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dimanche 19 septembre 2010

La colère d'Ingrid

Des portions d'histoire, des premiers jets, qui passent à travers moi. En voici une.

Mais avant, vous devez savoir qu'au départ, avant d'écrire la première phrase, je ne sais pas où je vais. Je l'écris puis la seconde s'enchaîne, et une image se forme, j'entre alors dans une atmosphère. C'est comme si je tombais dans la « tanière du lapin », dans un monde merveilleux, ce monde qui se dévoile devant moi. Voilà, j'y suis. J'ai traversé la porte et je peux écrire librement ce que je vois, ce que je ressens, ce que j'entends...

Elle parlait, parlait, parlait... Il en avait plus qu’assez. Quand est-ce qu’elle arrêterait? Sa voix entrait dans sa tête et l’étourdissait. Depuis dix minutes qu’elle était dans son bureau, figée devant sa table de travail et débitant toutes sortes de paroles. Elle était en furie, aucun doute, juste à voir son visage plaqué rouge et sa bouche crispée. Et son regard… Il était sûr qu’elle l’aurait tué si ses yeux avaient été des fusils. Deux coups dans la poitrine : pan! pan! En plein cœur. Le cœur… L’amour… Ah! Zut! Il venait de comprendre. Hier soir, avant de quitter le bureau, elle lui avait glissé un petit papier dans sa main. Il ne l’avait pas lu. Mais pourquoi donc? Ah oui! Gail, sa patronne, l’avait demandé dans son bureau d’urgence. Ensuite, il n’avait plus pensé à ce bout de papier. Mais où était-il donc? Peut-être l’avait-il égaré. Il l’ignorait.


Il prit une grande respiration avant de se lever. Il glissa une main sur sa nuque en penchant la tête sur le côté.

─ Écoute Ingrid, je n’ai…

─ C’est ça! Tu n’es même pas foutu de lire mes petits mots!

─ C’est Gail, elle voulait que je travaille sur un proj…

─ Ouais! Je le sais, c’est elle que j’ai vue hier, à ta place. C’est une belle farce que tu m’as faite, là!

Ingrid qui avait les yeux cernés et rougis par les larmes, comme si elle avait pleuré toute la nuit, contourna la table de travail pour se planter devant Marius. Elle tremblait tant la colère bouillonnait en elle.

─ Espèce de salaud! Tu ne me feras plus une chose pareille!

Elle lui sacra un coup de genou dans les parties. Marius se plia en deux en gémissant.

─ Tu es folle ou quoi?

Sans répondre, Ingrid sortit de la pièce, laissant Marius seul avec sa conscience.

Merci d'être là et de me lire.
Annie xxx...

dimanche 30 mai 2010

La perle noire


Avec ses doigts qui tremblent de plus en plus, Jasmine tire délicatement sur le ruban, et le paquet s'ouvre. Elle retient son souffle. Au fond de la boîte, une perle noire déposée sur un pétale de rose. Wow... Il y a un petit parchemin enroulé juste à côté. Elle le prend et lit : « À toi, pour toujours. De moi. »
Encore lui...
Elle dépose la perle sur sa table de nuit et l'observe. Mais qui peut-il bien être ? Ce n'est pas la première fois qu'elle reçoit un présent de ce prétendant anonyme. Inquiète, mais aussi ravie, elle coule un regard vers sa bibliothèque où reposent un bracelet indien, une patte de lapin porte-bonheur, un coffret en bois peint, une plume blanche, un couvre-livre en cuir travaillé à la main, une rose séchée dans un verre de cristal et un collier de minuscules pierres blanches. Elle frissonne. Elle prend vite la perle et va la mettre à côté des autres cadeaux.
Puis une idée lui traverse l'esprit. Se pourrait-il que ce soit Jean ? Aujourd'hui, dans son cours de mathématique, il la regardait plus souvent que d'habitude. Vendredi dernier, à la sortie de l'école, elle aurait juré l'avoir vu en train de l'épier derrière un arbre. Et ces coups de téléphone qu'elle reçoit. Tous les matins, vers six heures trente-cinq, son cellulaire sonne. Elle répond, mais personne ne parle à l'autre bout du fil. Rien. Que le silence, puis on raccroche. Ce rituel dure depuis bientôt un mois, depuis que Jean Rouet est arrivé à son école.
Jean, un garçon discret, aux yeux verts-gris et aux cheveux noirs très courts, qui a toujours ses écouteurs de iPod dans les oreilles et un livre dans les mains. Un intello-sportif, puisqu'il fait déjà partie de l'équipe de basketball interscolaire. Elle le voit rarement entre les cours. Il doit sûrement se cacher au fond de la bibliothèque ou faire rebondir un ballon dans le gymnase.
Jasmine scrute chaque cadeau qu'elle a reçu. Ces petits trésors, elle les trouve toujours dans son sac d'écoles logé dans sa case qui est barrée ! Comment fait-il ? C'est un magicien ou quoi ? À moins qu'il ne connaisse déjà son numéro de cadenas. Qui pourrait le lui avoir divulgué ? Il n'y a que Jo-Lynn qui connaît son numéro, mais Jo-Lynn ne le dirait à personne. C'est une amie fiable, c'est sa meilleure amie. Elle devra être plus attentive, les prochains jours. C'est la période d'examens, et les élèves circulent davantage dans l'école durant cette période.
Elle lance un coup d'oeil vers son réveil-matin. 18 h 56. Dans trente-cinq minutes, le match de basketball va commencer. C'est la finale entre son école, Les Rivières noires, et l'école de White-Eagle. Tout le monde en parlait aujourd'hui. Et si elle y allait ? Oui, mais pas toute seule. Elle se précipite vers son cellulaire et signale le numéro de Jo-Lynn. Ça sonne deux coups, et une voix grave répond. C'est le frère de Jo-Lynn.

— Maryon, c'est Jasmine, est-ce que Jo-Lynn est là ?
— Tu viens juste de la manquer, Jas, elle vient de partir pour l'école avec Sarah-May.
— OK, merci, bye.

Jasmine ferme son cellulaire, perplexe, puis sort de sa chambre à toute vitesse. Une fois sur son vélo, elle rumine. Pourquoi ne m'a-t-elle pas appelée ? Elle aurait dû, je suis sa meilleure amie !
Voilà, c'est ce qui est sortie de moi, aujourd'hui. Un début d'histoire pour adolescent.
Merci de me lire.
Annie xxx...

mardi 18 mai 2010

La fuite...


Bon, là, j'ai un surplus de créativité. Ça pousse en dedans pour sortir, c'est le chaos, le bordel !! Je dois respirer... Il faut que j'ouvre les vannes !

Dans ces moments-là, c'est toujours la première phrase qui est la plus difficile à écrire. Car je peux écrire sur n'importe quoi. Laquelle choisir ? Bon, je m'arrête trente secondes pour entrer à l'intérieur de moi et voir, entendre ce qui est là... (À tantôt)

(...)

« Malinou court à toutes pattes, elle s'enfuit. Derrière, un ogre à l'odeur de soufre, terrifiant, dégoulinant, visqueux... Chacun de ses pas géants résonne jusque dans son vieux coeur de grand-mère lapine. Il veut la manger ! Non, non ! Ce n'est pas encore le temps...
De hautes herbes et des marguerites s'étendent à perte de vue devant elle. Malinou a du mal à s'y faufiler. Elle n'a qu'un but : rejoindre l'entrée de la forêt magique le plus vite possible. Là, l'ogre ne pourra pas entrer. Là, elle sera protégée.
L'odeur de soufre s'approche de plus en plus, et ses pattes sont fatiguées. La vieille lapine qu'elle est n'est plus habituée de courir aussi longtemps. Voilà des heures qu'elle a quitté la Valée des Roches noires. Elle devait s'y rendre pour cueillir un pétale de Salinuël, une plante rare, mais extrêmement efficace contre la Grinou, cette maladie mortelle qui ronge les entrailles de sa petite fille-lapine, Rondinel. Mais en chemin, cet ogre l'a vue et s'est mis à la pourchasser.
Voilà le rocher des tortues, c'est encourageant. Elle se force et bondit de plus en plus vite. Elle bifurque à gauche du saule pleureur. Encore quelques minutes, et elle sera arrivée.
— Groow ! Roawww ! Lapinnnn...
L'haleine pestilentielle de l'ogre souffle sur le poil de sa tête. Il n'est plus qu'à deux pas derrière elle. Elle doit réussir, pour Jaja, Milito et surtout Rondinel.
— Grrrraw...
Elle sent sa grosse main effleurer son poil, il a failli l'attraper. NON... Elle voit enfin le trou, petite ouverture dissimulée sous une roche et un buisson sauvage. Ah ! Cette chère entrée ! Pourvu que je m'y engouffre ! Je suis à bout de souffle et si épuisée !
Elle ralentit malgré elle, ses pattes ne répondent plus, son coeur s'affole. NOOON ! Une main brusque l'agrippe soudainement par le collet et la soulève de terre. Malinou voit deux gros yeux globuleux qui la dévorent. Une tête chauve avec dessus, une colonie de Grassim, insectes minuscules ressemblant à des colimaçons munis de petites ailes. Signe que la putréfaction de cet ogre est avancée, que sa métamorphose approche. Une langue, très longue, toute blanche et craquée, sort de sa bouche. Un vent chaud et puant souffle sur son museau. Elle grimace et voit dans cette bouche béante de grosses dents pourries, jaunes et noires, prêtes à mordre dans sa chair de vieille lapine. Elle frissonne d'horreur. Son corps usé va-t-il se retrouver dans ce ventre de monstre ? Non... Il faut qu'elle s'en sorte !
Rohim, supplie-t-elle, vient à mon secours !
Un « POC » retentit tout à coup, et l'ogre s'affale de tout son long sur l'herbe. Malinou s'échappe en bondissant vers le trou. Une fois à l'intérieur, elle se retourne et jette un oeil vers le ciel. Rohim, l'aigle céleste, plane bien haut. Il lui fait un signe de tête puis disparaît. Elle observe l'ogre toujours inconscient. Une gigantesque roche rouge se trouve à ses côtés. La roche de Rahim...
Merci !
Elle boit ensuite une goutte de son jus d'oignon bleue puis la force revient dans ses pattes. Elle se remet à courir pour sauver la vie de Rondinel... »


