mardi 31 mai 2011

Moi et mes découvertes

Des mots qui font du bien

J’ai lu.

Je lis.

Mon premier livre numérique.

Sur le iPad 2.



Publié sur publie.net.

J’ai aimé mon expérience de lecture. Tout comme avec le livre format papier, on peut y surligner les phrases qui ont du sens pour nous et coller des post-its (virtuels) et même insérer un signet (virtuel). Ce qui est bien avec le livre numérique, c'est qu'on peut changer la dimension et la police des caractères. On peut aussi ajuster la luminosité de l’écran. Et d’un léger coup de doigt, la page se tourne, comme si c’était un vrai livre…

La façon d’Annie Mignard de dire les choses est sublime, et son style, fluide.

Certains passages m’ont profondément ébranlée (dans le bon sens ;-). Ils sont arrivés à un moment où j’avais besoin de les lire, ils m’ont remise sur les rails de mon authenticité comme auteure. Ça m’a fait un bien réel.

Le premier de ces passages traite de l’échange entre auteur et lecteur.

« Eh bien, dans cette solitude extrême, je parle aux gens. Je parle à l’humanité en fait. Et les gens m’entendent et me répondent dans la même solitude quand ils me lisent. C’est une autre façon de correspondre. C’est-à-dire correspondre par l’absence, moi étant absente, eux étant absents, n’étant pas là au même moment, moi peut-être morte et eux me lisant après, moi étant ici et eux très loin. C’est une autre façon de correspondre qui est beaucoup plus profonde que la façon habituelle qu’on a de se parler en présence, échangeant des mots qu’on entend directement, et qui est une façon en général superficielle, qui n’a rien à voir avec une véritable parole, souvent. Cela pour dire que je considère que ce qui est dit et échangé dans la lecture est le plus profond des échanges. Le plus vrai. Et le plus proche de ce qui est indicible. Et en fait, j’écris pour ça. »

Plus loin, elle parle de l’inconscient et du pire ennemi de l’écrivain.

« J’ai vraiment le sentiment que c’est l’inconscient qui travaille, moi me chargeant de la technique et de l’écriture. L’inconscient travaille derrière et me travaille. C’est à ce niveau-là que c’est juste, puisque ce que je veux, c’est écrire les sentiments profonds qui meuvent les gens, qui ne sont pas vus ni reconnus en général, et qui sous-tendent notre destinée.

C’est lui, l’inconscient, qui a le premier rôle. De toute façon, on rencontre des difficultés énormes quand on écrit. Des difficultés de création, des difficultés matérielles, des difficultés de reconnaissance, c’est-à-dire d’être compris, entendu, et puis sans arrêt on entend dire des idioties qui vous rendent malade pour trois jours, mais tout cela, c’est le moindre mal. Ce que disent les gens n’a de nocivité que dans la mesure où cela correspond à la petite voix qu’on a intérieurement, aux incertitudes, au manque de confiance en soi. Quand on a confiance en soi, cela ne vous fait plus rien. Le seul adversaire, c’est soi-même. Le seul verrou, oui, le seul. Le seul ennemi qui puisse empêcher quelqu’un d’écrire, c’est soi-même ; le seul obstacle, c’est soi.

C’est un ennemi d’une ruse, d’une férocité, d’une opiniâtreté effarante. Mais c’est le seul. »

Quelques lignes plus loin, elle ajoute : « De toute façon, écrire, personne ne vous l’apprend, personne ne vous guide, personne ne vous meut. On est soi-même son propre moteur, soi-même son propre professeur et déjà quand on a compris ça, on a fait un immense pas. On est soi-même son propre guide, et sa propre lumière. »

Ces dernières phrases viennent me chercher au plus profond de mon être, elles ravivent la flamme de mon désir d’écrire.

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Le pouvoir miraculeux de votre imagination

Pour atteindre un objectif que faut-il faire ?

Saviez-vous qu’il existe une manière de se fixer des buts et de les atteindre autrement qu’à l’aide des facultés intellectuelle ou émotive ? Eh bien oui ! Cette méthode est l’imagination créatrice.

Comment ça fonctionne ?

Sri Harold Klemp, dans son livre How to find God, Mahanta Transcripts, Book 2, p.289, dit ceci : « L’une des caractéristiques de l’Âme est sa pertinence dans le temps. Si vous avez l’intention d’établir un cadre dans cet univers, de vous fixer un but, déterminez aussi une date butoir pour son accomplissement. Qu’allez-vous accomplir ? Quand l’aurez-vous atteint ? Peu importe ce dont il s’agit, fixez votre but et une date limite pour le réaliser parce que c’est de cette manière que vous commencez à travailler avec l’imagination créatrice. »

Dans son livre, Les exercices spirituels ECK, à la page 233, Sri Harold Klemp partage une technique qui s’intitule : « Se fixer des objectifs » selon quatre critères bien précis.

« Premièrement, commence-t-il, choisissez un but à atteindre ou prenez un problème qui doit être réglé, puis fixez-vous des objectifs clairs.

Deuxièmement, posez-vous les questions suivantes, car vos objectifs doivent réussir ces quatre tests

1) Sont-ils spécifiques ?

2) Sont-ils réalistes ?

3) Les résultats peuvent-ils être vérifiés ?

4) Quelle est la date limite de leur réalisation ?

Vous devez ensuite faire le nécessaire dans votre quotidien pour que ces buts deviennent réalité. Ce faisant, vous pouvez utiliser une technique de visualisation ou de rêverie pour vous aider. Ayez d’abord en tête une image précise de votre objectif, comme ce que vous voulez être ou faire dans l’existence, puis entourez-la d’un amour sans borne, car l’amour est la véritable force créatrice qui abolit toutes les limites. »

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Ma date butoir

Pour faire suite au billet de Sylvie Gaydos, je me donne, moi aussi, une date limite à la réalisation de mon projet littéraire en cours.

Le 24 mai 2012 (en passant, c'est la jour de ma fête ;-), j’aurai terminé l’écriture du premier jet de mon roman pour adulte, qui sera un polar/fantastique.

Voilà, c’est dit.

