Pour faire suite au billet de Patrice, que vous pouvez lire ICI, j’ai rédigé un billet sur mes principales faiblesses comme écrivaine. Les points sur lesquels je dois travailler plus fort. Je vous les livre en toute humilité. Je n’ai pas de gêne à le faire, car je sais pertinemment que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Je n’ai publié qu’un seul roman… Même si j’aime beaucoup mon histoire, ce roman est imparfait. Je suis consciente qu’il contient de nombreuses faiblesses. Mais je l’aime quand même, car c’est le premier que j’ai publié et c’est avec lui que j’ai pu entrer dans le milieu de l’édition. Il m’a donc ouvert une porte…
Voici donc ces fameuses failles sur lesquelles je dois me pencher pour devenir un meilleur écrivain :
1) Le manque de précision dans ma visualisation.
Je ne visualise pas toujours très bien le milieu dans lequel évoluent mes personnages. Ce qui, dans ma narration, crée un effet d’un vide, de « non-ancrage ». Mes personnages semblent presque toujours être en apesanteur. Ne s’en tenir qu’à l’action et aux dialogues crée un manque d’atmosphère. Comme auteure, je dois apprendre à prendre le temps de m’imprégner du décor où les actions se déroulent, à m’immerger de l’atmosphère de la scène, de la sentir, de la vivre, pour ainsi mieux noter les détails signifiants qui habitent l’instant présent de mes personnages et qui apportent de la profondeur, de la texture à la description et à la narration.
2) Le manque de réflexion.
Je ne réfléchis pas toujours avant d’écrire. Ayant une imagination extrêmement vivante et débordante, j’écris donc ce que je vois, ce que j’entends, au fur et à mesure que les scènes se déroulent dans ma tête. Mais écrire de cette façon, si je ne suis pas totalement à l’écoute de la vraie histoire, de celle qui veut se dire, mène souvent vers des impasses : des situations contradictoires, par exemple, ou des frictions entre deux visions différentes. Ce qui, par la suite, nécessite de nombreuses réécritures et un travail énorme de réflexion.
3) Le manque de vision.
Souvent quand j’écris, surtout durant le premier jet, je ne sais pas vraiment ce que je veux dire aux lecteurs. Vous savez, ce « message » que tant d’écrivains véhiculent dans leur texte. Il y a des auteurs qui connaissent déjà en partant ce qu’ils veulent faire, ils sentent qu’ils ont un message à transmettre à un lectorat cible et utilisent leur imagination pour écrire une histoire qui montre les valeurs auxquelles ils tiennent ou celles qu’ils veulent dénoncer. À ces auteurs, je lève mon chapeau ! Moi, malheureusement, je ne suis pas comme ça. Je ne sais pas pourquoi. Et je crois que c’est une faiblesse, car écrire est un acte de communication, on communique quelque chose à quelqu’un, comme le dit si bien Élisabeth Vonarburg, dans son livre Comment écrire des histoires. Donc celui qui communique doit évidemment savoir ce qu’il veut dire par son histoire. Et à qui il veut le dire. Il doit avoir au départ une vision. Pourtant, quand je commence à écrire une nouvelle histoire, ma vision est presque toujours floue. J’ai une vague idée de ce que je veux dire, mais sans plus. Ma vision se précise, par contre, au fur et à mesure des réécritures. Mais à quel prix ? Beaucoup de temps perdu à réfléchir, à démêler les nombreux fils d’intrigue du roman, à réécrire…
4) La surutilisation des virgules et des deux points.
Dans la frénésie du premier jet, les virgules et les deux points se jettent spontanément sous ma plume, et pas toujours de la bonne façon. Mes phrases s’allongent et deviennent parfois incompréhensibles. Je dois toujours me relire pour bien cerner le sens de ma phrase, et ensuite la réécrire en modifiant la ponctuation.
5) Une imagination chaotique.
Mon imagination ressemble à une rivière qui dégèle au printemps : elle déborde… Je dois apprendre à canaliser cette énergie créatrice en faisant des exercices d’écriture régulièrement, sinon, lorsque j’écris pour avancer une histoire, toutes sortes d’idées me viennent et elles ne sont pas nécessairement bonnes pour l’histoire en cours d’écriture. Je dois donc faire le ménage dans le chaos de mon imaginaire, et pour y réussir, m’astreindre à un exercice d’écriture libre par jour ! Les livres de Natalie Goldberg, dont Writing Down the Bones, Thunder and Lightning et Wild Mind Living the writer’s life pourraient s’avérer d’excellents compagnons pour ce genre d’exercice…
Voilà. C’était mes principales faiblesses, comme écrivaine. J’en ai d’autres, bien sûr… Commençons par travailler sur elle, ensuite, je m’attaquerai aux autres. ;)
Merci d’être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx…