mardi 25 janvier 2011

L'Atelier « coaching personnalisé »

Eh bien oui ! J'ai ajouté, dans ma liste d'ateliers, un nouvel atelier : l'Atelier « coaching personnalisé ».

Je me lance !!! 

Ceux et celles qui veulent oser l'aventure de l'écriture, et qui aimeraient être guidés et supervisés par une personne ayant déjà parcouru le chemin, ce cours est fait pour vous ! 

Pour plus d'information, faites un petit tour à ma page Mes ateliers d'écriture. 

Ma passion pour l'écriture est telle qu'il me faut l'enseigner même à ceux qui se trouvent à des centaines de kilomètres de chez moi : vive l'Internet !! 

Mon objectif : aider ceux qui veulent écrire et qui sont prêts à mettre du temps (et surtout du coeur) dans leur projet. 

L'offre est lancée ! 

Si vous êtes intéressé(e)s, faites-moi signe !!

Annie xxx... 

samedi 22 janvier 2011

Les GUILLEMETS et les DIALOGUES

La semaine passée, lors de mes deux ateliers d’écriture, les participants et moi avons discuté sur la façon d’écrire un dialogue. C'est durant le cours du vendredi, cependant, que j’ai soudain allumé sur le procédé qui utilise les guillemets. Avant, je dois vous l’avouer, je ne comprenais cette technique que partiellement…

Vous savez, j’adore enseigner l’écriture, parce que j’y apprends énormément ! C’est fou…

Donc, c’est en lisant un extrait du roman L’indésirable aux participants que je compris en détail cette façon d’écrire les dialogues.

Belle technique, vous allez voir ! Plus je la découvre, plus je l’aime.

Allons-y avec un exemple tiré de mon imaginaire, un premier jet, avec quelques retouches, d’accord ? Et toute son imperfection : mon but, ne l’oubliez pas, est d’illustrer la méthode.

Aline marcha nerveusement vers Jean. Il ne l’avait même pas remarquée, ce qui augmenta son anxiété, et son cœur s’emballa. À tout moment, ses jambes pouvaient lâcher. Il ne le fallait pas, il devait le savoir. Décidée, malgré ses échasses flageolantes, elle se planta devant lui. « Je suis ta fille, dit-elle. » Il pouffa de rire. « Qu’est-ce que tu racontes, petite ? T’as mal dormi ?

− Non, j’ai la preuve ADN. Tiens… »

Il saisit le billet qu’elle lui tendait, et plus il le lisait, plus son visage blêmissait. Il braqua soudain des yeux sévères sur elle. Aline tressaillit. « Comment est-ce possible ? » demanda-t-il en lui remettant brusquement la feuille. « Je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas de femme, je suis seule depuis…

− Tu n’as jamais rencontré de femmes dans ta vie ?

− Ben, euh, fit-il, oui, quelques-unes, mais rien de sérieux…

− Tu ne t’es jamais imaginé que l’une d’entre elles aurait pu tomber enceinte de toi ? »

Il se frotta machinalement le menton, plissant les yeux. « Y a p’t-être cette gitane, Françoise, avec qui j’ai batifolé un peu plus longtemps…

− Francesca, peut-être ?

− Non, elle s’appelait Françoise ! Quand je l’ai connue, elle nichait face à l’océan Pacifique dans une espèce de caravane bleue qu’elle avait probablement tirée avec son vieux Jeep. »

Jean se mit à sourire, semblant tout à coup perdu dans ses souvenirs. Aline en profita pour sortir une photo de sa poche et la lui brandit sous le nez. « Cette caravane, par hasard ? » Il coula un regard vers elle. Ses yeux trahissaient une profonde incrédulité, de la peur aussi. D’un geste lent, il prit la photo et l’examina.

Ce qu’il faut comprendre avec cette technique, c’est que chaque fois que vous voulez introduire une phrase de la narration, vous devez fermer les guillemets pour les ouvrir plus tard, lors d’une réplique suivante, comme le démontre l’exemple ci-dessous.

« Je suis ta fille, dit-elle. » Il pouffa de rire. « Qu’est-ce que tu racontes, petite ? T’as mal dormi ?

Si je n’ai pas fermé les guillemets à la suite de la deuxième réplique, c’est parce qu’une autre réplique suivait directement. Dans ce cas précis, vous devez alors utiliser les tirets pour introduire cette nouvelle réplique. Et lorsque vous avez plusieurs répliques qui s’enchaînent, sans inclure de phrases appartenant à la narration, privilégiez les tirets.

« Je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas de femme, je suis seule depuis…

− Tu n’as jamais rencontré de femmes dans ta vie ?

− Ben, euh, fit-il, oui, quelques-unes, mais rien de sérieux…

− Tu ne t’es jamais imaginé que l’une d’entre elles aurait pu tomber enceinte de toi ? »

La première réplique est introduite par un guillemet qu'on ouvre, puis les suivantes sont précédées d'un tiret. Et la dernière réplique de l'échange se termine par un guillemet fermé. Voilà.

Ça va ? Vous me suivez toujours ? OK, alors on peut continuer.

Qu’en est-il maintenant des incises ? C’est très simple. Si elles sont brèves, vous les insérez à l’intérieur des guillemets. « Je suis ta fille, dit-elle. » Par contre, si elles sont longues, vous fermez le guillemet avant et écrivez l’incise après.

Il saisit le billet qu’elle lui tendait, et plus il le lisait, plus son visage blêmissait. Il braqua soudain des yeux sévères sur elle. Aline tressaillit. « Comment est-ce possible ? » demanda-t-il en lui remettant brusquement la feuille. « Je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas de femme, je suis seule depuis…

Et si une autre réplique du même personnage suit, vous rouvrez alors les guillemets comme je l’ai fait.

Pour conclure, voici un extrait tiré du roman de Sarah Waters, L’indésirable, P.136-137. Je vous conseille de prendre votre temps pour analyser la façon dont l’auteure utilise les guillemets et les tirets dans ses dialogues. Bonne lecture et bonnes découvertes !

« Ce n’était la faute de personne, dit Caroline. C’est ce beau-frère qui s’est déchaîné sur le clavecin. Et si les parents avaient su tenir la petite au lieu de la laisser courir partout — ou mieux encore, s’ils ne l’avaient pas simplement amenée… »

Ce qui nous ramenait exactement au point de départ, si ce n’est que, cette fois, c’est Caroline, sa mère et moi qui revécûmes le drame du début à la fin, chacun apportant sa vision légèrement différente des événements. De temps à autre, je jetai un regard vers Rod. Je le vis allumer une nouvelle cigarette — qu’il rata complètement, laissant tomber du tabac sur ses genoux —, je le sentais remuer sans cesse, s’agiter, comme agacé par nos voix. Toutefois, je ne m’étais pas rendu compte à quel point il se sentait mal jusqu’à ce qu’il bondisse soudain sur ses pieds.

« Assez ! fit-il. Je ne peux plus supporter ça. J’en ai assez entendu pour aujourd’hui. Excusez-moi, Maman, docteur : je retourne à ma chambre. Je suis désolé. Je… je suis désolé. »

Il parlait d’une voix si épuisée et se déplaçait si péniblement que je fis mine de me lever pour l’aider.

« Ça va aller ?

− Très bien », fit-il aussitôt, tendant une main comme pour me repousser. « Ne vous inquiétez pas. Réellement, je vais très bien. » Il eut un sourire peu convaincant. « Simplement, je me sens un peu minable, après ce soir. Je vais… je vais dire à Betty de m’apporter un caco. Après une bonne nuit de sommeil, je serai en pleine forme. »

Sa sœur se leva, se dirigea vers lui et glissa un bras sous le sien.

« Vous n’avez pas besoin de moi, Maman? fit-elle à mi-voix. Dans ce cas, je vais aussi vous dire bonsoir. » Elle me jeta un regard gêné. « Merci d’être passé nous voir, docteur Faraday. C’est très attentionné de votre part. »

Je fus contraint de me lever à mon tour. « Désolé de n’avoir pas pu apporter de meilleures nouvelles. Mais je vous en prie, essayez de ne pas trop vous inquiéter.

− Oh, je ne suis pas inquiète », fit-elle avec un sourire aussi brave que celui de son frère. « C’est gens peuvent bien dire ce qu’ils veulent. Ils ne toucheront pas à Gyp. Je ne les laisserai pas faire. »

Roderick et elle sortirent, le chien trottinant fidèlement sur leurs talons, rassuré pour le moment, par l’assurance de leurs voix.

Voilà.

Merci d’être là et de me lire !

Annie xxx…

vendredi 14 janvier 2011

25 façons d'améliorer son écriture en 30 minutes par jour

J'ai reçu aujourd'hui l'exemplaire du mois de février du magazine Writer's Digest. En le lisant, je suis tombée sur un article vraiment bien : 25 façons d'améliorer son écriture en 30 minutes par jour. Je vous partage la première dont l'auteur est David Morrell. 
ATTENTION ! Je vous préviens. Ce qui suit est une traduction libre, alors... comme je ne suis pas traductrice de métier, j'y suis allée du mieux de mes compétences en anglais. (en passant, google traduction m'a bien été utile) 

« Un morceau d’écriture est une chose vivante. Notre but, comme écrivain, consisterait à être au service de cela et à faire ce qu’il veut, à être son instrument. Le flux de mots circulant de notre tête jusqu'à la feuille (ou à l’écran) est principalement entravé par deux obstacles — quand nous forçons l’histoire à faire quelque chose qu’elle ne veut pas, ou quand une partie de nous n’est pas prête à aborder les implications du travail sur le thème et les émotions.

Une façon pour éviter ces blocages est de développer une relation avec votre texte, comme s’il était une vraie personne. Au début de chaque session d’écriture, spécialement lorsque vous n’arrivez plus à avancer, littéralement demandez à votre travail : “Qu’est-ce que tu veux faire ? Où veux-tu que j’aille avec toi? Pourquoi décroches-tu?” C’est un truc psychologique qui crée presque toujours une réponse imaginée, à l’instar de “Cette scène est ennuyeuse. Pourquoi veux-tu que je fasse ça?” ou “Cette section est bourrée de trucs artificiels. Pourquoi ne veux-tu pas être plus vrai avec ton sujet?” Le dispositif ne prend qu’une minute, pas trente, et avec les années, il a réussi à m’éviter l’écriture de nombreux passages qui auraient pu être inutiles ou encore malhonnêtes. » — David Morrel

Et vous, quels sont vos trucs pour débloquer votre écriture ? Je vous lance l'invitation à les partager aux autres pour que tout un chacun en bénéficie.
 
Je vous remercie à l'avance !
 
Annie xxx...   

mercredi 12 janvier 2011

Mon état d'âme...

Depuis deux jours, voire plus, je traîne une fatigue, celle-là qui revient parfois me hanter, plutôt me happer. Hier, j'étais tellement à terre, que je n'ai rien fait, à part dormir et lire. Et il y a mes sinus qui sont T-O-U-J-O-U-R-S congestionnés. Je suis T-A-N-N-É-E... Ce fichu de problème de sinus me tape sur les nerfs à la longue. Cela fait plus de 10 ans que j'ai ce problème. Tests d'allergie passés : rien donné. Chiro, orthothérapeute, naturopathe, produits naturels par dessus d'autres produits naturels. J'ai tout essayé, mais rien ne marche.

C'est quoi mon problème ?

