié bleu. Je la prends en soupirant, car je sais malheureusement ce qu'elle veut dire. Dans une case postale plus grande, il y a sûrement une enveloppe brune contenant mon manuscrit refusé. Un autre...

Eh bien oui! Telle ne fut pas ma non-surprise de voir l'enveloppe. Je la glisse sous le bras ainsi que les autres, puis j'insère la clé dans la fente supérieure et je me rassis dans ma voiture. Je n'ouvre pas l'enveloppe, pas tout de suite. Une fois arrivée à la boutique Au Café d'Art (c'est là où je donne mes ateliers), je regarde l'heure. Il me reste encore dix minutes avant le début du cours. Bon, je l'ouvre, sinon je n'arrêterai pas de penser à ça durant l'atelier. Je lis la lettre de refus, je suis déçue, profondément. Et triste aussi. Tout ce travail pour ça... Je bloque les émotions qui tentent de monter, puis je sors. Je veux me consacrer à mon rôle d'animatrice, sans que cette dure nouvelle affecte mon travail. Je réussis, l'atelier se déroule bien. Je me sens même heureuse après parce que j'ai partagé ma passion.

Je retourne à la maison, avec l'enveloppe ouverte et mes émotions soudain débloquées. Toute la soirée, je pleure! Quelle pleurnicheuse, me direz-vous? Oui, je vous répondrai. Je suis triste, car j'avais confiance en cette maison d'édition, mais elle m'a tourné le dos. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois qu'elle me tourne le dos. Elle l'a déjà fait pour d'autres manuscrits. Là, je pense que j'ai compris...

Les jours suivants sont pénibles. Je dois gérer mes émotions qui arrivent par vagues et qui me traversent le corps, tel un raz-de-marée. Je sens beaucoup de colère, de hargne, de désespoir. Je perds même temporairement le goût d'écrire... Ce refus soulève une autre souffrance, une vieille que je traîne depuis l'enfance. Le sentiment de rejet. Eh oui, je dois vivre avec ce petit problème qui, soit dit en passant, me fait énormément évoluer.

Toute cette histoire, donc, me fait comprendre qu'il me faut m'endurcir, que je dois croire en moi plus que les autres puissent le faire.

Oui, je sais, le plus important c'est le chemin et non la destination. J'ai même écrit un billet là-dessus. La vie s'est arrangée pour que je mette en pratique ce que j'ai prêché. Ah! Mais, entre vous et moi, trois refus en moins de deux semaines, c'est dur à encaisser, non?  

Tant pis pour cette maison d'édition, que je me dis. Celle qui a écrit Harry Potter n'a-t-elle pas essuyé plusieurs refus avant que son manuscrit soit finalement accepté? Imaginez ceux qui l'avaient refusé. Ils doivent s'en mordre les doigts aujourd'hui! Elle fait des millions, voire des milliards avec sa série.

Tant pis pour cette maison d'édition. Tant pis...

Aujourd'hui, j'ai écrit une nouvelle lettre de présentation. Après les fêtes, j'enverrai mon manuscrit à d'autres maisons d'édition. C'est ça, ma vie d'écrivaine. Je ne dois pas lâcher. Je dois reprendre confiance en moi. Ce n'est pas parce qu'une maison d'édition décide de ne pas publier mon manuscrit qu'il est bon à jeter aux poubelles. C'est juste que mon histoire ne leur convient pas pour XYZ raisons. Il y a sûrement sur Terre un lectorat pour cette histoire, je ne l'ai pas écrite pour rien, elle existe, car elle a quelque chose à dire à quelqu'un. Il me faut juste trouver le bon éditeur pour elle, et je vais le trouver.

Voilà.

Merci d'être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx...

jeudi 16 décembre 2010

Les différentes formes du dialogue - partie 2

Voici la suite du dernier billet sur les différents styles des dialogues.

2- Le style indirect : dans ce type de dialogue, le narrateur rapporte les discours de ses personnages.

   — Ses avantages : la fluidité. Les paroles sont rapportées, sans couper la phrase, en les incluant, la plupart du temps dans une proposition subordonnée.
   — Ses inconvénients : il entraîne la concordance des temps qui dénature la parole exacte, la modification des pronoms personnels et l'usage du que et du qui, alourdissant la phrase.