Et pour concrétiser ce grand projet, je me fixe des buts hebdomadaires, des objectifs plus modestes qui réussissent les quatre tests cités plus haut.

Un petit pas à la fois et, surtout, le plaisir de parcourir le chemin, car le processus, ne l'oublions pas, est tout aussi important, sinon plus, que le projet fini.

Merci d’être là et de me lire.

Annie xxx…

mercredi 18 mai 2011

Je passe à autre chose...

Aujourd'hui, je suis allée à la poste.

Depuis le début de la semaine, j'y vais... J'attends une enveloppe. La même que celle attendue chaque année vers la mi-mai depuis 2008, l'année de la publication de mon roman. Vous devinez ce que c'est, n'est-ce pas ? Oui, c'est ça... Vous avez raison, c'est l'enveloppe qui contient mon chèque annuel des Éditions Pierre Tisseyre. C'est l'enveloppe qui contient aussi le rapport des ventes de mon livre.

Avec mon blogue sur le Net depuis mars 2010, ma page Facebook d'auteure et ma plus grande présence sur le Net (Twitter, Netlog, Facebook) depuis déjà un an, je me suis dit que cette année, les ventes allaient sûrement augmenter, que mon effort allait sûrement être récompensé. 

Bon, j'arrive donc à ma case postale, qui est située sur le bord du chemin non loin de chez moi, puis je l'ouvre. Dedans, un paquet d'enveloppes. Je les prends. En route vers la maison, j'examine chacune d'elles. Youpi !! Il y a celle que j'attendais.

Qu'est-ce que je fais ? Je l'ouvre ou je ne l'ouvre pas ? 

(???)

Je l'ouvre.

Tout excitée, je déchire l'enveloppe. Puis je découvre à l'intérieur qu'il n'y a que deux feuilles de papier. Ce n'est pas normal !! Je ne sais pas pourquoi, mais je ne veux pas lire le contenu tout de suite. J'aime mieux attendre d'être arrivée à la maison avant. Je les remets donc dans l'enveloppe. Une fois arrivée sur mon balcon, je m'assois et je lis tranquillement ce qui est écrit.

Bref, voulez-vous savoir combien de livres j'ai vendus cette année ? 

 7

Eh oui ! Voilà le résultat de mes nombreux efforts !! Je me sens riche... $$$ C'est incroyable!!

Parce que le total de mes ventes ne dépasse pas 50 $, le montant sera déposé sur le chèque de l'année prochaine.

J'ai absorbé le coup, ça n'a pas pris trop de temps. J'ai vite compris l'affaire pis j'ai passé à autre chose.

Mais pas complètement...

Vous vous rappelez, il y a plusieurs mois, suite au refus des éditions Pierre Tisseyre pour le deuxième tome de ma série Adeline, j'ai envoyé mon manuscrit à une autre maison d'édition, mais malheureusement, il n'a pas été accepté parce que cette maison ne publie pas de deuxième tome d'une série déjà entamée chez un autre éditeur. Ce refus, il ne m'a pas fait trop mal. Pour dire vrai, je m'y attendais un peu.

C'est vraiment dommage que les éditions Pierre Tisseyre aient refusé mon manuscrit. Il est plus difficile pour moi, maintenant, de publier mon deuxième tome chez un autre éditeur !! 

Alors, c'est vers le numérique que je me tourne. On verra ce que ça donnera. Je vous en reparle dans un prochain billet... 

Je mets donc aussi le tome 3 de ma série en veilleuse et je passe à autre chose.

Je travaille en ce moment sur un projet qui m'habite depuis 2005. Un roman pour adulte. Quand il sera plus avancé, je vous en reparlerai plus en détail. Je peux juste vous dire que je suis tout emballée !

C'est ça, la vie d'auteur ! C'est l'aventure !!

Quand ça ne fonctionne pas d'une manière, on essaie autre chose, et si ça ne fonctionne toujours pas, on passe à autre chose !!

Merci d'être là et de me lire.

Annie xxx...

jeudi 5 mai 2011

Une nouvelle publiée !!

Un petit mot pour vous informer que l'une de mes nouvelles a été publiée sur Le Chat Qui Louche, blogue littéraire de l'auteur Monsieur Alain Gagnon.

Si vous souhaitez la lire, cliquez ICI.

Vos commentaires sont les bienvenus. ;-)

C'est la première fois que je publie une nouvelle ! Je suis super contente !

Je tiens à remercier Monsieur Alain Gagnon de m'avoir donné la possibilité d'être lue.

À bientôt !

Annie xxx...

mardi 3 mai 2011

L'atelier de Marc Fisher

 Ce week-end, j’ai assisté à l’atelier de Marc Fisher (l’écrivain québécois le plus lu à travers le monde) en compagnie de mon amie Isabelle. C’était samedi le 30 avril, une journée superbe avec chaleur et soleil.

Monsieur Fisher est un homme drôle et charmant. Il nous a fait rire plusieurs fois. Nous étions une cinquantaine de participants dans la salle à écouter les nombreux conseils qu’il prodiguait avec générosité. J’ai écrit au moins vingt pages de notes…

Les conseils qui m’ont le plus touché sont les suivants :

1) Prendre un événement (ou une idée) et développer son potentiel dramatique au maximum. Cela veut dire : trouver toutes les ramifications dramatiques d’un seul événement ou d’une seule idée. Ce conseil, il l’a répété plusieurs fois durant la journée, et chaque fois il a résonné en moi, parce que je suis du genre à mettre plusieurs événements dans une histoire. Vous avez juste à lire mon premier roman Adeline, porteuse de l’améthyste, pour le savoir. Je touche à plein de choses sans toutefois les exploiter au maximum. Cependant, mon deuxième roman — qui est toujours à la recherche d’un éditeur — va plus en profondeur. J’y exploite davantage le potentiel dramatique des événements.
En dépit de cette réalisation, je suis consciente que je dois faire attention de ne pas trop en mettre dans une histoire, de rechercher l’événement qui contient le plus de potentiel dramatique, et l’exploiter.

2) L’importance d’avoir une prémisse pour écrire une histoire. Ayant une très grande imagination, je ne suis pas toujours consciente de la prémisse quand je suis en mode écriture d’un premier jet. Ce que je veux vraiment dire par cette histoire, ou plutôt ce que l’histoire tente de me dire n’est pas clair au début. Monsieur Fisher a mentionné que la prémisse se dévoile souvent lors de la réécriture du manuscrit. Fiou… ;-) Je ne suis donc pas à côté de la « track »!

Dans son livre Écriture, Stephen King, quant à lui, nous dit que c’est après avoir terminé l’écriture d’un premier jet qu’il se demande toujours ce que cette foutue histoire veut bien dire. Et c’est lors des réécritures qu’il le découvre.

La prémisse s'écrit en une seule phrase, et répond habituellement à la question : qu'est-ce que mon histoire raconte ?

3) L’importance de mettre le personnage principal en conflit dès les premières pages de votre livre. Pourquoi? Parce que la présence d’un conflit ou d’un problème suscite l’intérêt non seulement des lecteurs, mais d’abord et avant tout celui des éditeurs. Selon Monsieur Fisher, un personnage de roman doit vivre un problème sinon il n’est pas un personnage de roman. Pour qu’il le soit, il doit aussi avoir un but et une motivation et poser des gestes concrets pour obtenir ce qu’il veut. Bien entendu, sa quête, quelle qu’elle soit, ne doit pas être facile. Le personnage principal doit rencontrer une série d’obstacles d’intensité croissante, qui tendent vers la résolution du conflit. Monsieur Fisher a aussi ajouté que les lecteurs aiment les personnages intenses qui prennent des décisions et qui agissent, des personnages persévérants, qui ne se laissent pas abattre par l’ampleur des difficultés. Les personnages passifs ne font vraiment pas l’unanimité auprès des gens. Ce conseil a résonné en moi, car Adeline, personnage principal de mon premier roman, a cette fâcheuse habitude de subir les événements. Ce problème, par contre, je l’ai réglé dans mon second roman, où là, elle prend des décisions et agit, motivée par la peur d’être abandonnée par Jacob, son amoureux.

4) Noter dans un carnet toutes les choses qui nous touchent dans la vie et expliquer pourquoi. C’est bien beau de dire, et je me cite comme exemple, « j’aime vraiment beaucoup le chant des oiseaux au printemps. » Si je n’en trouve pas la raison, ça n’aura pas d’impact, et cela ne pourra pas servir dans une histoire. Il faut apprendre à exprimer en mots pourquoi une chose nous plaît et pourquoi une autre nous déplaît. Toujours dans mon cas. Que signifie le chant des oiseaux pour moi? La joie de vivre. En dépit de tous les événements dramatiques qui se produisent sur la planète, les oiseaux continuent de chanter et expriment ainsi leur joie d'être vivant. C'est un message d'espoir qu'ils nous livrent. Le sachant, je pourrais utiliser cette découverte comme prémisse dans une histoire.

Monsieur Fisher nous conseille aussi de nous poser des questions lors de nos lectures ou durant le visionnement d'un film. Si vous arrêtez la lecture d’un livre après trente pages, demandez-vous pourquoi vous le faites. Et essayez, lors de l’écriture de votre histoire, de ne pas commettre la même erreur que celle de l'auteur. Si une histoire vous plaît, que vous êtes incapable de poser le livre avant d’avoir lu le mot « Fin », demandez-vous pourquoi. Quelles techniques l’auteur utilise-t-il? Trouvez-les et appliquez-les dans vos histoires. Ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas doivent servir.

Ce conseil m’a parlé, car c’est quelque chose que je dois apprendre à faire : poser un regard analytique sur mes gestes spontanés et mes réactions physiques et émotionnelles.

Voici quelques citations de l’auteur :

« Écrire est un exercice d’humilité. »

« C’est par les réécritures que l’auteur découvre sa vraie histoire. »

« La fin d’une histoire doit créer une émotion chez le lecteur, laquelle témoigne de la réalisation de la prémisse. »

« La prémisse traduit la vision du monde de l’auteur. »

« Le premier chapitre doit être extrêmement captivant, car les éditeurs et les lecteurs d’aujourd’hui sont très impatients. »

« Quand on écrit, on est comme un boutiquier qui invite les gens à entrer dans sa boutique. » Il faisait référence, ici, aux premières lignes de notre histoire ou de chacun de nos chapitres.

« Tout, tout, tout doit servir dans un roman. Pas de bois mort! »

Voilà. Il y aurait d’autres trucs à dire sur tout ce qui nous a transmis cette journée-là. Pour en connaître davantage sur ses conseils, je vous réfère à son livre Conseils à un jeune romancier que vous pouvez vous procurer ICI.

Merci d’être là et de me lire.
À bientôt.
Annie xxx…

lundi 25 avril 2011

« Mettre la charrue avant les boeufs »

Vous connaissez cette expression ? 

À son propos, le dictionnaire des Expressions et Locutions de la série Les usuels du Robert, de l'édition 1989, dit ceci :
« “commencer par ce qui devrait être fait après” ou “aller trop vite en besogne”. Sous cette forme, l'expression date du XVIIIe siècle, mais on trouve la phrase proverbiale : la charrue va devant les boeufs “tout marche à l'envers”, dans les recueils du XVIIe siècle. On relève, en outre : tourner la charrue contre les boeufs “commencer par la fin” dès le XVe, et mettre la charrue devant les boeufs (-> Charrette) au XVe s. Un dictionnaire des proverbes, publié en Allemagne en 1750, donne le proverbe : c'est le monde à l'envers, la charrue mène les boeufs. »

Sur Internet, dans le Wiktionnaire, le dictionnaire libre, on lit : « Commencer par où l'on devrait terminer, faire avant ce qui devrait être fait après, faire les choses dans le désordre. » 

Toujours sur Internet, et sur le site Linternaute Encyclopédie, on peut lire : « Il faut savoir s'organiser et prendre les choses par leur commencement pour les réussir. Ce proverbe est souvent utilisé pour tempérer l'enthousiasme de quelqu'un d'inexpérimenté. » « L'image d'une charrue tirée par des boeufs est un symbole de logique puisqu'elle sous-entend que les éléments sont placés dans un ordre tel que le système puisse fonctionner. C'est cet aspect logique qui est mis en avant dans l'expression “mettre la charrue avant les boeufs”. En effet, cela signifie que les choses ne sont pas faites dans le bon ordre et que par conséquent, le résultat s'en ressentira forcément de façon négative. Auparavant, on disait “mettre la charrue devant les boeufs”. Mais par la suite, “devant” a pris le sens de “en face” et de “avant”. Au fil du temps, l'expression s'est donc transformée au profit de sa formulation actuelle. »

Si je vous parle de cette expression, c'est parce que c'est comme ça que je me sens depuis un mois. J'ai l'impression, avec ce blogue, mes autres présences sur le Net et mes divers ateliers d'écriture, d'avoir mis la charrue avant les boeufs.
Dans mon enthousiasme, je me suis avancée là où je n'aurais peut-être pas dû. Car l'expérience me manque pour mieux enseigner. J'ai été audacieuse. Et je suis parfaitement consciente que l'un des meilleurs moyens d'apprendre est d'enseigner. Je ne regrette rien, au contraire, le chemin traversé m'a permis d'en arriver à cette prise de conscience. Et j'ai beaucoup appris aussi. Mais dans mon cheminement d'écrivaine, je suis rendue là où je dois me retirer...  

Le but de ce billet est donc de vous informer que, durant les semaines et les mois suivants, je serai moins présente sur le Net (Blogue, Facebook, Twitter...).

Merci de votre compréhension.

À bientôt,

Annie xxx...   

lundi 18 avril 2011

Proposition d'écriture du mois d'avril 2011

Enfin, elle est là! Si les doigts vous démangent, alors c'est le temps ou jamais d'expérimenter autre chose avec la proposition d'écriture du mois d'avril. Amusez-vous! Et permettez à votre partie créative de s'exprimer librement... :-)

Bonne écriture et belles découvertes!

Annie xxx...  

Il n'y a pas que les faiblesses...

J'espère bien que non ! Si j'avais uniquement des failles et des faiblesses, j'aurais un sérieux problème, n'est-ce pas ? J'ai des qualités, mais oui ! Comme chacun d'entre vous. Nous avons tous des qualités. Ce sont ces petits (ou grands) trucs de notre personnalité qui nous rendent belles et beaux à nos yeux et (on l'espère aussi) aux yeux des autres. Pour certains c'est la franchise, pour d'autres c'est un sens de l'humour aiguisé. Il y a des gens honnêtes, bons, serviables. D'autres sont pragmatiques et droits. Bref, il y a autant de qualités que de gens sur Terre. Chacun répand sa teinte personnelle et c'est ce qui fait la beauté de l'être humain.

Moi, c'est une imagination ultra fertile qui me caractérise d'abord. Si je n'invente pas d'histoires, je m'invente alors des problèmes (dans ma relation de couple, avec mes enfants...) Vous voyez le genre ? Mon imagination est telle qu'il faut que je l'oriente de façon constructive, sinon elle s'emballe et part dans toutes les directions. Donc, cela exige que j'établisse une discipline d'écriture. En ouvrant les vannes tous les jours, laissant le trop-plein de mon énergie créative s'exprimer sur la page blanche, je respire, je reconnecte avec ma partie créative et je deviens une meilleure personne (une meilleure mère, une meilleure conjointe). C'est un fait ! Et si je dépasse trois jours sans écrire, les problèmes reviennent : la déprime, les idées noires, des scénarios qui roulent sans arrêt dans ma tête, l'impatience, la détresse émotionnelle... 
Ma survie, autant physique que psychologique et spirituelle, dépend de l'amour que je me donne. Et cet amour pour moi se fait en m'accordant un minimum d'une heure d'écriture par jour. Le matin, l'après-midi, le soir, la nuit, peu importe quand. Il me faut écrire...

Bon, je crois que je me suis écartée du sujet, non ? Je n'étais pas censée vous parler de mes qualités en tant qu'écrivaine ? 

Alors, outre mon imagination débordante, je suis aussi une personne déterminée, voire acharnée. Mon but : devenir une grande écrivaine. Je lis des dizaines de bouquins sur l'écriture, je suis et donne des ateliers d'écriture, je tiens un blogue sur l'écriture, je corresponds (par courriel et sur Facebook) avec d'autres écrivains, j'écris... Je ne perds pas espoir d'être publiée une deuxième fois, puis une troisième fois, une quatrième... Et plein d'autres fois. Voilà !

Je suis autodidacte. Mais j'ai aussi besoin des autres pour avancer. Nous, les écrivains, formons une grande famille. Nous nous entraidons, nous nous soutenons et nous nous encourageons. On est fait comme ça. Voilà !

Je possède une sensibilité à fleur de peau. Cette sensibilité me permet de mieux ressentir mes personnages et ce qui cloche dans mon écriture quand je suis en mode réécriture. Cette sensibilité, je dois mieux l'accepter, car lorsque j'étais plus jeune, elle a été incomprise. On l'a jugée pour ce qu'elle n'était pas. Et pendant des années, je me suis jugée pour ce que je n'étais pas. Ce qui a causé de sérieux problèmes d'estime de soi. Voilà.  

Je suis intuitive. J'écris plus par intuition que par ma volonté consciente. Quand j'écris, je ne contrôle rien, je suis en mode découverte, d'un mot à l'autre, défilant à l'écran. Oui, je sais, pour certains d'entre vous, cela peut paraître étrange. Je me fais même peur, parfois... Je fais peur surtout à cette partie de moi qui aime avoir le contrôle. Car il y a cette autre partie qui ne demande qu'à vivre, à s'envoler, à se libérer... Et quand je la laisse aller, ma vie devient belle, joyeuse, sereine. Je tombe alors amoureuse des fleurs, des oiseaux, d'une roche blanche, d'une pensée, d'une couleur, d'un regard... L'artiste en moi vit ! 

Voilà, c'étaient mes qualités comme écrivaine. 
Merci d'être là et de me lire.