Un de mes bons amis, un vieil homme d'une grande sagesse, m'a un jour dit : « C'est mental, Annie. » Quoi ! Mental ! Je ne l'ai pas cru. Ou j'ai dû ne pas le comprendre, à ce moment-là. Mais là, après toutes ces années, je réalise qu'il a peut-être raison. Mes sinus sont congestionnés, et la cause n'est pas physique, c'est parce que je pense trop... « Slaque le trottel ! » me dit souvent mon chum. Comment, pour une écrivaine, ne pas trop penser, alors que pour faire son métier, elle doit penser ? 

Et cette nuit, j'ai fait des rêves où j'étais de retour à l'école : j'étais en quatrième secondaire et je ne trouvais plus mon horaire, donc je ne savais pas à quel cours j'allais. Les minutes avançaient et j'allais assurément être en retard. Je paniquais. C'était le bordel dans ma case, pas moyen de trouver ce fichu horaire. J'étais très embarrassée. Souvent je fais ce rêve quand je ne suis pas en équilibre dans ma vie : il m'indique mon état d'être. Et là, je dois m'analyser pour comprendre ce qui ne va pas. Plus tard dans le rêve, il y avait des mini-tornades qui approchaient de moi. Pour moi TORNADE = COLÈRE !! Et ce matin, je pète une petite bulle à mes fils qui se querellaient à cause d'une niaiserie !

C'est quoi mon problème ?

Merci d'être là et de me lire.
Annie xxx...  

dimanche 9 janvier 2011

Le lâcher-prise et... l'écriture

Pourquoi tout contrôler?

Je suis une personne qui a cette fâcheuse tendance à vouloir tout contrôler : la maison (je déteste les traîneries), mes enfants (nombre d’heures devant l’écran, l’alimentation, l’étude…), ma créativité, surtout, en l’empêchant de respirer, en ne la reconnaissant pas comme il le faudrait, et lorsque je décide enfin de la laisser être, ce sont mes personnages que je contrôle… C’est ce que j’ai tenté de faire avec Adeline dans sa première aventure (Adeline, porteuse de l’améthyste). Mais j’ai vite compris qu’elle avait d’autres valeurs que les miennes, d’autres vues, que je ne pouvais pas lui faire faire tout ce que je désirais : elle avait ses propres motivations.

Pourquoi est-ce que je vous parle de cela? Parce qu’en ce moment, je suis dans l’écriture du premier jet d’une nouvelle littéraire et je prends conscience que chaque fois que je fais en sorte qu’elle se déroule d’une certaine façon, je bloque : je perds le goût de continuer à écrire. Décidément, ce n’est pas moi qui ai le contrôle. Je dois apprendre à lâcher-prise pour permettre à l’histoire qui veut se dire de prendre vie sous ma plume. Cette histoire est déjà complétée, ailleurs, dans un univers invisible (ou parallèle), et je n’ai qu’à la laisser passer à travers mon être, comme si j’étais un simple canal pour elle. Je suis convaincue (et vous le savez déjà, car j’en ai déjà parlé dans un ancien billet) que toutes les histoires sont déjà écrites quelque part. Nous, écrivains, n’avons qu’à les retranscrire sur papier ou à l’écran.

Ceci étant dit, comment fait-on exactement pour écrire l’histoire qui veut se dire, celle qui pousse en nous pour sortir, celle qui nous a choisis pour la rendre vivante? La réponse, selon moi, se trouve dans l’écoute intérieure.

Toutefois, le monde intérieur d’une personne est incroyablement vaste. Quoi écouter au juste et où regarder précisément? En effet, en nous se superposent plusieurs couches auxquelles nous avons accès par la pensée. Il y a d’abord la mémoire où reposent tous nos souvenirs, réminiscences de notre vie actuelle, mais aussi de celles que nous avons vécues avant… De plus, il y a ce que j’appelle la couche intérieure de surface, cette mer d’idées usées à la corde, enrichie depuis l’aube des temps par les mythes et les légendes et les nombreuses histoires déjà écrites qu’on a lues et entendues, relues et réentendues, et toutes ces images qui nous bombardent de tous côtés : télévision, films au cinéma, journaux, revues, Internet… Tout ce qui provient de cette couche n’est pas toujours authentique ni vrai. Ce qui l’est doit tirer son origine de la couche intérieure profonde. Quand l’histoire vient de la couche intérieure profonde de l’écrivain, on dit qu’elle est organique. Comment l’écrivain peut-il permettre à la vraie histoire, celle qui veut se dire, de parvenir enfin jusqu’à la feuille ou à l’écran?

L’expérience. Oui. Les écrivains qui ont une longue carrière derrière eux savent de quoi je parle. Ils ont, avec les années, développé leurs propres méthodes et techniques pour extraire la vraie histoire de cette couche intérieure profonde.

Cependant, il n’y a pas que les écrivains expérimentés qui ont accès à cette couche intérieure profonde. Je connais de jeunes écrivains qui ont déjà la maturité d’être à l’écoute de ce qui se passe à l’intérieur d’eux. Je crois surtout que pour écrire de façon organique, il faut d’abord taire la voix de notre critique intérieur pour ensuite écouter simplement ce qui est là, dans l’instant présent, en s’ouvrant à la dimension intérieure où l’histoire existe déjà. Il faut lâcher-prise sur tout ce qu’on connaît déjà et faire confiance. Voilà. Lui faire confiance, à elle : l’histoire.

Que vous en soyez conscient ou non, toute histoire qui cherche à passer à travers l’écrivain a quelque chose à lui enseigner. Et pour découvrir cette chose, ce dernier doit être humble.

Écrire de façon organique demande donc, d’une part, que l’écrivain mette de côté son égo pour laisser vivre ce qui veut vivre, et ainsi comprendre le message que toute cette fichue histoire tente de lui livrer, et d’autre part, qu’il s’émerveille face à la grandeur qui l’habite, qu’il en soit curieux, voire amoureux.