   Exemple :

« Quand Jeanne aperçut son frère marcher sur la rue Bronx, elle courut vers lui et lui ordonna de déguerpir au plus vite. Marc l’envoya paître, il lui balança qu’il avait un rendez-vous ultra important et qu’il ne devait pas être en retard. Jeanne tira brusquement sur son chandail et tenta de le ralentir. Mais avec ses gros bras tatoués, et d’un geste sans effort, il se libéra de sa prise en lui disant qu’elle n'aurait pas dû être là, que c’était dangereux pour elle. Elle lui répliqua que si ça l’était pour elle, ça l’était pour lui aussi. »

Dans ce style, il y a un verbe introducteur à la réplique des personnages.

3- Le style indirect libre : dans ce type de dialogue, le narrateur rapporte les discours des personnages, sans avoir recours aux propositions subordonnées.

  — Ses avantages : la fluidité. Il supprime quelques inconvénients : pas de subordination, pas de ponctuation, la parole est intégrée à la narration.
   — Ses inconvénients : il garde le changement de pronom et la concordance des temps. Le verbe introductif doit être subtilement amené, cela demande une certaine habileté. Il faut compacter : Elle bâilla : il était tard, elle devait rentrer.
Souvent une virgule remplace les deux points : Ses propos avaient été clairs, il viendrait demain.

Exemple :

« Quand Jeanne aperçut son frère marcher sur la rue Bronx, elle courut vers lui et tenta de le convaincre : il devait déguerpir au plus vite, cet endroit n’était pas pour lui, il valait mieux que ces voyous. Marc l’envoya paître, il avait un rendez-vous ultra important et il ne devait pas être en retard. Jeanne tira brusquement sur son chandail et tenta de le ralentir. Mais avec ses gros bras tatoués et d’un geste sans effort, il se libéra de sa prise en la sermonnant : elle n'aurait pas dû être là, c’était dangereux pour elle. Jeanne le fixa intensément du regard, si ça l’était pour elle, ça l’était pour lui aussi! »

Les répliques en bleu sont les paroles rapportées, mais sans verbes introducteurs.

Dans les romans où les dialogues remplissent les pages, il est bon de varier les formes pour casser la monotonie. Élizabeth George (encore elle, me direz-vous ! Eh bien oui. C'est une auteure qui maîtrise plusieurs techniques narratives et je l'admire !), auteure de plusieurs romans policiers, varie les formes de ses dialogues. Lisez Le cortège de la mort, son tout dernier livre, et vous le verrez. Le style direct est privilégié, mais nous y trouvons aussi les deux autres styles. De plus, elle écrit du point de vue de chacun de ses personnages. La lire est très nourrissant pour l'écrivaine que je suis!


Enfin, je tiens à vous préciser que pour écrire ce billet, j'ai d'abord butiné dans quelques bouquins, notamment Écrire une nouvelle et se faire publier de Mireille Pochard et Écrire, Un plaisir à la portée de tous de Faly Stachak. Deux livres fort intéressants, que je suggère aux mordus de la création littéraire !  








Merci d'être là et de me lire !
Annie xxx...








lundi 13 décembre 2010

Entrevue virtuelle avec ALAIN M. BERGERON - Partie 2


Voici la suite de l'entrevue fort intéressante avec Monsieur ALAIN M. BERGERON, écrivain jeunesse, talentueux et prolifique, ayant écrit plus de 100 livres.

Le processus créatif d'Alain


Roman en chantier : Comment visualisez-vous votre manière de créer? (Par exemple Mireille Pochard, dans son livre Écrire une nouvelle et se faire publier, explique que lorsqu’elle écrit, elle visualise une pelote, elle imagine que tout est déjà à l’intérieur d’elle, qu’elle ne crée rien, qu’il suffit de dévider… Ce qui n’exclut pas quelques nœuds qu’il faut défaire pour avancer !) Qu’en est-il avec vous?

Alain : Une pelote ? Tiens donc… Dans mon cas, c’est beaucoup plus simple : je me vois en train de noircir des pages de mon cahier. Bon, avec cette réponse, je ne noircirai pas des pages de ce questionnaire… Je ne me casse pas trop la tête sur le processus créatif. C’est quelque chose d’extrêmement compliqué en somme. Qu’est-ce qui génère une idée ? Comment en arrive-t-on à assembler des mots pour en faire une histoire qui plaira ? Trouverais-je un jour un nouveau projet ? L’auteur, comme le musicien ou l’artiste, est-il simplement un canal, connecté à une source d’inspiration commune ? Allez donc savoir. Je préfère ne pas me casser la tête avec des théories et je privilégie l’action : écrire, point à la ligne.