Voilà ce qui est sorti aujourd'hui ! J'adore faire ce travail de ventilation, je respire toujours mieux après. Je me sens bien. J'aime entrer en contact avec ma créativité. C'est comme si j'étais Alice qui tombe au Pays des Merveilles. Un univers s'ouvre devant moi. J'y découvre toutes sortes de belles choses. C'est vraiment plaisant ! Je suis heureuse de pouvoir jouir de cette créativité à ma guise. Avant, je la contrôlais inconsciemment, ce qui m'a rendue malade... Puis j'ai entrepris une démarche qui m'a permis de me retrouver, de réaliser qui je suis réellement. Je suis indéniablement une écrivaine dans l'âme. C'est ancré au plus profond de mon être. Je porte cette grande créativité littéraire depuis ma tendre enfance. C'est à moi, maintenant de l'orienter dans une direction précise et de l'utiliser de façon constructive et pour le bien de tous !!

Merci de me lire.

Annie xxx...

mercredi 5 mai 2010

Un coup de téléphone...


Ce matin, j'ouvre les vannes, et voici ce qui sort :


— Marc! Tu te grouilles? On part dans une demi-heure...
Agacée, Jo-Ann fait une moue, penchée devant le miroir de la salle de bains de leur immense condo. Elle termine de se maquiller. Une touche de mascara puis un peu de rouge à lèvres.
Un silence plane dans la chambre d'à côté, ce n'est pas normal. Elle se redresse et jette un oeil par la porte.
— Marc? lance-t-elle d'une voix inquiète.
Aucune réponse. Elle sort. Personne dans la chambre.
— Marc!
Elle inspecte chaque pièce du condo. Vide. Peut-être est-il parti acheter du vin? Ils avaient prévu le faire en route vers la maison familiale.

Pourvu qu'il ne lui arrive rien et qu'il revienne à l'heure. Il n'a même pas pris sa douche encore. Que va penser mon père? Lui qui est si à cheval sur la ponctualité! Comme Marc n'a pas trop le profil de l'emploi pour le petit ami de sa chère fille chérie, il faut au moins qu'on arrive à l'heure, et propre! Le retraité de l'armée sera peut-être moins sévère avec lui. En tout cas, je l'espère...
Il devrait au moins le savoir, l'habit ne fait pas le moine, en ce qui concerne mes petits amis. Les hommes que j'ai fréquentés, avant Marc, avaient tous une apparence impeccable et une belle façon en public, mais quand j'étais seule avec eux, c'était une autre paire de manches. Ils ne pensaient qu'à la satisfaction de leurs précieux besoins. Je ne les intéressais que parce que j'avais un beau petit cul et un corps bien roulé. Pour le reste, bah... Tandis que Marc et moi aimons les mêmes choses, partageons les mêmes passions. Il m'aime pour ce que je suis, pas juste pour mon corps, mais pour tout le reste : mes émotions, mes pensées, mes aspirations. En plus, on fait le même métier : architecte.