Le lâcher-prise… pour que nos personnages prennent leurs propres décisions, pour que la vraie histoire soit, pour que nous soyons témoins de sa manifestation.

Merci d’être là et de me lire.

À bientôt,

Annie xxx…

dimanche 2 janvier 2011

C'est beau la vie!

Voici un billet d'Isabelle, collaboratrice au blogue. Bonne lecture !

Je viens tout juste de commencer le nouveau livre de Christine Michaud « C’est beau la vie », et je suis déjà secouée! Dès le premier chapitre, je suis captivée et c’est au cours du troisième que je m’exclame : « Oh my God!!!! ». Bien sûr, j’ai tout de suite eu envie de vous en parler! Le résumé de la page de couverture indique ceci : « Vous avez entre vos mains un livre qui vous veut du bien… » Et c’est très vrai! Parcourir ces courts chapitres est plus que bon pour le moral!

Voici un extrait de ce que Madame Michaud raconte :

« Imaginez que l’on vous prépare un dîner de rêve… Vous avez l’opportunité d’inviter trois personnes de votre choix. Profitez-en pour convier celles qui vous impressionnent même si elles vous semblent complètement inaccessibles. Que vous pensiez à Céline Dion, le dalaï-lama ou Oprah Winfrey, elles accepteront avec grand plaisir… »
« Inscrivez ces trois noms sur une feuille… Maintenant, décrivez ces personnes en notant leurs qualités ou ce qui vous impressionne chez elles. Pourquoi les avez-vous choisies? »

Difficile de choisir seulement trois personnes! Il y a plusieurs auteurs, artistes, ou personnalités pour qui j’ai de l’admiration et que j’aimerais bien rencontrer. Mais je m’en tiens à la consigne indiquée. Voici donc mes trois choix : Céline Dion parce qu’elle m’impressionne de par son cheminement, Patrick Sénécal parce que j’adore ses romans et sa façon d’écrire et, finalement, John Lennon pour ses textes inoubliables.

Allez! Jouer le jeu vous aussi! Quelles sont les trois personnes avec qui vous aimeriez dîner et surtout, pourquoi?

« Alors, lisez attentivement ce que vous venez d’écrire parce que c’est de VOUS que vous parlez! »
« Surprenant, n’est-ce pas? Pourtant, vous avez assurément de nombreux points en commun avec vos trois invités. Vous êtes doté du même potentiel, de plusieurs qualités et talents similaires. Par contre, ce potentiel n’a peut-être pas encore complètement émergé du fond de votre être… »

Personnellement, c’est le genre de trucs qui me transporte, qui me permet de voir plus grand que grand et qui m’ouvre toutes les portes! Ça me rappelle aussi que ces gens que j’admire tant, à un moment donné dans leur vie, ont été au même niveau professionnel que je le suis actuellement. Tout devient alors possible pour moi!

Et vous? Êtes-vous surpris de ce que vous venez de découvrir? Y croyez-vous?

Isabelle

mardi 28 décembre 2010

Entrevue virtuelle avec Alain M. Bergeron - 3ème partie


Voici la dernière partie de l'entrevue fort intéressante avec l'écrivain jeunesse prolifique Alain M. Bergeron.


Les livres d'Alain et sa relation avec le monde de l'édition


Roman en chantier : Parmi tous vos projets, duquel êtes-vous le plus fier? Pourquoi?


Alain : La question à 100 000 $. Il y a le Capitaine Static, parce que j’adore la bande dessinée. Ajoutez L’Arbre de Joie, un roman qui a fait des petits et qui a semé d’autres arbres de joie dans des villes ; aujourd’hui, à chaque Noël, plus de 2000 enfants démunis reçoivent au moins un cadeau grâce à L’Arbre de Joie (en fait, c’est grâce aux gens qui ont mis sur pied une telle œuvre dans leur communauté); il y a les Savais-tu, vendus à plus de 300 000 exemplaires dans le monde; insérez quelque part l’album « Crème glacée, limonade sucrée ». N’oublions pas Zzzut ! qui m’a mis au monde littéraire. Les petits Chat-Ô en folie, un vrai délice. Un livre dont je suis le plus fier ? L’ensemble de ces réponses… Et je pourrais continuer avec Les Tempêtes, livre finaliste au prix du Gouverneur général du Canada. Et…

Roman en chantier : Lequel de vos personnages vous a-t-il fait le plus évoluer? Expliquez en quoi il vous a fait grandir.


Alain : Que des questions difficiles, ça, chère Annie !!! Le bassin de personnages est assez vaste. Allons-y donc avec David Bernard, personnage central du livre « C’était un 8 août » (Soulières éditeur). En bref, c’est l’histoire d’un garçon qui, en 1999, remonte le temps pour rencontrer son père, en 1971, alors qu’ils sont du même âge. On dit que nos premiers récits sont à tendance biographique et j’ose le croire, surtout dans ce cas-ci. J’aurais aimé connaître mon père en santé (il a été malade tout le temps où je l’ai côtoyé) et j’ai transposé ceci dans l’histoire. Ça m’a permis, effectivement, de grandir, en ce sens que j’ai pu faire la paix avec un passé pour lequel j’étais nostalgique… La nostalgie et la mélancolie du temps qui passe étaient de véritables boulets à mes pieds. En écrivant ce livre, je m’en suis libéré. Merci David Bernard.

Roman en chantier : Pour qui écrivez-vous? Les adultes? Les enfants? Les adolescents?