Roman en chantier : Comment naissent vos histoires? Est-ce le personnage qui arrive en premier, l’intrigue, la situation, une atmosphère, un décor? Est-ce vous qui décidez de l’histoire ou bien vos personnages?

Alain : La première chose qui m’importe dans un récit, c’est la chute ! S’il n’y a pas de chute, il y a des personnages qui se promènent dans le vide et qui espèrent une histoire qui n’aboutit pas. Il peut arriver que des personnages soient créés sans que je sache trop quoi en faire. Pour ne pas les oublier, je les écris dans un cahier et j’attends moi aussi qu’une histoire, avec une chute, se compose dans ma petite tête. Ça peut prendre des journées, des heures (des minutes également), des mois ou ne jamais se produire carrément.

Comme j’ai un calendrier de production – n’ayons pas peur des mots – et que je planifie mon travail environ une année à l’avance, je sais toujours ce qui s’en vient pour moi (à quelques surprises près, ce que je me permets). Par exemple, je peux avoir une idée très vague pour les prochains Petits pirates (Boréal Maboul), idée que je ne retravaillerai que dans un an. On dirait que lorsque cette échéance approche, certains fils dans mon esprit se rejoignent et concoctent quelque chose. Si bien qu’au moment où je dois écrire l’histoire, tout est presque prêt à sortir.

Pour ce qui est de mes personnages, même si je les entends dire les répliques, c’est moi le patron, malgré ce qu’ils prétendent. Parfois, ils vont tellement vite que j’ai peine à les suivre et à tout écrire. C’est aussi pour cette raison que j’écris à la main dans un cahier. Ça va beaucoup plus rapidement qu’à l’ordi (et je ne risque pas de perdre mon texte, comme ça m’est arrivé dans les premières années).

Roman en chantier : Comment procédez-vous pour vous immerger dans la conscience de vos personnages et réussir à les ressentir de l’intérieur?

Alain : Je me glisse dans leur peau, tout simplement. J’ai une dizaine de séries un peu partout, mais la « voix » de chaque personnage est distincte, même s’il peut y avoir certaines ressemblances au bout du compte (du conte?). Je sais comment chacun réagit devant telle situation. N’oublions pas également la directrice littéraire qui reçoit le texte et qui, elle aussi, connaît les personnages.

Roman en chantier : Utilisez-vous un plan pour écrire? Ou au contraire, écrivez-vous votre premier jet en vous fiant à ce qui vient tout simplement, à votre inspiration? Comment procédez-vous?

Alain : Que ce soit pour un petit album de 16 pages ou pour un roman de 220 pages, le processus d’écriture demeure toujours le même : d’abord le plan. Je fais souvent l’analogie avec mes animations. Si je n’ai pas un plan pour me rendre à l’école, je vais me perdre, ça, c’est garanti. Pareil pour l’écriture. J’écris un résumé de l’histoire qui doit tenir en un paragraphe. Ensuite, j’écris toutes les idées qui me viennent en tête pour enrichir le récit. Enfin, je divise mon histoire en chapitres (selon le public cible) et je fais un résumé pour chacun des chapitres. Ainsi, je sais toujours dans quelle direction je m’en vais. J’ai écrit une fois un texte à l’aveuglette et je ne me suis pas rendu à destination. Le temps étant précieux, je n’ai plus répété l’expérience, merci.

Roman en chantier : Jusqu’à quel point la part de votre inconscient est-elle présente dans votre écriture? (Y faites-vous confiance? Comment travaillez-vous avec lui? Durant le premier jet? Dans la réécriture? À chacune des étapes de la création de votre histoire? Comment le visualisez-vous? Une fée avec une baguette magique? Un maître écrivain assis sagement à son bureau au sommet d’une montagne? Comment qualifiez-vous votre relation avec votre inconscient? Etc.)

Alain : Quand je sais que je vais écrire le lendemain, peu importe où j’en suis dans mon histoire, je me conditionne toujours avant de me coucher. On pourrait appeler cela du renforcement créatif. Effectivement, j’ai l’impression que mon inconscient a quelque chose à faire dans tout ça. Ironiquement, de se prénommer Alain et d’être conscient de faire appel à l’inconscient, c’est assez subtil, merci. Prenez votre temps, là…

Je fais une série de livres-documentaires-bandes dessinées (Savais-tu ? aux éditions Michel Quintin) où je dois créer 29 gags à partir d’une simple phrase. Ce qui n’est pas toujours évident. Quand je bute sur certains gags, le soir avant de me coucher, je me conditionne à trouver la solution à mon problème. Et cette solution apparaît assez rapidement le lendemain.