Annie xxx...      

mercredi 6 avril 2011

Un regard honnête sur mes faiblesses d'écrivaine

Pour faire suite au billet de Patrice, que vous pouvez lire ICI, j’ai rédigé un billet sur mes principales faiblesses comme écrivaine. Les points sur lesquels je dois travailler plus fort. Je vous les livre en toute humilité. Je n’ai pas de gêne à le faire, car je sais pertinemment que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Je n’ai publié qu’un seul roman… Même si j’aime beaucoup mon histoire, ce roman est imparfait. Je suis consciente qu’il contient de nombreuses faiblesses. Mais je l’aime quand même, car c’est le premier que j’ai publié et c’est avec lui que j’ai pu entrer dans le milieu de l’édition. Il m’a donc ouvert une porte…

Voici donc ces fameuses failles sur lesquelles je dois me pencher pour devenir un meilleur écrivain :

1) Le manque de précision dans ma visualisation.

Je ne visualise pas toujours très bien le milieu dans lequel évoluent mes personnages. Ce qui, dans ma narration, crée un effet d’un vide, de « non-ancrage ». Mes personnages semblent presque toujours être en apesanteur. Ne s’en tenir qu’à l’action et aux dialogues crée un manque d’atmosphère. Comme auteure, je dois apprendre à prendre le temps de m’imprégner du décor où les actions se déroulent, à m’immerger de l’atmosphère de la scène, de la sentir, de la vivre, pour ainsi mieux noter les détails signifiants qui habitent l’instant présent de mes personnages et qui apportent de la profondeur, de la texture à la description et à la narration.

2) Le manque de réflexion.

Je ne réfléchis pas toujours avant d’écrire. Ayant une imagination extrêmement vivante et débordante, j’écris donc ce que je vois, ce que j’entends, au fur et à mesure que les scènes se déroulent dans ma tête. Mais écrire de cette façon, si je ne suis pas totalement à l’écoute de la vraie histoire, de celle qui veut se dire, mène souvent vers des impasses : des situations contradictoires, par exemple, ou des frictions entre deux visions différentes. Ce qui, par la suite, nécessite de nombreuses réécritures et un travail énorme de réflexion.

3) Le manque de vision.

Souvent quand j’écris, surtout durant le premier jet, je ne sais pas vraiment ce que je veux dire aux lecteurs. Vous savez, ce « message » que tant d’écrivains véhiculent dans leur texte. Il y a des auteurs qui connaissent déjà en partant ce qu’ils veulent faire, ils sentent qu’ils ont un message à transmettre à un lectorat cible et utilisent leur imagination pour écrire une histoire qui montre les valeurs auxquelles ils tiennent ou celles qu’ils veulent dénoncer. À ces auteurs, je lève mon chapeau ! Moi, malheureusement, je ne suis pas comme ça. Je ne sais pas pourquoi. Et je crois que c’est une faiblesse, car écrire est un acte de communication, on communique quelque chose à quelqu’un, comme le dit si bien Élisabeth Vonarburg, dans son livre Comment écrire des histoires. Donc celui qui communique doit évidemment savoir ce qu’il veut dire par son histoire. Et à qui il veut le dire. Il doit avoir au départ une vision. Pourtant, quand je commence à écrire une nouvelle histoire, ma vision est presque toujours floue. J’ai une vague idée de ce que je veux dire, mais sans plus. Ma vision se précise, par contre, au fur et à mesure des réécritures. Mais à quel prix ? Beaucoup de temps perdu à réfléchir, à démêler les nombreux fils d’intrigue du roman, à réécrire…

4) La surutilisation des virgules et des deux points.

Dans la frénésie du premier jet, les virgules et les deux points se jettent spontanément sous ma plume, et pas toujours de la bonne façon. Mes phrases s’allongent et deviennent parfois incompréhensibles. Je dois toujours me relire pour bien cerner le sens de ma phrase, et ensuite la réécrire en modifiant la ponctuation.

5) Une imagination chaotique.

Mon imagination ressemble à une rivière qui dégèle au printemps : elle déborde… Je dois apprendre à canaliser cette énergie créatrice en faisant des exercices d’écriture régulièrement, sinon, lorsque j’écris pour avancer une histoire, toutes sortes d’idées me viennent et elles ne sont pas nécessairement bonnes pour l’histoire en cours d’écriture. Je dois donc faire le ménage dans le chaos de mon imaginaire, et pour y réussir, m’astreindre à un exercice d’écriture libre par jour ! Les livres de Natalie Goldberg, dont Writing Down the Bones, Thunder and Lightning et Wild Mind Living the writer’s life pourraient s’avérer d’excellents compagnons pour ce genre d’exercice…

Voilà. C’était mes principales faiblesses, comme écrivaine. J’en ai d’autres, bien sûr… Commençons par travailler sur elle, ensuite, je m’attaquerai aux autres. ;)

Merci d’être là et de me lire.
À bientôt,
Annie xxx…

jeudi 31 mars 2011

L'artiste est un cartographe

Je suis en train de relire L'Art Pratique de la Créativité de Julia Cameron, paru en 1999 aux Édition du Roseau, et ce livre me fait énormément de bien. Il m'aide à me reconnecter avec ma réalité intérieure. Cette auteure comprend vraiment la nature profonde des artistes, leur monde intérieur, leur énergie créatrice et tout ce qui peut leur arriver lorsqu'ils contrôlent trop cette énergie.

Je suis actuellement rendue au chapitre intitulé Découverte de la notion de perspective, à la section titrée CARTOGRAPHIE. Et ce que je lis me passionne tellement que je ne peux m'empêcher de le partager avec vous.