Alain : Le classique : j’écris d’abord pour moi, pour m’amuser, même si, je le répète, ça reste un travail. Quant à mon public, mes livres s’adressent aux 3 ans et plus, et j’inclus les adultes là-dedans, car j’aime mettre des petits clins d’œil aux adultes qui les liront, cela sans ralentir ou déranger le récit. J’ai aussi certaines publications qui rejoignent des adultes (Les Tempêtes, par exemple, ou L’initiation, chez Soulières Éditeur).

Roman en chantier : Combien de livres avez-vous écrits en tout?

Alain : J’atteins les 140 livres publiés cette année. L’an prochain (2011), je vais égaler et dépasser mon poids en livres (autour de 155…)

Roman en chantier : Wow ! Bravo ! Et le titre de votre plus récente parution est... 


Alain : Il y a dix ou onze nouveautés cet automne (2010). Allons-y donc pour Le Maître des Zions, la 4e aventure du Capitaine Static (Québec Amérique).

Roman en chantierÀ quelles maisons d’édition vos livres ont-ils été publiés?

Alain : Je travaille avec plus d’une douzaine de maisons d’édition : Les Éditions Michel Quintin, Soulières Éditeur, FouLire, Hurtubise HMH, Québec Amérique, Les Heures Bleues, Imagine, Bayard Canada, Erpi, Boréal Maboul, Les Éditions André Fontaine, La Courte Échelle, Les Éditions Pierre Tisseyre… Ça ressemble pas mal à ça.

Les lectures d'Alain


Roman en chantier : Que lisez-vous?

Alain : Des romans d’aventures, ces jours-ci. Mes lectures sont influencées par les projets sur lesquels je travaille. Actuellement, je nage en plein Bob Morane, pour me rappeler l’Aventure avec un grand A, un thème qui va colorer une nouvelle série (Billy Stuart), dont j’écris le quatrième tome (sortie 2011). Si je fais des Savais-tu ou le Capitaine Static, là, je me plonge dans les bandes dessinées. Vous le constaterez : même mes loisirs sont en fonction de mon travail… Petite vie, va !

Roman en chantier : Quels sont les auteurs qui vous inspirent le plus?


Alain : René Goscinny, le maître de l’humour fin, intelligent, drôle, qui ne tombe pas dans la méchanceté ou la grossièreté. Il y a aussi Henri Vernes (auteur prolifique de la série Bob Morane). Je suis un grand fan de François Gravel. C’est l’auteur québécois que j’ai le plus lu (tant ses œuvres pour adultes que pour enfants).

Je lis également beaucoup de bandes dessinées étrangères (Mutts, The Far Side, Calvin and Hobbes, Herman, etc.). Ajoutez à cela les œuvres de Peyo, Franquin et compagnie.

Je peux difficilement apprécier des livres destinés aux adultes. Ça me sort trop de mon monde d’histoires pour les enfants. Quand j’ai lu Le code DaVinci, j’en ai eu pour au moins deux ou trois semaines avant de pouvoir retrouver ma « bulle créatrice » jeunesse. On ne m’y reprendra plus… C’est le prix à payer (prix pas cher du tout) pour faire ce que je fais.

Les conseils d'Alain

Roman en chantier : Selon vous, quelles sont les principales qualités pour devenir un auteur qui publie?

Alain : Écrire, écrire, écrire et écrire. Il n’y a pas de secret, pas de miracle. Plus on écrit, plus on trouve son style et on devient à l’aise, plus notre travail est susceptible d’être un jour publié.

Roman en chantier : Quel serait le meilleur conseil que vous donneriez à un jeune écrivain désireux de percer dans ce métier?

Alain : De lire ce qui se fait, selon le genre littéraire que l’on souhaite explorer dans l’écriture. De ne pas s’arrêter à un échec (lire : un ou plusieurs refus à la suite de l’envoi de manuscrits; ça, je pourrais vous en écrire des pages et des pages; dans mes premières années d’écriture, je recevais sans cesse des lettres de refus – une cinquantaine en tout – ; mais je continuais quand même d’écrire. J’avais confiance qu’un jour mes histoires trouveraient leur éditeur. C’est ce qui s’est produit au bout de sept ou huit ans… ah, oui, il faut de la patience…)

Une fois le manuscrit envoyé, n’attendez pas près du téléphone une réponse de l’éditeur (il peut mettre jusqu’à un an avant de prendre une décision). Profitez de cette pause pour écrire autre chose. Si jamais votre manuscrit est accepté, l’éditeur peut être enclin à porter attention à votre travail suivant.

Finalement, ça fait plusieurs conseils, au même prix.

Voilà, cette entrevue conclut la série d'entrevues virtuelles de l'année 2010.

Merci d'être là et de nous lire.

Annie xxx...

dimanche 26 décembre 2010

JOYEUX TEMPS DES FÊTES !!!

À toutes et à tous, je souhaite un superbe temps des fêtes et une année 2011 remplie de tout ce que vous voulez, mais aussi de situations imprévues (car elles font évoluer...). Profitez de ce temps pour dire aux membres de votre famille que vous les aimez. Un « je t'aime » vaut mille cadeaux... Un « je t'aime » ouvre le coeur... Un « je t'aime » est parfois tout ce que nous avons besoin...

Alors, à toutes celles et à tous ceux qui lisent ces mots : « JE VOUS AIME !! ».

Merci d'être là.

Annie xxx...

mardi 21 décembre 2010

Une dure nouvelle !

Vendredi 17 décembre, un peu avant l'heure de mon atelier d'écriture, j'embarque dans ma voiture et je vais chercher mon courrier. Les casiers rouges sur le côté de la rue. En ouvrant ma boîte postale, je vois une clé avec une chaîne au bout de laquelle pend un rectangle plastifié bleu. Je la prends en soupirant, car je sais malheureusement ce qu'elle veut dire. Dans une case postale plus grande, il y a sûrement une enveloppe brune contenant mon manuscrit refusé. Un autre...