Roman en chantier : Quels sont vos trucs pour annihiler l’effort de votre critique intérieur à saboter votre écriture? (Quand vous êtes bloqués, que faites-vous pour vous en sortir?)

Alain : Pour l’écriture de romans, en fait, je ne bloque jamais, en raison du plan mentionné plus haut. Je peux parfois trébucher sur des phrases, mais je me donne aussi la chance de ne pas atteindre la perfection dès le premier jet, d’être humain, finalement.

Ma vingtaine d’années en journalisme me sert beaucoup également. À une douzaine de textes par semaine (journal), on n’avait pas le loisir de s’éterniser sur une virgule.

Quant à mon critique intérieur, le salaud, je l’ai congédié pour sabotage ! Je peux très bien me débrouiller sans sa contribution. Quelqu’un m’avait déjà dit qu’on n’est pas aussi pourri qu’on le pense… pour ajouter dans un même souffle qu’on n’est pas aussi bon qu’on le souhaite…

Donc, ne soyons pas trop durs pour nous-mêmes, tout en gardant les pieds sur terre.

Cette entrevue hyper intéressante n'est pas encore terminée, heureusement. Dans un prochain billet, vous pourrez lire la dernière partie (snif! snif!) de notre entretien avec Alain.

Merci d'être là et de nous lire.
À bientôt,
Annie xxx...

jeudi 9 décembre 2010

Les États d'Âme de 21 heures

Je me sens bien avec moi-même.
Je patauge dans le chaos.
J'écris.
Une nouvelle histoire. Une nouvelle littéraire. Contrainte : vingt pages maximum, double interligne. Genre : fantasy, fantastique ou science-fiction. J'ai choisi fantasy!!
Dans le même temps, j'ai terminé la lecture d'un livre extraordinaire, qui m'a permis de me réconcilier davantage avec ce que je suis. Son titre : The ART of FICTION WRITING, d'Émily Hanlon. J'ai beaucoup aimé ce que j'y ai lu. J'ai même adoré! J'ai enfin trouvé un livre qui m'expliquait ce que je vivais, et ce que je vis encore, avec ma créativité. C'est tout à fait génial! 

Je me sens bien avec moi-même.
Depuis le Nano, il s'est passé un truc, une porte s'est ouverte, une paix est entrée et s'est installée en moi. Je me sens calme et posée, comme si enfin je n'avais plus peur des pensées des autres sur moi et sur ce que j'écris.
Et pourtant, j'ai reçu deux refus, ces derniers jours. Ma nouvelle Une espionne au supermarché n'a pas été retenue pour la revue Zinc. Et j'ai reçu, aujourd'hui, par la poste, une enveloppe contenant l'un de mes  manuscrits (celui destiné à un lectorat de huit ans et plus) accompagnée de ma lettre de présentation. À l'intérieur, aucune lettre de refus. Rien. Nada! Bon. Ce n'était sûrement pas la bonne maison d'édition pour cette histoire...

Je me sens bien avec moi-même.
Une confiance est là. Une paix.
Je rigole avec mes fils, avec mon conjoint. On est heureux, on s'aime. Oui, oui, on s'aime! L'amour est tout! Oui, oui, l'amour... Entre un écrivain et ses personnages, entre un écrivain et son histoire, entre un écrivain et ses idées, entre un écrivain et ses lecteurs. Oui, oui... Si on écrit, c'est tout simplement par amour. Bon, là, la fille disjoncte, hein? Non, non, je suis très saine d'esprit. Je suis HEUREUSE. Même après avoir essuyé deux refus... Cé t-y pas beau un peu!! ;)

C'est comme ça. Le bonheur n'est pas la destination, mais le chemin. Celui que je traverse à chaque instant de ma vie. Et comme Émily Hanlon l'explique dans son livre The ART of FICTION WRITING (et j'en fais une traduction libre) : « Si nous considérons la créativité comme un périple, alors il n'y a aucun échec ; des routes s'arrêteront, c'est sûr, et des voies deviendront des labyrinthes, mais oh! quelles expériences vivrons-nous tout au long du chemin! »

Merci d'être là...
Annie xxx...

mercredi 8 décembre 2010

Les différentes formes du dialogue

Il existe différents types de dialogue que l'écrivain peut utiliser pour rapporter le discours de ses personnages. Les voici :

1- le style direct;
2- le style indirect;
3- le style indirect libre.