Voici donc ce que Julia nous raconte : (p. 99-100-101)

« Un artiste est un cartographe qui dessine les cartes du monde. Le monde à l'intérieur de lui et le monde tel qu'il le voit. Parfois, le monde représenté est très étrange, ce qui fait que ses cartes sont rejetées. Elles sont considérées comme irréalistes, déformées ou invraisemblables. Magelan navigua avec des cartes dressées en grande partie sur des conjectures. Les artistes jouent toujours avec l'imagination et les conjectures pour ce qui est de la forme des choses qu'ils voient et savent.
Une grande oeuvre d'art est une oeuvre qui réussit à captiver l'imagination d'un vaste public sur un problème autrefois latent. L'ouvrage Les raisins de la colère nous a fait voir les aléas de la crise de 1929. Le film Vol au-dessus d'un nid de coucou a mis en relief les horreurs des institutions psychiatriques de l'Amérique. Toutes les nouvelles sont “nouvelles”, car elles cherchent à nous dire quelque chose de nouveau. Connu ou inconnu, célèbre ou anonyme, tout art cherche à cartographier le territoire du coeur.
Je le répète, nous, les artistes, sommes des cartographes. Nous dessinons à partir de notre propre expérience, nous dessinons notre expérience en croquant le territoire que nous avons exploré et qui sera exploré par d'autres. Les impressions émanant d'un roman ou d'une composition musicale peuvent précéder de loin la cartographie du conscient collectif d'une époque. C'est pour cela que les artistes doivent faire preuve de courage, d'héroïsme même, pour déclarer ce qu'ils voient et entendent.
Au début de sa carrière, Beethoven jouissait d'une grande renommée personnelle et professionnelle. Ses oeuvres étaient écoutées partout et tenues en haute estime. Acclamé comme musicien de grand talent et très créatif, la vie lui souriait et ses horizons s'élargissaient. Mais le temps passant, le sort de Beethoven changea. Aux yeux des gens, ses oeuvres devenaient de moins accessibles, trop abstraites et exigeantes. Alors que ses difficultés avec la perte de l'ouïe accentuèrent son isolement, il plongea dans une éprouvante dépression presque suicidaire. Il était pris entre deux feux, car il sentait l'appel à composer une musique qui venait remettre en question son talent de musicien auprès du public. Il n'aurait pas été intègre avec lui-même s'il était revenu au style de ses compositions précédentes. Il ne semblait plus y avoir aucune audience pour ses oeuvres musicales, à part lui et Dieu. Envisageant le suicide, Beethoven opta de vivre et, dans une lettre qu'il écrivit à Dieu, fit le voeu de continuer à écrire de la musique, quel que fût l'accueil qui lui serait réservé. Il composait de la musique “pour la gloire de Dieu uniquement”. Cette musique, trop moderne et trop évoluée pour son époque, en est venue à être considérée comme un chef-d'oeuvre des siècles plus tard. Visionnaire et chef de file dans le domaine de la pensée musicale, Beethoven a composé pour notre époque, pas pour la sienne. 
En tant qu'artistes, non seulement nous représentons la réalité telle qu'elle est, mais nous esquissons aussi les contours de réalités plus éloignées. C'est pour cette raison qu'Ezra Pound nous a qualifiés “d'antennes de la race”. C'est pour cela que nos perceptions sont si souvent évincées parce que ne reflétant pas la réalité, alors qu'en fait elles appartiennent à une réalité dans laquelle nous ne nous trouvons pas encore. »

Plus loin, l'auteure ajoute : « En tant qu'artistes, nous devons faire preuve de respect et de compassion envers nous-mêmes, vu les difficultés inhérentes à notre vocation. La grande aventure qu'est une vie de créativité ne concerne pas tant le territoire couvert que le fait que la majeure partie de ce que nous voyons n'a pas encore été vue. »

WOW !
Qu'en pensez-vous? A-t-elle raison de croire que nous, les artistes, sommes des cartographes, des visionnaires? J'aimerais bien vous lire...



Merci d'être là.
Annie xxx... 

jeudi 24 mars 2011

Entrevue virtuelle avec SYLVIE GAYDOS


En entrevue virtuelle, ce mois-ci, nous recevons Madame SYLVIE GAYDOS, auteure d'Impasse, son premier roman, publié aux Éditions de Mortagne, en février 2011. C'est tout neuf et tout chaud.
Nous tenons à remercier Madame Gaydos d'avoir accepté de participer à l'entrevue virtuelle sur Roman en chantier. C'est extrêmement gentil de sa part. :-)

Écoutons-la, maintenant, nous parler de sa relation avec l'écriture, de son processus créatif et de bien d'autres choses.


La relation de SYLVIE avec l’écriture


ROMAN EN CHANTIER : À quel moment dans votre vie s’est manifesté votre désir d’écrire et à quel moment avez-vous commencé à écrire?

SYLVIE : J’ai toujours aimé lire et écrire, mais la décision de tenter l’écriture d’un roman est venue au début de la quarantaine. J’ai eu à surmonter quelques scrupules avant de m’y mettre, ce qui a repoussé le début de l’aventure d’un an ou deux. Inutilement, d’ailleurs, ce qui est facile à dire, après coup. :-)

ROMAN EN CHANTIER : Est-ce que l’écriture est un besoin pour vous? Si oui, pourquoi?

SYLVIE : Dans mon cas, qualifier l’écriture de besoin est peut-être un peu exagéré, mais c’est un grand plaisir auquel j’accorde une belle priorité dans l’ensemble de mes activités. J’ai vécu longtemps sans écrire de la fiction, alors aucun doute je pourrais continuer de respirer si je cessais de mettre sur papier les histoires qui m’occupent la tête!!

ROMAN EN CHANTIER : Écrivez-vous à temps plein? Ou en parallèle avec un autre métier?

SYLVIE : En parallèle avec un autre métier, comme la plupart des écrivains. Par contre, j’ai la chance de gérer mon temps selon mes besoins. J’ai donc réservé deux jours de semaine à l’écriture, ce qui n’est pas si mal. En vérité, je ne suis pas convaincue que j’aimerais exercer le métier d’écrivain à temps plein… J’aurais l’impression d’être trop souvent dans mon imaginaire et pas assez dans la vraie vie.

ROMAN EN CHANTIER : Quelle est votre routine d’écriture? (Écrivez-vous le matin, l’après-midi, le soir ou pendant la nuit? Combien d’heures par jour? De quoi vous entourez-vous pour écrire? De photos? De plantes? De toutous? De vos chats? Écrivez-vous à la maison ou dans les cafés, dans les parcs ou en plein cœur de la nature? Avez-vous un espace juste pour vous? Si oui, à quoi ressemble-t-il? Etc.)