Eh bien oui! Telle ne fut pas ma non-surprise de voir l'enveloppe. Je la glisse sous le bras ainsi que les autres, puis j'insère la clé dans la fente supérieure et je me rassis dans ma voiture. Je n'ouvre pas l'enveloppe, pas tout de suite. Une fois arrivée à la boutique Au Café d'Art (c'est là où je donne mes ateliers), je regarde l'heure. Il me reste encore dix minutes avant le début du cours. Bon, je l'ouvre, sinon je n'arrêterai pas de penser à ça durant l'atelier. Je lis la lettre de refus, je suis déçue, profondément. Et triste aussi. Tout ce travail pour ça... Je bloque les émotions qui tentent de monter, puis je sors. Je veux me consacrer à mon rôle d'animatrice, sans que cette dure nouvelle affecte mon travail. Je réussis, l'atelier se déroule bien. Je me sens même heureuse après parce que j'ai partagé ma passion.

Je retourne à la maison, avec l'enveloppe ouverte et mes émotions soudain débloquées. Toute la soirée, je pleure! Quelle pleurnicheuse, me direz-vous? Oui, je vous répondrai. Je suis triste, car j'avais confiance en cette maison d'édition, mais elle m'a tourné le dos. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois qu'elle me tourne le dos. Elle l'a déjà fait pour d'autres manuscrits. Là, je pense que j'ai compris...

Les jours suivants sont pénibles. Je dois gérer mes émotions qui arrivent par vagues et qui me traversent le corps, tel un raz-de-marée. Je sens beaucoup de colère, de hargne, de désespoir. Je perds même temporairement le goût d'écrire... Ce refus soulève une autre souffrance, une vieille que je traîne depuis l'enfance. Le sentiment de rejet. Eh oui, je dois vivre avec ce petit problème qui, soit dit en passant, me fait énormément évoluer.

Toute cette histoire, donc, me fait comprendre qu'il me faut m'endurcir, que je dois croire en moi plus que les autres puissent le faire.

Oui, je sais, le plus important c'est le chemin et non la destination. J'ai même écrit un billet là-dessus. La vie s'est arrangée pour que je mette en pratique ce que j'ai prêché. Ah! Mais, entre vous et moi, trois refus en moins de deux semaines, c'est dur à encaisser, non?  

Tant pis pour cette maison d'édition, que je me dis. Celle qui a écrit Harry Potter n'a-t-elle pas essuyé plusieurs refus avant que son manuscrit soit finalement accepté? Imaginez ceux qui l'avaient refusé. Ils doivent s'en mordre les doigts aujourd'hui! Elle fait des millions, voire des milliards avec sa série.

Tant pis pour cette maison d'édition. Tant pis...

Aujourd'hui, j'ai écrit une nouvelle lettre de présentation. Après les fêtes, j'enverrai mon manuscrit à d'autres maisons d'édition. C'est ça, ma vie d'écrivaine. Je ne dois pas lâcher. Je dois reprendre confiance en moi. Ce n'est pas parce qu'une maison d'édition décide de ne pas publier mon manuscrit qu'il est bon à jeter aux poubelles. C'est juste que mon histoire ne leur convient pas pour XYZ raisons. Il y a sûrement sur Terre un lectorat pour cette histoire, je ne l'ai pas écrite pour rien, elle existe, car elle a quelque chose à dire à quelqu'un. Il me faut juste trouver le bon éditeur pour elle, et je vais le trouver.

Voilà.

Merci d'être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx...

jeudi 16 décembre 2010

Les différentes formes du dialogue - partie 2

Voici la suite du dernier billet sur les différents styles des dialogues.

2- Le style indirect : dans ce type de dialogue, le narrateur rapporte les discours de ses personnages.

   — Ses avantages : la fluidité. Les paroles sont rapportées, sans couper la phrase, en les incluant, la plupart du temps dans une proposition subordonnée.
   — Ses inconvénients : il entraîne la concordance des temps qui dénature la parole exacte, la modification des pronoms personnels et l'usage du que et du qui, alourdissant la phrase.

   Exemple :

« Quand Jeanne aperçut son frère marcher sur la rue Bronx, elle courut vers lui et lui ordonna de déguerpir au plus vite. Marc l’envoya paître, il lui balança qu’il avait un rendez-vous ultra important et qu’il ne devait pas être en retard. Jeanne tira brusquement sur son chandail et tenta de le ralentir. Mais avec ses gros bras tatoués, et d’un geste sans effort, il se libéra de sa prise en lui disant qu’elle n'aurait pas dû être là, que c’était dangereux pour elle. Elle lui répliqua que si ça l’était pour elle, ça l’était pour lui aussi. »

Dans ce style, il y a un verbe introducteur à la réplique des personnages.

3- Le style indirect libre : dans ce type de dialogue, le narrateur rapporte les discours des personnages, sans avoir recours aux propositions subordonnées.

  — Ses avantages : la fluidité. Il supprime quelques inconvénients : pas de subordination, pas de ponctuation, la parole est intégrée à la narration.
   — Ses inconvénients : il garde le changement de pronom et la concordance des temps. Le verbe introductif doit être subtilement amené, cela demande une certaine habileté. Il faut compacter : Elle bâilla : il était tard, elle devait rentrer.
Souvent une virgule remplace les deux points : Ses propos avaient été clairs, il viendrait demain.

Exemple :

« Quand Jeanne aperçut son frère marcher sur la rue Bronx, elle courut vers lui et tenta de le convaincre : il devait déguerpir au plus vite, cet endroit n’était pas pour lui, il valait mieux que ces voyous. Marc l’envoya paître, il avait un rendez-vous ultra important et il ne devait pas être en retard. Jeanne tira brusquement sur son chandail et tenta de le ralentir. Mais avec ses gros bras tatoués et d’un geste sans effort, il se libéra de sa prise en la sermonnant : elle n'aurait pas dû être là, c’était dangereux pour elle. Jeanne le fixa intensément du regard, si ça l’était pour elle, ça l’était pour lui aussi! »

Les répliques en bleu sont les paroles rapportées, mais sans verbes introducteurs.