1- Le style direct :  


 « La présentation typographique du dialogue dans les livres peut revêtir différentes formes. Par convention, quand il s’agit d’une ou de quelques phrases, on cite les paroles des personnages entre guillemets, dans le corps du texte. » P.101, Atelier d’écriture en question, Du désir d’écrire à l’élaboration de l’écrit, André Marquis et Hélène Guy, Éditions Nota Bene, 2007.

Voici un extrait de L’histoire de Lisey écrit par Stephen King dans lequel ce procédé est utilisé.

Dans ce passage Lisey doit appeler à l’institut Greenlawn pour y placer sa sœur Amanda qui est devenue « végétale ».

C’était un enregistrement. Lisey s’était fait narder.
Ouais, mais qu’ils croient pas s’en tirer à si bon compte, pensa-t-elle en enfonçant la touche 5 pour Informations Relatives à l’Admission d’un Patient.
« Ne quittez pas, nous recherchons votre correspondant », l’informa l’agréable voix féminine, avant d’être remplacée par l’orchestre Prozac jouant un truc qui ressemblait vaguement à Homeward Bound de Paul Simon.
Lisey tourna la tête pour informer Darla qu’elle était en attente, mais Darla était montée jeter un œil sur Amanda.
Tu parles, se dit-elle. C’est qu’elle supportait pas le susp…
« Bonjour, Cassandra à votre service, que puis-je faire pour vous ? »
Prénom de mauvais augure, babylove, émit le Scott qui avait élu domicile dans sa tête.
« Je suis Lisa Landon… Mme Scott Landon. »

« Toutefois, dans un dialogue constitué de plusieurs répliques, on utilise le tiret pour signifier un changement d’interlocuteur. On peut ouvrir les guillemets devant le tiret devant la réplique initiale et les refermer après le tiret de la réplique terminale comme on peut omettre tout bonnement les guillemets et commencer l’échange verbal avec un tiret, sans ouvrir les guillemets. Il importe de choisir une convention et de la respecter tout au long du roman ou de la nouvelle. » P.101, Atelier d’écriture en question, Du désir d’écrire à l’élaboration de l’écrit, André Marquis et Hélène Guy, Éditions Nota Bene, 2007.

Voici un autre extrait de la même histoire citée ci-haut, dans lequel les guillemets sont utilisés avec les tirets.

« Je veux que vous placiez le chat dans votre congélateur, madame Landon. Vous pouvez le laisser dans le sac, c’est parfait. Quelqu’un passera le prendre demain pour l’emmener chez Kendall et Jesperson. Ce sont les vétérinaires avec qui nous travaillons. Ils tenteront de déterminer la cause de la mort…

— Ça ne devrait pas être difficile, dit Lisey. La boîte à lettres était pleine de sang.

— Hm-hmm. Dommage que vous n’ayez pas pris quelques clichés polaroïd avant de tout nettoyer.

— Oh je vous prie d’accepter mes plus plates excuses! s’écria Lisey, piquée au vif.

— Calmez-vous », dit Clutterbuck. Calme lui-même. « Je comprends que vous étiez choquée. N’importe qui l’aurait été. »

Pas vous, pensa Lisey avec rancune. Vous seriez resté aussi froid que… qu’un chat au congélateur.

Voici maintenant un extrait du cinquième tome de la série Harry Potter dans lequel on n’utilise que les tirets pour les dialogues.

Vers sept heures du soir, tous les invités étaient arrivés, sous la conduite de Fred et de George qui les avaient attendus au bout de la route. Pour l’occasion Hagrid portait son plus beau – et horrible – costume marron et pelucheux. Malgré le grand sourire que Lupin lui adressa en lui serrant la main, Harry trouvait qu’il avait l’air malheureux. C’était curieux, car Tonks, qui se tenait à côté de lui, paraissait tout simplement radieuse.

— Joyeux anniversaire. Harry, dit-elle, et elle le serra dans ses bras.

— Alors, ça y est, tu as dix-sept ans? lança Hagrid en prenant le verre de vin de la taille d’un seau que lui tendait Fred. Ça fait six ans qu’on s’est vu pour la première fois, Harry, tu te souviens?

— Vaguement, répondit celui-ci avec un sourire. C’était le jour où vous avez défoncé la porte, où vous avez fait pousser une queue de cochon à Dudley et où vous m’avez annoncé que j’étais sorcier?

— J’ai oublié les détails, gloussa Hagrid. Ça va, Ron, Hermione ?

— Très bien, assura Hermione. Et vous?

— Oh, pas mal. Beaucoup de travail, on a eu des bébés licornes, je vous les montrerai quand vous viendrez.

Harry évita le regard de Ron et d’Hermione pendant que Hagrid fouillait dans sa poche.

— Tiens, Harry, reprit Hagrid. Savais pas quoi t’offrir, mais je me suis rappelé que j’avais ça.

Il sortit une petite bourse à l’aspect légèrement duveteux, dotée d’un long cordon destiné de toute évidence à être passé autour du cou.

— De la peau de Moke. On peut cacher ce qu’on veut, là-dedans, et seul son propriétaire peut récupérer ce qu’il y a mis. Rares, ces trucs-là.

— Merci, Hagrid !


Dans un prochain billet, nous verrons le style indirect et le style indirect libre.
En espérant que cette information vous a été utile.
 
Merci d'être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx... 

lundi 6 décembre 2010

Entrevue virtuelle avec ALAIN M. BERGERON - Partie 1


Ce mois-ci, nous avons l'honneur d'accueillir en entrevue virtuelle monsieur Alain M. Bergeron, auteur jeunesse prolifique, renommé, finaliste au Prix palmarès Communication-Jeunesse (2002, 2003, 2004), finaliste au Prix du Gouverneur Général (2005), lauréat du Prix Monsieur Christie (2003). Les jeunes, mais aussi les grands, raffolent de ses livres...  

Nous tenons à le remercier d'avoir bien voulu jouer le jeu de l'entrevue virtuelle sur Roman en chantier. Fidèle à lui-même, Alain a répondu avec une très grande générosité et beaucoup d'humour !       

Je vous invite chaleureusement à lire ses mots sur sa relation avec l'écriture.


La relation d'Alain avec l’écriture

 
Roman en chantier : À quel moment dans votre vie s’est manifesté votre désir d’écrire et à quel moment avez-vous commencé à écrire ?

Alain : Le moment déclencheur de ma vie pour l’écriture, c’est lorsque j’ai eu mon garçon (1989). Je voulais lui laisser quelque chose de moi. N’étant pas du genre à construire des cabanes dans les arbres (dangereux pour lui… et pour moi à la fabriquer), je me suis dit que je pourrais essayer de lui écrire des histoires, ayant toujours adoré la lecture. J’ai gagné des prix avec ces récits, qui se sont transformés en livres. Voilà. Tout simplement. Par contre, j’avais déjà tâté l’écriture dans une vie antérieure alors que je jouais de la musique (on fait tous des erreurs dans notre parcours) et j’y faisais le récit d’un groupe de jeunes musiciens désireux de devenir les prochains Beatles… (25 ans après, j’ai utilisé cette trame pour écrire le livre «Les Tempêtes», chez Soulières Éditeur, 2004).

Roman en chantier : Est-ce que l’écriture est un besoin pour vous? Si oui, pourquoi?

Alain : Voilà une question à laquelle je ne m’étais même pas arrêté au cours des vingt dernières années… Je viens de réaliser que oui, j’adore écrire. Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est de créer une histoire : y réfléchir, prendre des notes, faire des recherches, trouver des gags, des rebondissements, mettre au monde des personnages, des univers, etc. Ça, c’est vraiment ma tasse de thé. L’écriture, c’est ce qui permet de déposer tout ça sur papier.

Roman en chantier : Écrivez-vous à temps plein? Ou en parallèle avec un autre métier?

Alain : J’ai commencé à écrire en 1989. Parallèlement, j’avais un travail de journaliste. Donc pour me changer les idées de mon boulot, le soir à la maison ou les week-ends, j’écrivais… J’ai fait les deux jusqu’à l’automne 2005. J’ai alors pris la décision de laisser mon emploi « sûr » de journaliste pour me consacrer exclusivement à l’écriture jeunesse. Je n’ai jamais, jamais, jamais (vous l’ai-je dit?) regretté mon choix. C’est un privilège immense de pouvoir gagner sa vie en faisant ce que l’on aime par-dessus tout. Je l’apprécie chaque jour !