SYLVIE : Ouf! Je vais essayer de répondre! :-) Je dois me discipliner pour écrire le matin, ce n’est pas naturel, mais plus la journée avance, plus je deviens productive. Les bonnes journées, je peux aller jusqu’à minuit avant d’atteindre ma saturation. Là, j’arrête et, habituellement, la satisfaction est grande. J’écris surtout à la maison, dans mon bureau (une pièce juste pour moi : dehors tout le monde!). Je mets une musique douce, ne réponds pas au téléphone et tolère les chats, à la condition qu’ils ne se prennent pas pour des pots de colle. Il m’arrive de m’installer dehors, les jours de beaux temps, mais le danger est plus grand d’être distraite par les oiseaux, les écureuils, le va-et-vient… C’est plus agréable, mais moins productif.

ROMAN EN CHANTIER : Quelle partie dans la création d’une histoire préférez-vous? La gestation, le premier jet, le développement des personnages, la réécriture, etc. ? Pourquoi?

SYLVIE : J’aime chaque étape. Même les corrections! Chaque partie est utile, fait avancer le manuscrit, l’enrichit. J’ai donc pris plaisir à chacune d’elle. Il y a bien le premier jet qui nous transporte d’une excitation unique, mais les autres phases apportent aussi leur dose de satisfaction.

ROMAN EN CHANTIER : Si vous aviez à utiliser une métaphore pour décrire le type d’écrivain que vous êtes, quelle serait-elle?

SYLVIE : Je ne suis pas très douée pour les métaphores, alors je me permets une réponse poche : aucune idée! Bon, si je veux être consciencieuse et que je creuse un peu… je dirais un pit-bull ?! Pas pour sa tronche, évidemment, plus pour sa mâchoire qui ne desserre pas facilement. Quand je suis décidée, je suis comme eux : c’est difficile de me faire lâcher.

ROMAN EN CHANTIER : Comment qualifiez-vous votre relation avec l’écriture?

SYLVIE : Euh… bonne! On s’entend bien, on se respecte, on s’apporte beaucoup l’un l’autre. Blague à part, ma relation avec l’écriture est très sereine. J’y puise du plaisir et je lui donne la place que je veux bien qu’elle ait. Pas d’écrivaine tourmentée, ici.

Le processus créatif de SYLVIE  


ROMAN EN CHANTIER : Comment visualisez-vous votre manière de créer? (Par exemple Mireille Pochard, dans son livre Écrire une nouvelle et se faire publier, explique que lorsqu’elle écrit, elle visualise une pelote, elle imagine que tout est déjà à l’intérieur d’elle, qu’elle ne crée rien, qu’il suffit de dévider… Ce qui n’exclut pas quelques nœuds qu’il faut défaire pour avancer!) Qu’en est-il avec vous?

SYLVIE : Pour moi, la création est un travail comme un autre. Il faut s’asseoir et faire l’effort. L’apparition de l’inspiration, par exemple, demande un effort, celui de se mettre dans les dispositions nécessaires pour qu’elle monte à la conscience. Parfois c’est simple, d’autres fois, il faut y mettre un peu plus d’énergie. Je comparerais l’écriture d’un roman à la construction d’une maison. Il y a la charpente qui portera toute l’histoire sur ses épaules, le ‘rough’ qui donne de la structure et du caractère au récit, puis la finition, ces petits détails qui viennent rehausser le tout. La difficulté est d’obtenir un bon résultat dans les trois aspects. Il faut être prêt à suer.

ROMAN EN CHANTIER : Comment naissent vos histoires? Est-ce le personnage qui arrive en premier, l’intrigue, la situation, une atmosphère, un décor? Est-ce vous qui décidez de l’histoire ou bien vos personnages?

SYLVIE : Ce sont avant tout les personnages et leurs émotions que je commence par voir. Ensuite viennent les situations, l’atmosphère, les lieux. Les premières idées sont comme des impressions vagues que je décide ou non d’exploiter, selon le potentiel d’intérêt qu’elles semblent posséder. Après, c’est le travail qui embarque. On se pose des questions, on cherche les réponses et l’histoire se construit au fur et à mesure. Il n’y a rien de magique là-dedans et c’est assurément moi le patron! Par contre, même si je suis convaincue que mes personnages ne sont rien de plus que mes marionnettes, je me trouve bénie s’ils me donnent le sentiment d’exister par eux-mêmes. C’est signe que je leur ai donné de la cohérence et de l’authenticité.

ROMAN EN CHANTIER : Comment procédez-vous pour vous immerger dans la conscience de vos personnages et réussir à les ressentir de l’intérieur?

SYLVIE : Je ne vois que deux moyens. Le premier est d’utiliser l’empathie, c'est-à-dire, établir ce qu’un personnage devrait ressentir, faire ou penser en tentant de se mettre à sa place, sans perdre de vue son caractère, ce qu’il est, où il va. Le deuxième moyen est de puiser dans la somme d’expériences que constitue notre vie. Tout ce que l’on a entendu, vu, goûté, touché, senti, au cours de notre existence, peut servir à définir nos personnages avec cohérence. Suffit de s’en servir. Tiens… encore la cohérence. Décidément, j'y tiens.

ROMAN EN CHANTIER : Utilisez-vous un plan pour écrire? Ou au contraire, écrivez-vous votre premier jet en vous fiant à ce qui vient tout simplement, à votre inspiration? Comment procédez-vous?

SYLVIE : Pour mon premier roman, j’y suis allée comme ça venait. Aujourd’hui, j’ai le recul qu’il faut pour dire que c’était une erreur. Cette méthode (ou plutôt cette absence de méthode) m’a donné un agréable sentiment de liberté, mais au prix d’un coûteux manque d’efficacité et de productivité. Pour le deuxième, je me suis donc empressée d’opter pour le plan, accompagné d’une élaboration consciencieuse du caractère et de l’histoire personnelle de chaque personnage. J’ai moins de chance de me perdre dans des détours dignes des plus beaux discours de politiciens. Ceci dit, un plan n’est pas un carcan. À mon avis, il devrait se contenter de définir l’ossature de l’histoire et nous laisser toute notre marge de manœuvre pour la suite du travail.