Dans les romans où les dialogues remplissent les pages, il est bon de varier les formes pour casser la monotonie. Élizabeth George (encore elle, me direz-vous ! Eh bien oui. C'est une auteure qui maîtrise plusieurs techniques narratives et je l'admire !), auteure de plusieurs romans policiers, varie les formes de ses dialogues. Lisez Le cortège de la mort, son tout dernier livre, et vous le verrez. Le style direct est privilégié, mais nous y trouvons aussi les deux autres styles. De plus, elle écrit du point de vue de chacun de ses personnages. La lire est très nourrissant pour l'écrivaine que je suis!


Enfin, je tiens à vous préciser que pour écrire ce billet, j'ai d'abord butiné dans quelques bouquins, notamment Écrire une nouvelle et se faire publier de Mireille Pochard et Écrire, Un plaisir à la portée de tous de Faly Stachak. Deux livres fort intéressants, que je suggère aux mordus de la création littéraire !  








Merci d'être là et de me lire !
Annie xxx...








lundi 13 décembre 2010

Entrevue virtuelle avec ALAIN M. BERGERON - Partie 2


Voici la suite de l'entrevue fort intéressante avec Monsieur ALAIN M. BERGERON, écrivain jeunesse, talentueux et prolifique, ayant écrit plus de 100 livres.

Le processus créatif d'Alain


Roman en chantier : Comment visualisez-vous votre manière de créer? (Par exemple Mireille Pochard, dans son livre Écrire une nouvelle et se faire publier, explique que lorsqu’elle écrit, elle visualise une pelote, elle imagine que tout est déjà à l’intérieur d’elle, qu’elle ne crée rien, qu’il suffit de dévider… Ce qui n’exclut pas quelques nœuds qu’il faut défaire pour avancer !) Qu’en est-il avec vous?

Alain : Une pelote ? Tiens donc… Dans mon cas, c’est beaucoup plus simple : je me vois en train de noircir des pages de mon cahier. Bon, avec cette réponse, je ne noircirai pas des pages de ce questionnaire… Je ne me casse pas trop la tête sur le processus créatif. C’est quelque chose d’extrêmement compliqué en somme. Qu’est-ce qui génère une idée ? Comment en arrive-t-on à assembler des mots pour en faire une histoire qui plaira ? Trouverais-je un jour un nouveau projet ? L’auteur, comme le musicien ou l’artiste, est-il simplement un canal, connecté à une source d’inspiration commune ? Allez donc savoir. Je préfère ne pas me casser la tête avec des théories et je privilégie l’action : écrire, point à la ligne.

Roman en chantier : Comment naissent vos histoires? Est-ce le personnage qui arrive en premier, l’intrigue, la situation, une atmosphère, un décor? Est-ce vous qui décidez de l’histoire ou bien vos personnages?

Alain : La première chose qui m’importe dans un récit, c’est la chute ! S’il n’y a pas de chute, il y a des personnages qui se promènent dans le vide et qui espèrent une histoire qui n’aboutit pas. Il peut arriver que des personnages soient créés sans que je sache trop quoi en faire. Pour ne pas les oublier, je les écris dans un cahier et j’attends moi aussi qu’une histoire, avec une chute, se compose dans ma petite tête. Ça peut prendre des journées, des heures (des minutes également), des mois ou ne jamais se produire carrément.

Comme j’ai un calendrier de production – n’ayons pas peur des mots – et que je planifie mon travail environ une année à l’avance, je sais toujours ce qui s’en vient pour moi (à quelques surprises près, ce que je me permets). Par exemple, je peux avoir une idée très vague pour les prochains Petits pirates (Boréal Maboul), idée que je ne retravaillerai que dans un an. On dirait que lorsque cette échéance approche, certains fils dans mon esprit se rejoignent et concoctent quelque chose. Si bien qu’au moment où je dois écrire l’histoire, tout est presque prêt à sortir.

Pour ce qui est de mes personnages, même si je les entends dire les répliques, c’est moi le patron, malgré ce qu’ils prétendent. Parfois, ils vont tellement vite que j’ai peine à les suivre et à tout écrire. C’est aussi pour cette raison que j’écris à la main dans un cahier. Ça va beaucoup plus rapidement qu’à l’ordi (et je ne risque pas de perdre mon texte, comme ça m’est arrivé dans les premières années).

Roman en chantier : Comment procédez-vous pour vous immerger dans la conscience de vos personnages et réussir à les ressentir de l’intérieur?

Alain : Je me glisse dans leur peau, tout simplement. J’ai une dizaine de séries un peu partout, mais la « voix » de chaque personnage est distincte, même s’il peut y avoir certaines ressemblances au bout du compte (du conte?). Je sais comment chacun réagit devant telle situation. N’oublions pas également la directrice littéraire qui reçoit le texte et qui, elle aussi, connaît les personnages.

Roman en chantier : Utilisez-vous un plan pour écrire? Ou au contraire, écrivez-vous votre premier jet en vous fiant à ce qui vient tout simplement, à votre inspiration? Comment procédez-vous?

Alain : Que ce soit pour un petit album de 16 pages ou pour un roman de 220 pages, le processus d’écriture demeure toujours le même : d’abord le plan. Je fais souvent l’analogie avec mes animations. Si je n’ai pas un plan pour me rendre à l’école, je vais me perdre, ça, c’est garanti. Pareil pour l’écriture. J’écris un résumé de l’histoire qui doit tenir en un paragraphe. Ensuite, j’écris toutes les idées qui me viennent en tête pour enrichir le récit. Enfin, je divise mon histoire en chapitres (selon le public cible) et je fais un résumé pour chacun des chapitres. Ainsi, je sais toujours dans quelle direction je m’en vais. J’ai écrit une fois un texte à l’aveuglette et je ne me suis pas rendu à destination. Le temps étant précieux, je n’ai plus répété l’expérience, merci.