Roman en chantier : Quelle est votre routine d’écriture? (Écrivez-vous le matin, l’après-midi, le soir ou pendant la nuit? Combien d’heures par jour? De quoi vous entourez-vous pour écrire? De photos? De plantes? De toutous? De vos chats? Écrivez-vous à la maison ou dans les cafés, dans les parcs ou en plein cœur de la nature? Avez-vous un espace juste pour vous? Si oui, à quoi ressemble-t-il? Etc.)

Alain : J’écris surtout le matin. Je suis un lève-tôt (pas besoin de beaucoup de sommeil, un avantage certain). Une fois ma fille (j’ai eu une fille en 1998) partie pour l’école, je peux me consacrer à mes projets de livre (création ou écriture). Sauf exception, je ne suis pas du genre à commencer à écrire à 8 h 30 et à filer sans arrêt jusqu’à midi. Il y a des pauses (re-petit-déjeuner; j’ai deux chiens qui me harcèlent sans cesse pour aller dehors, le téléphone, les courriels à vérifier, etc.). Physiquement aussi, j’ai les épaules et le dos en feu si je reste trop longtemps dans la même position. Alors, je bouge beaucoup. Il m’arrive même de quitter la maison pour aller poster des choses ou pour promener les chiens (un bon moment pour réfléchir). Comme je suis mon propre patron, ben… (mais un patron très exigeant, parfois un peu trop!)

Mon après-midi et mes soirées sont consacrés notamment à la correction de manuscrits (les miens) et d’épreuves, à essayer de répondre aux courriels les plus urgents (un retard chronique), à préparer les prochaines animations…

Je travaille au sous-sol, dans mon bureau. Sur mes murs, j’ai des dessins originaux d’artistes auxquels je suis associé (Marie-Claude Demers, Fil et Julie, Fabrice Boulanger, Stéphane Poulin, Sampar).

Toutefois, quand j’écris la première version de mon récit, là, je ne suis pas devant l’ordi, mais plutôt au rez-de-chaussée, dans une chaise berçante (le gros confort, quoi), devant la grande fenêtre de la cuisine qui donne sur les montagnes chez nous. J’écris toujours ma première version à la maison, dans un cahier (oui, je suis très high-tech).

Roman en chantier : Quelle partie dans la création d’une histoire préférez-vous? La gestation, le premier jet, le développement des personnages, la réécriture, etc. ? Pourquoi?

Alain : (voir la réponse #2). J’aime créer tout le contexte menant à l’histoire. Le fait d’avoir été journaliste pendant plus de vingt ans m’a aidé énormément à structurer rapidement mes récits, mes personnages et leur univers.

Je ne peux pas dire que ça m’excite terriblement de devoir reporter à l’ordi ce que j’ai écrit sur le papier (le récit terminé, jamais avant). Ça, c’est vraiment du travail. Cependant, une fois tout le texte écrit à l’ordi, là, je retrouve le plaisir à le corriger et à le recorriger. Jusqu’à ce que la directrice littéraire me retourne mon manuscrit corrigé… Alors là, les amis…

Roman en chantier : Si vous aviez à utiliser une métaphore pour décrire le type d’écrivain que vous êtes, quelle serait-elle?

Alain : Une boîte à surprises… On ne sait jamais ce qui va en sortir, mais on sait que quelque chose va émerger de tout ça…

Roman en chantier : Comment qualifiez-vous votre relation avec l’écriture?

Alain : Il y a pire métier dans la vie ! ;-)

J’essaie de ne pas laisser le doute s’installer. Parfois, je prends du recul sur ce que je fais et j’en ai le vertige. Quoi ? Gagner sa vie en écrivant ? C’est possible, ça ? Pendant encore combien de temps ? Mon côté rationnel cherche alors à s’imposer. Je dois le faire taire et vivre le moment présent, tout en n’oubliant pas les conséquences sur le futur. Ce que j’écris aujourd’hui me rapportera des sous dans un an ou deux… Car on ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche. C’est un plaisir immense, mais ça reste également une responsabilité et un travail. Je n’ai pas le luxe de me regarder pousser les ongles en attendant une idée…

Voilà pour la première partie de l'entrevue. La suite, dans un prochain billet.