ROMAN EN CHANTIER : Jusqu’à quel point la part de votre inconscient est-elle présente dans votre écriture? (Y faites-vous confiance? Comment travaillez-vous avec lui? Durant le premier jet? Dans la réécriture? À chacune des étapes de la création de votre histoire? Comment le visualisez-vous? Une fée avec une baguette magique? Un maître écrivain assis sagement à son bureau au sommet d’une montagne? Comment qualifiez-vous votre relation avec votre inconscient? Etc.)

SYLVIE : Ne jouons pas à l’autruche : l’inconscient d’un écrivain se trouve dans chaque ligne qu’il écrit! Comme il est inutile d’essayer de le mettre de côté, vaut mieux, effectivement, lui faire confiance et s’en servir en le laissant s’exprimer dans le premier jet. Par la suite, le conscient pourra prendre le contrôle, trier et garder ce qui fait son affaire. Je vois M. Inconscient comme un ami qui n’a pas toujours les idées bien organisées, mais qui agit indéniablement pour mon bien.

ROMAN EN CHANTIER : Quels sont vos trucs pour annihiler l’effort de votre critique intérieur à saboter votre écriture? (Quand vous êtes bloqués, que faites-vous pour vous en sortir?)

SYLVIE : Quand je suis bloquée, j’essaie de prendre mon mal en patience. Je fais autre chose, j’en profite pour lire d’autres auteurs, je parle de mon problème avec mon entourage. Je n’ai pas du tout le besoin d’annihiler mon critique intérieur. Un : c’est impossible. Deux : ce n’est certainement pas souhaitable. Pour moi, l’autocritique est une facette nécessaire de notre personnalité. Il m’apparaît plus sage de l’apprivoiser, d’apprendre à juger quand il exagère, d’essayer, en somme, de devenir le critique de notre critique intérieur. :-)



Les livres de SYLVIE et le monde de l’édition


ROMAN EN CHANTIER : Parmi tous vos projets, duquel êtes-vous le plus fier? Pourquoi?

SYLVIE : Nous sommes toujours très fiers de notre dernier projet, non ? Alors, je dirais le dernier, IMPASSE. C’est aussi mon seul projet abouti, mais, ça, c’est un détail, non ?! hihi

Ma fierté tient principalement au fait qu’en écrivant ce roman, j’ai eu l’impression de me dépasser. Comme si je repoussais une limite que je me mettais moi-même. De toute évidence, je me suis prouvé quelque chose et ça, c’est toute une source de satisfaction.

ROMAN EN CHANTIER : Lequel de vos personnages vous a-t-il fait le plus évoluer? Expliquez en quoi il vous a fait grandir.

SYLVIE : Euh… aucun. Pour l’instant, j’ai encore l’impression que c’est moi qui fais grandir des personnages. Ne brise pas mes illusions, d’accord ?! :-)

ROMAN EN CHANTIER : Pour qui écrivez-vous? Les adultes? Les enfants? Les adolescents?

SYLVIE : Je croyais que mon roman s’adressait aux adultes, mais il semble que les adolescent(e)s raffolent de Sixième sens, la collection dont il fait partie. Je ne les comptais pas dans mon public cible avant de les voir s’approcher timidement et me demander une dédicace, en plein salon du livre. C’est bien la preuve qu’un roman vit et suit son petit bonhomme de chemin par lui-même.

ROMAN EN CHANTIER : Combien de livres avez-vous écrits en tout?

SYLVIE : Une thèse de doctorat, ça compte ?! Bon, d’accord, un seul roman. Je suis novice et fière de l’être (ça me rajeunit ).

ROMAN EN CHANTIER : Le titre de votre plus récente parution.

SYLVIE : IMPASSE, en librairie depuis février dernier.

ROMAN EN CHANTIER : À quelles maisons d’édition vos livres ont-ils été publiés?

SYLVIE : Les Éditions de Mortagne.


Ses lectures


ROMAN EN CHANTIER : Que lisez-vous?

SYLVIE : Mes lectures sont variées et je lis principalement pour me divertir. J’adore les suspenses, les romans policiers, les romans historiques. Je lis autant des auteurs d’ici qu’étrangers. Malheureusement, écrire gruge beaucoup sur notre temps de lecture. J’aimerais lire davantage, mais… comme tout le monde, pour faire tout ce que je voudrais, il faudrait que je me dédouble! *soupir*

ROMAN EN CHANTIER : Quels sont les auteurs qui vous inspirent le plus?

SYLVIE : Aucun en particulier, mais je prends un peu de chaque auteur que je visite. Il y en a qui accroche mon intérêt sans mal (Katherine Pancol, Dean Koontz, Jane Austen, Michael Crichton), d’autres que je considère dans une classe à part (Jacques Poulin, Jean-François Beauchemin). Deux femmes m’ont montré que je pouvais oser : Diana Gabaldon et J.K. Rowlings.


Ses conseils


ROMAN EN CHANTIER : Selon vous, quelles sont les principales qualités pour devenir un auteur qui publie?

SYLVIE : De l’audace, de la persévérance, de la patience. Une petite dose d’humilité, de l’organisation et la capacité de travailler en équipe. Sans oublier le facteur le moins souvent nommé : une part de chance.

ROMAN EN CHANTIER : Quel serait le meilleur conseil que vous donneriez à un jeune écrivain désireux de percer dans ce métier?

SYLVIE : D’écrire et de lire tous les jours. De ne pas regarder trop loin en avant. De ne pas prendre les lettres de refus comme des jugements sur sa valeur personnelle, même comme écrivain. De se trouver un gagne-pain qui lui permettra d’écrire la tête tranquille, en attendant qu’un éditeur accepte de faire équipe avec lui. De rêver tout en demeurant réaliste. De ne pas oublier que toutes les carrières réussies se construisent sur plusieurs années.

ROMAN EN CHANTIER : Merci, Sylvie, pour cette belle entrevue.

SYLVIE : Tout le plaisir était pour moi. :-)

Si vous voulez connaître Sylvie, vous pouvez visiter son blogueEntre vous et... Elles, et faire un tour sur son site d'auteure ICI.

Voilà, c'était une longue et enrichissante entrevue.

Merci d'être là et de nous lire.

Annie xxx...

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