Pendant qu'elle continue à jongler avec ses pensées, elle revient dans sa chambre et enfile son pantalon et ses chaussures, nourrit ensuite le chat puis active le répondeur. À peine s'éloigne-t-elle de l'appareil que le téléphone se met à vibrer. Elle répond aussitôt.
— Oui, bonjour.
— Est-ce que je parle à Jo-Ann De Parrier?
— C'est moi-même.
— Ici, l'agent Luc Gingras de la brigade des stupéfiants. Mon collègue et moi venons d'arrêter Marc Laflèche pour vente illégale de Marijuana à des mineurs... C'est votre conjoint, n'est-ce pas?
— Oui, oui. Mais... C'est impossible! Vous vous êtes sûrement trompé de personne! Des Marc Laflèche, il en existe plusieurs en ville.
— Combien ont votre numéro de téléphone, madame?
Non, non, non! Ce doit être une mauvaise blague. Marc aime lui jouer ce genre de tour.
— Romain, est-ce toi? demande-t-elle d'une voix nerveuse. C'est Marc, hein? Il t'a dit de m'appeler, hein ?
— Excusez-moi, Madame De Parrier, fait la grosse voix rauque à l'autre bout du fil. Je ne vois pas de quoi vous parlez. Serait-il possible de venir au poste du centre-ville? Nous aimerions vous poser quelques questions.
Et le souper avec mon père? Comment va-t-il réagir en apprenant la nouvelle? Elle n'ose même pas y penser...
— D'accord, j'arrive tout de suite.
Elle raccroche brutalement le téléphone, puis le décroche à nouveau. Elle signale le numéro qu'elle a fait si souvent pour parler avec sa mère pendant que son père combattait vaillamment au Moyen-Orient. Une voix bourrue répond.
— Papa, on a un empêchement, on ne pourra pas être là. Je suis désolée. Je dois partir, j'ai un problème à régler. Je t'en reparle plus tard. Embrasse maman pour moi, OK?
Puis après l'avoir salué sèchement, elle prend ses clés.
Vendre de la drogue à des mineurs!
Elle voit mal son petit ami glisser des petits sachets à des ados dans des ruelles. Cela ne peut pas être lui.
Elle quitte sur-le-champ son domicile et se rend au poste du centre-ville, avec la ferme intention de mettre au clair cette désagréable méprise.

samedi 1 mai 2010

L'enfant aux lèvres bleues


Sous le libellé : « PORTIONS D'IMAGINAIRE », je laisse libre cours à ma créativité littéraire. J'ouvre les vannes et j'écris ce qui vient, ce que j'entends, ce que je vois, ce que je goûte, ce que je ressens et ce que je sens, moi, dans la peau de ces femmes, de ces hommes, de ces enfants, d'une grand-mère et de bien d'autres personnages. Je me laisse porter par les mots et les phrases et par ce qui veut jaillir hors de moi.
Prenez note que ce ne sont que des premiers jets et non des textes retravaillés et peaufinés. Alors, il y a place à la faille, à l'incohérence, à l'erreur...

C'est parti !

« Marie tenait l'enfant ruisselant dans ses bras. Ses yeux étaient clos et ses lèvres atrocement bleues: il ne bougeait plus. Paniquée, elle tourna la tête derrière elle. Des cabanons rouge, jaune et orange s'érigeaient, plus loin, telle une forteresse. Tous vides. Plus personne, à part ce gamin qu'elle avait trouvé gisant sur le sable, face contre terre. Marie avait l'impression que le camp de vacance avait été soudainement évacué. Elle n'aimait pas ce qu'elle ressentait, comme si un drame avait eu lieu.
Elle regarda de nouveau l'enfant. Il avait une énorme bosse bleue et rouge sur le front. Elle devait faire quelque chose pour lui. Son coeur se mit à battre très fort dans sa poitrine, la peur... Et si... Vite, elle le déposa sur l'herbe chaude. En glissant une main sous sa nuque, elle fronça les sourcils. Pourvu qu'il ne soit pas trop tard... Elle fit un rapide retour sur les étapes de la respiration artificielle, qu'elle avait récemment apprises, puis s'activa. Sa bouche goûtait les algues, elle eut un haut-le-coeur. Pendant plusieurs minutes, elle tenta de sauver la vie de cet enfant abandonné. Puis, comprenant qu'il n'y avait plus rien à faire, elle baissa les bras.
— Pourquoi ? s'écria-t-elle, désespérée.
Un terrible sentiment de vide l'étreignit, et elle fixa la mer. L'horizon. Des nuages gris approchaient. Le vent se leva. Elle frissonna, reprit le petit dans ses bras et décida de signaler son décès aux autorités. »

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