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samedi 2 octobre 2010

Se lever le matin...

Se lever le matin...

Se lever le matin...
avec le goût de rien
Un vent de fatigue
qui ralentit le corps
qui gèle l'esprit
qui anéantit...

Se lever le matin...
avec le goût d'être aimée
telle une assoiffée
ayant parcouru le sable,
avalé la sécheresse
ne désirant que l'hydromel
d'un baiser

Se lever le matin...
fragile comme du papier de soie
un simple souffle
un refus
et le voilà qui se déchire
et tombe en morceaux
  
Se lever le matin...
en larmes
des heures durant
avec ce manque
là, en dedans
qui se lève comme un ouragan
qui innonde tout
qui détruit...

Se lever le matin...
avec cette voix 
« T'es responsable, t'es responsable... » 
OUI... JE SAIS!
Elle sera toujours là
Cette tourmente orageuse
qui s'abat sur mon coeur
sur ma vie

Que faire pour ne pas sombrer?

Se lever le matin...
 saisir un crayon
ouvrir un cahier

et...  

ÉCRIRE!

Plus que jamais, merci d'être là...
et de me lire!
Annie xxx...



jeudi 2 septembre 2010

Émotions transversales

Voici un billet de mon amie Isabelle.

J’entends souvent les gens se plaindre que leur existence n’est pas facile, qu’ils sont rudement mis à l’épreuve, etc. Je reconnais avoir moi aussi mes épisodes de pessimisme concernant la vie et le sort qu'elle me réserve.

En tant qu'auteur, pourquoi ne pas profiter de tout ce que le destin nous apporte de beau ou de difficile, et l'utiliser comme outil? Les différentes expériences que nous traversons sont riches en émotions et celles-ci peuvent s'avérer fort pratiques lorsque vient le temps de décrire les sentiments éprouvés par nos personnages. Après tout, qui de mieux placé pour dépeindre une peine d’amour que quelqu’un qui en a vécu une?

Cependant, je ne crois pas me tromper en disant qu’il n’est pas nécessaire d’avoir connu une situation pour pouvoir décrire l’émotion qui y est rattachée. Appelons cette habileté une « émotion transversale » (en référence aux compétences transversales du milieu scolaire.)! Il s’agit d'emprunter l'émotion ressentie dans une situation précise et de la transposer dans un autre contexte.

Voici un exemple :

Rachel se laissa tomber sur le canapé, ses jambes refusant de la porter davantage. Tout ce qui l’entourait perdit soudain de l’éclat et devint flou. Malgré la chaleur de l’été, la jeune femme frissonna, complètement glacée, comme si tout le sang dans ses veines avait cessé de circuler.

− C’est impossible… répétait-elle sans arrêt depuis qu’elle avait reçu cet appel.

Elle remonta ses genoux sur sa poitrine et les encercla de ses bras en y enfouissant son visage. Elle serra ses jambes de toutes ses forces, essayant de protéger son cœur de l'énorme main qui voulait s'en emparer et le presser comme un étau, jusqu'à ce qu'il éclate. La boule qui avait pris place au niveau de sa gorge se gonfla. Une boule de mots, de questions, de remords et de regrets. Une boule qui brûlait comme du venin.

− POURQUOI? cria-t-elle autant que ses poumons le lui permirent, tentant du même coup de cracher le poison. POURQUOI MARC!!!

Lorsqu’elle releva la tête, ses joues étaient inondées de désespoir. Elle se laissa glisser sur le sol où elle se recroquevilla, secouée d’incontrôlables sanglots. Elle frappa et frappa encore le plancher de ses poings, ignorant la douleur qui irradiait ses mains. Pendant de longues minutes, elle hurla sa souffrance et son mal-être. Puis l’épuisement fit son œuvre et installa en elle un calme amer. Cependant, rien ne put endormir son chagrin.

Je n’ai jamais perdu mon conjoint, ni un membre de ma famille ou encore un ami proche. J’ai, par contre, vécu des expériences qui m'ont confrontée à de profondes inquiétudes et à une angoisse intense. Je n’ai eu qu’à repenser à ces tristes événements pour faire ressurgir mes souvenirs tant émotionnels que physiques. Ce n’est pas un processus toujours facile à appliquer, je dirais même qu'il est plutôt souffrant, mais combien libérateur! En fait, c'est une thérapie en soi.

Je me serais volontiers passée de certaines des épreuves que la vie a mises sur mon chemin et je mentirais en disant que je suis heureuse qu’elles me soient arrivées. Mais, voilà, je les ai vécues et elles font désormais partie de moi. Aussi bien en profiter!

Bonne écriture!

Isabelle

mercredi 1 septembre 2010

Écriture et guérison

En juillet 2008, nous avons perdu notre chat Pasha. Il partageait notre vie depuis janvier 2000. Huit ans! Et son décès m'a profondément bouleversée, puisque ce chat m'a aidée à traverser des moments difficiles : épuisement professionnel et problèmes de santé chronique, tant émotionnelle que physique. Souvent, quand je me sentais déprimée, ou très mal dans ma peau, Pasha venait me rejoindre, montait sur mes genoux ou s'assoyait derrière moi sur ma chaise et se mettait à ronronner. Simplement. Sa présence me réconfortait. Chère petite créature de Dieu... Sa perte fut éprouvante. Car je perdais un ami. Je l'ai pleuré longtemps. Les semaines passaient, et cette tristesse ne me quittait pas. Dès que je repensais à lui, la boule dans ma gorge se reformait et d'autres larmes s'écoulaient de mes yeux. Puis un jour, je me suis dit qu'il fallait que je tourne la page, que je guérisse de la perte de mon chat adoré que je croyais invincible (jamais il n'était malade...). 

Je me suis donc assise dehors avec mon portable et j'ai écrit durant tout un après-midi. J'ai inventé une histoire d'une fille qui avait perdu son chat et j'y ai mis toutes les émotions que j'avais vécues, tous les détails de mon expérience. J'ai évacué. Cette tristesse devait sortir de moi, car elle m'empêchait d'être heureuse. J'étais encore trop attachée à mon chat, à sa présence lumineuse et réconfortante dans ma vie. Je m'ennuyais de lui. Je voulais qu'il revienne... Les pertes font mal, vous savez, c'est comme une coupure, tranchante, nette, définitive. Pourtant, je sais qu'il n'est pas mort : l'âme, elle, continue de vivre, quelque part dans un autre monde, ou dans un autre corps, peut-être d'un chat, d'un chien, d'un dauphin... ou d'un être humain! Mais ma relation avec Pasha, elle, dans ce monde-ci, était définitivement terminée... J'ai tout écrit. 

Puis j'ai guéri. Les jours qui ont suivi, lorsque je repensais à mon chat, je n'avais plus envie de pleurer, ma tristesse s'était envolée... L'émotion était sortie de moi, j'en étais libérée. 

Le médium de l'écriture peut servir différents buts : d'abord à guérir, en insufflant dans nos personnages les émotions tenaces et dérangeantes qui nous empêchent d'être heureux, puis aussi à faire passer de beaux moments aux lecteurs, en les instruisant, en les émouvant, les faisant rire, pleurer, en élevant leur conscience par notre prose, notre poésie, notre amour pour raconter des histoires.  

Et vous, vous est-il déjà arrivé de guérir grâce à l'écriture? J'aimerais vous entendre... vous lire!

Merci d'être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx...  

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