Roman en chantier : Jusqu’à quel point la part de votre inconscient est-elle présente dans votre écriture? (Y faites-vous confiance? Comment travaillez-vous avec lui? Durant le premier jet? Dans la réécriture? À chacune des étapes de la création de votre histoire? Comment le visualisez-vous? Une fée avec une baguette magique? Un maître écrivain assis sagement à son bureau au sommet d’une montagne? Comment qualifiez-vous votre relation avec votre inconscient? Etc.)

Alain : Quand je sais que je vais écrire le lendemain, peu importe où j’en suis dans mon histoire, je me conditionne toujours avant de me coucher. On pourrait appeler cela du renforcement créatif. Effectivement, j’ai l’impression que mon inconscient a quelque chose à faire dans tout ça. Ironiquement, de se prénommer Alain et d’être conscient de faire appel à l’inconscient, c’est assez subtil, merci. Prenez votre temps, là…

Je fais une série de livres-documentaires-bandes dessinées (Savais-tu ? aux éditions Michel Quintin) où je dois créer 29 gags à partir d’une simple phrase. Ce qui n’est pas toujours évident. Quand je bute sur certains gags, le soir avant de me coucher, je me conditionne à trouver la solution à mon problème. Et cette solution apparaît assez rapidement le lendemain.

Roman en chantier : Quels sont vos trucs pour annihiler l’effort de votre critique intérieur à saboter votre écriture? (Quand vous êtes bloqués, que faites-vous pour vous en sortir?)

Alain : Pour l’écriture de romans, en fait, je ne bloque jamais, en raison du plan mentionné plus haut. Je peux parfois trébucher sur des phrases, mais je me donne aussi la chance de ne pas atteindre la perfection dès le premier jet, d’être humain, finalement.

Ma vingtaine d’années en journalisme me sert beaucoup également. À une douzaine de textes par semaine (journal), on n’avait pas le loisir de s’éterniser sur une virgule.

Quant à mon critique intérieur, le salaud, je l’ai congédié pour sabotage ! Je peux très bien me débrouiller sans sa contribution. Quelqu’un m’avait déjà dit qu’on n’est pas aussi pourri qu’on le pense… pour ajouter dans un même souffle qu’on n’est pas aussi bon qu’on le souhaite…

Donc, ne soyons pas trop durs pour nous-mêmes, tout en gardant les pieds sur terre.

Cette entrevue hyper intéressante n'est pas encore terminée, heureusement. Dans un prochain billet, vous pourrez lire la dernière partie (snif! snif!) de notre entretien avec Alain.

Merci d'être là et de nous lire.
À bientôt,
Annie xxx...

jeudi 9 décembre 2010

Les États d'Âme de 21 heures

Je me sens bien avec moi-même.
Je patauge dans le chaos.
J'écris.
Une nouvelle histoire. Une nouvelle littéraire. Contrainte : vingt pages maximum, double interligne. Genre : fantasy, fantastique ou science-fiction. J'ai choisi fantasy!!
Dans le même temps, j'ai terminé la lecture d'un livre extraordinaire, qui m'a permis de me réconcilier davantage avec ce que je suis. Son titre : The ART of FICTION WRITING, d'Émily Hanlon. J'ai beaucoup aimé ce que j'y ai lu. J'ai même adoré! J'ai enfin trouvé un livre qui m'expliquait ce que je vivais, et ce que je vis encore, avec ma créativité. C'est tout à fait génial! 

Je me sens bien avec moi-même.
Depuis le Nano, il s'est passé un truc, une porte s'est ouverte, une paix est entrée et s'est installée en moi. Je me sens calme et posée, comme si enfin je n'avais plus peur des pensées des autres sur moi et sur ce que j'écris.
Et pourtant, j'ai reçu deux refus, ces derniers jours. Ma nouvelle Une espionne au supermarché n'a pas été retenue pour la revue Zinc. Et j'ai reçu, aujourd'hui, par la poste, une enveloppe contenant l'un de mes  manuscrits (celui destiné à un lectorat de huit ans et plus) accompagnée de ma lettre de présentation. À l'intérieur, aucune lettre de refus. Rien. Nada! Bon. Ce n'était sûrement pas la bonne maison d'édition pour cette histoire...

Je me sens bien avec moi-même.
Une confiance est là. Une paix.
Je rigole avec mes fils, avec mon conjoint. On est heureux, on s'aime. Oui, oui, on s'aime! L'amour est tout! Oui, oui, l'amour... Entre un écrivain et ses personnages, entre un écrivain et son histoire, entre un écrivain et ses idées, entre un écrivain et ses lecteurs. Oui, oui... Si on écrit, c'est tout simplement par amour. Bon, là, la fille disjoncte, hein? Non, non, je suis très saine d'esprit. Je suis HEUREUSE. Même après avoir essuyé deux refus... Cé t-y pas beau un peu!! ;)

C'est comme ça. Le bonheur n'est pas la destination, mais le chemin. Celui que je traverse à chaque instant de ma vie. Et comme Émily Hanlon l'explique dans son livre The ART of FICTION WRITING (et j'en fais une traduction libre) : « Si nous considérons la créativité comme un périple, alors il n'y a aucun échec ; des routes s'arrêteront, c'est sûr, et des voies deviendront des labyrinthes, mais oh! quelles expériences vivrons-nous tout au long du chemin! »

Merci d'être là...
Annie xxx...

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