Merci d'être là et de nous lire.
À bientôt,
Annie xxx...

mercredi 1 décembre 2010

Annonces en vrac !!

D'abord, la proposition d'écriture du mois de décembre est en ligne. Je vous invite à visiter ma page Propositions d'écriture pour découvrir un exercice sur le dialogue.

Ce mois-ci, tous mes billets, à part ceux de l'entrevue virtuelle, seront consacrés au dialogue.

Le dialogue, c'est tout un art, vous savez. Il n'est pas évident pour certains d'en écrire, tandis que pour d'autres, ils coulent de source. Pour apprendre à bien écrire un dialogue, je vous conseillerais de lire plusieurs romans policiers, notamment les romans d'Élizabeth Georges. Cette écrivaine maîtrise, entre autres, l'art de créer de la tension dramatique entre ses personnages par ses dialogues. Un autre conseil, et non le moindre : écrivez-en beaucoup. Plus vous en écrirez, plus vous excellerez.   
  
Que diriez-vous si les billets de chaque mois étaient dédiés à une facette différente de l'écriture? Auriez-vous des sujets sur lesquels vous aimeriez que je développe?

Si je vous le demande, c'est parce que je veux approfondir encore plus mes connaissances. Ne dit-on pas qu'on enseigne le mieux ce qu'on a le plus à apprendre? C'est comme ça que j'ai décidé d'apprendre : en écrivant sur l'écriture. Une pierre, deux coups, n'est-ce pas? Vous en bénéfierez et moi aussi!!

Alors, j'attends vos suggestions.

Ce mois-ci, nous avons l'honneur d'accueillir Alain M. Bergeron, auteur jeunesse prolifique, en entrevue virtuelle. Une belle rencontre...

Merci d'être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx...  

mardi 30 novembre 2010

NANOWRIMO - Jour 30

Voilà, c'est fait! J'ai écrit jusqu'à ce jour 50 673 mots. J'ai réussi mon NANOWRIMO! Il ne me reste plus qu'un dernier chapitre à écrire et mon histoire sera complète. Du moins, son squelette, ses bases : le canevas, comme l'a si bien exprimé une blogueuse dans son billet.

Sur l'heure du diner, aujourd'hui, Pierre, mon compagnon de vie (depuis 24 ans) m'a appelée. Il voulait savoir si j'avais atteint ou non mes 50 000 mots. Je l'ai rassuré en lui disant que oui. Il me trouvait plutôt distante, ces jours-ci, absorbée. C'est normal, c'est l'écriture d'un roman, c'est l'immersion dans un univers autre que le sien. Pierre avait hâte de me retrouver, je crois...

En décembre, je laisse refroidir mon premier jet. Puis en janvier, je commence les réécritures. J'ai hâte... Plonger plus creux dans mes personnages, dans leur vie, leur motivation, leur paradoxe, installer l'atmosphère, le décor, y décrire les senteurs, les réactions face aux senteurs, trouver un symbolisme, un motif récurrent (s'il y a lieu), peaufiner les dialogues, les scènes d'action, les descriptions, m'assurer que la tension dramatique soit présente dans toutes mes scènes, que la structure se tienne...

L'écriture d'un premier jet n'est que la pointe de l'iceberg de votre histoire, tout le reste est à découvrir durant les nombreuses réécritures qui s'ensuivront.

Un premier jet est dans sa nature une écriture imparfaite, il faut se le dire et se le redire. Et surtout accepter que cette étape soit inhérente au processus de la création littéraire. Le sachant, vous pourrez alors regarder votre premier jet autrement qu'avec les yeux de votre critique intérieur. C'est tout à fait normal qu'un premier jet soit pourri! Eh oui! Toutefois, l'expression « pourri » ne veut pas dire juste bon à jeter à la poubelle. « Pourri » veut dire être conscient de son imperfection, mais aussi des trésors qui s'y rattachent. Sous ce canevas se cachent inévitablement des pistes à approfondir. Des perles, jetées là, sur la page, par votre inconscient, qui sont prêtes à être cueillies. Ou, si vous voulez, des voies qui ne demandent qu'à être explorées. Alors, plongez, enfoncez-vous dans ces profondeurs inconnues, osez aller plus loin, au risque de vous perdre. On ne se perd jamais vraiment, de toute façon. Votre intuition et votre sensibilité d'écrivain vous guideront, ne l'oubliez pas. 

La réécriture est un art. 

Merci d'être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx...  
    

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